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 Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]

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Asuka Tsuno
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MessageSujet: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Sam 15 Déc - 22:21



Parler est également
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Avec Ryosei A. Kiyowara

Cheveux coupés. Violence décuplée. Des personnes qui voulaient m’aider sans le pouvoir tout le temps. Des adultes qui ne pouvaient pas faire grand-chose pour moi. Une école qui m’en voulait. Ma situation pouvait-elle empirer encore plus que ça ? J’avais l’impression d’être vraiment très proche du fond. J’avais entendu dire qu’une fois dans les tréfonds de l’enfer, on ne pouvait que remonter. Mais cette personne ayant dit cela un jour avait-elle pensé aux situations ressemblant à la mienne ?Lorsqu’on était au pied du mur et que plus rien n’était fait pour nous aider, on ne pouvait pas les inventer. Quoique… je pouvais remonter. Mais cela serait accepter d’abandonner mes rêves et de faire souffrir ma mère. Je ne le voulais pas. Je le refusais. Il était hors de question que je fasse comme si tous ces efforts n’avaient servis à rien !

Malgré tout, je souffrais du harcèlement que je subissais. Nakumo-san n’était même plus la seule à m’en faire baver. Elle était la première à me frapper, me blesser, me menacer, me racketter et me couper mes cheveux. Mais, par la suite, au détour d’un couloir, je pouvais tomber sur des personnes voulant se défouler. D’autres cherchaient des prétextes juste pour m’insulter. A moins que ce soit naturel ? Je n’en savais trop rien. Entre les saloperies dans mon casier (insultes griffonnées sur des morceaux de papiers, des punaises, des insectes, des lames de rasoir…), mes affaires détériorées ou volées et l’obligation que j’avais de salir mes vêtements pour assister aux cours, je ne savais plus quoi penser. En fait, plus que penser aux raisons, je me demandais seulement quelle serait la prochaine saloperies qu’on me ferait. Alors quand je venais à trouver au milieu de graffitis sur mon bureau une fleur destinée aux personnes décédées, je n’étais même plus étonnée. Malgré le soutien que je commençais à avoir, j’avais l’impression de prendre l’habitude qu’on me fasse des saloperies. C’était devenu mon quotidien, aussi douloureux soit-il. Seuls le peu de dessin que je faisais montraient que j’en avais assez. Je ne savais plus faire de simple paysages ou des personnes dans les couloirs comme je le faisais autrefois. Je ne parvenais même plus à refaire le visage de ma mère que je connaissais pourtant par coeur. Au lieu de cela, mon sujet étaient essentiellement macabre, violent, parfois à la limite du gore. Pour ne pas inquiéter Yume-chan et Hotaba-kun, à moins qu’ils ne soient avec moi, je ne leur montrais pas.

Le cours de sport n’était pas exception au traitement qu’on me réservait. Déjà, parce que, comme on se déshabillait et qu’on était dans des vestiaires, il y avait bien plus d’opportunité de m’en faire voir de toutes les couleurs. Mais en plus parce que… pourquoi me laisser des moments de répit ? Je pouvais déjà dormir, c’était déjà trop. Non ? En tous les cas, cette fois encore, j’eus le droit à l’attention des filles les plus osées de la classe alors que les autres se taisaient. L’initiatrice fut mon maître chanteur qui demanda haut et fort s’il n’y avait pas une odeur bizarre. Une autre vint vers moi et prétendit que c’était moi. C’est ainsi que je fus menée, alors que j’étais prête pour le sport, sous la douche. Mes cheveux courts dégoulinaient d’eau, mes vêtements étaient trempés, au point que je grelottais de froid. Me faire dire en plus qu’être mal n’empêchait pas de se laver fit mal. Très mal. Je ne répondis cependant pas, ce qui ne leur plus pas. Les plus violentes se mirent alors par me frapper violemment en se concentrant sur mon abdomen. La douleur fut insupportable. Pourtant, je ne fis rien pour me défendre, attendant seulement que le supplice se termine. Etrangement, elles n’en furent pas plus satisfaites puisque ce fut ensuite mes affaires scolaires qui passèrent sous l’eau. Finalement, juste avant de sortir, Nakumo-san me murmura à l’oreille que je n’avais qu’à payer l’argent que je devais si je voulais que tout s’arrête. Puis, elle me laissa là, seule, trempée, blessée et totalement brisée.

Néanmoins, malgré tout, difficilement, je sortis des vestiaires alors que le professeur venait vérifier que les vestiaires étaient vides. N’ayant pas de serviette pour me ressuyer, ce fut trempée, une main sur mon ventre, que je sortis devant et passai devant lui, qu’il me regarde ou non, pour rejoindre les autres. Je n’attendais plus qu’on m’aide. Mes deux amis prenaient déjà des risques pour moi et je ne voyais pas vraiment ce qu’on pouvait me dire de plus alors que j’attendais de pouvoir aller faire mon bilan chez le médecin. Si un bibliothécaire ne pouvait pas faire grand-chose, que pourrait un professeur ? Puis, si on venait à s’en prendre à mes bourreaux, ce serait moi qui prendrait cher à coup sûr…
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Ryosei A. Kiyowara
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MessageSujet: Re: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Dim 16 Déc - 5:30

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Stress


Inspiration.
Expiration.

Mes yeux se dirigent vers l'horloge de la salle des professeurs de sport. Un soupire alors que je m'enfonce dans la chaise en me frottant le visage. C'était compliqué à l'heure actuelle de rester calme pour moi, mais la faute à moi-même d'avoir veillé plus  tard et de m'être réveillé plus tard que d'habitude. Je n'avais donc pas râté la foule pour aller à l'Académie, ce qui m'avait mis quelque peu en stress en ayant eu du mal à me réfugié dans ma bulle, j'avais donc pressé le pas pour me retrouver au plus vite seul, évitant la crise de panique, mais étant quelque peu au bord.

Alors quand c'était bientôt l'heure des cours, je retrouvais bien évidemment au fond de moi un peu de stress. Je prévenais alors juste l'autre professeur avec moi que je le rejoindrai une fois que tous les élèves seraient sur le terrain, ce qui me laissait du répit afin de me préparer mentalement. La journée s'annonçait particulièrement difficile pour moi, surtout si je ne retrouvais pas mon calme. Ce n'était qu'une fois que je n'entendais plus rien dans les vestiaires que je décidais de vérifier ses derniers pour pouvoir les fermer derrière, et alors que je m'y dirigeais justement je croisais le chemin d'une demoiselle.

Je ne m'en serais sans doute pas plus préoccupé si c'était seulement un petit retard, je n'avais pas vraiment la tête à cela. Non ce qui me fit tilt dans la tête c'était qu'il y avait quelque chose de plutôt étrange quand je suis passé à côté. Et ce n'est qu'une fois que je posais mon regard vers elle à nouveau que je pouvais voir son état.

Elle était trempée.
Elle semblait avoir mal au ventre.

Je ne pouvais clairement la laisser aller en sport comme ça, déjà qu'elle allait attraper froid potentiellement, mais qu'en plus elle avait des chances de se blesser, si ce n'est pas faire un malaise. Alors je venais doucement poser ma main sur son épaule. Une fois qu'elle fut retournée je pouvais voir un peu mieux son visage et ainsi mettre un nom dessus.

Asuka Tsuno

«Hé, il vaudrait mieux pour toi d’aller à l'infirmerie plutôt que de rester dans cet état...»

Évidemment j'avais proposé cela, mais dans le fond de ses yeux, que je pouvais voir uniquement pendant de courts instants, je n'avais pas besoin qu'elle me dise quoi que ce soit pour comprendre son refus. Mais je me demandais ce qui l'avait mis dans cet état, du moins qui, puisque je doute qu'elle ai voulu faire ce genre de choses seule. A moins de vouloir éviter à tout prix le cours de sport, mais cela n'était pas vraiment dans la mentalité des japonais ce genre de choses, mis à part quelques rares exceptions, mais cela ne devait pas être le cas puisqu'elle ne voulait pas non plus aller à l'infirmerie.

Je la regarde encore.
Je soupire un instant.
Je m'accroupie afin de la forcer un peu à me regarder.

«On va discuter toi et moi»

Je ne lui laissais pas le choix, mais je n'avais aucune intention mauvaise.

«Retourne au vestiaire, si possible te changer pour des vêtements secs.»

Dans le doute, je passais un instant dans la salle des professeurs afin de lui prêter ma serviette, j'en ai toujours une sur moi dans le doute que je passe par le complexe sportif non loin de chez moi pour me détendre de la journée. Je la laissais donc ensuite seule en espérant qu'elle fasse ce que je lui ai demandé.


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MessageSujet: Re: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Dim 16 Déc - 21:10



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Je ne me rendis compte que le professeur m'avait remarquée que lorsque je le vis. Juste avant cela, il avait posé sa main sur mon épaule, me faisant sursauter silencieusement. Le cœur battant à la chamade à cause de la peur panique de me trouver à nouveau face à une personne violente, prête à me frapper, je m’étais retournée. Je m'attendais à ce qu'on me donne un poing dans le visage. Ou qu'on me parle méchamment. A moins qu'on ne préfère me mettre plus encore en situation de faiblesse en me plaquant contre le mur ? Rien de tout cela ne se passa. Alors, gardant ma main sur mon ventre douloureux, je levai doucement, brièvement les yeux, ce qui me permit de reconnaître mon professeur de sport.

Heureusement, il n’était pas l'homme qui s’en prenait aux autres parce que ces derniers n'allaient pas jusqu'au bout de leurs capacités. Et encore, sans doute que, comme la CPE, celui que j’avais eu l’occasion de côtoyer l’an passé était raciste et incapable de faire preuve d’un poil de réflexion. Grâce aux différences qui les séparaient, je n’eus pas le réflexe de prendre mes jambes à mon cou et restai face à lui, sans bouger ou émettre le moindre son. Cependant, mon regard devint fuyant, osant à peine croiser celui de mon professeur. Ce dernier me fit part qu’il serait peut-être judicieux pour moi d'aller à l’infirmerie. Mes yeux allèrent croiser le temps d’une seconde le regard sérieux de l’homme. Non. Il avait beau avoir l’autorité, j’avais beau me sentir mal, je ne pouvais pas aller à l’infirmerie. Si mon maître chanteur venait à s’en rendre compte, alors elle me le ferait sentir passer. Une “punition” officieuse comme celle qu’elle venait de me faire subir, si ce n’était pas pire. Il n’était pas nécessaire que je m'impose des risques alors que ça allait passer. Comme toujours. … Enfin, presque.

Face au silence que je laissais s’éterniser, le professeur s’accroupit pour me faire face. Captant mon regard qui était bas, il planta ses yeux dans les miens pour déclarer que nous allions parler. Il ne me laissait pas le choix sans pour autant tourner cela comme un ordre. C’était… étrange. Étrange mais pas déplaisant en fait. Au moins, cela allait me donner l’occasion de parler sans que mes bourreaux puisse m’en vouloir… normalement. Alors, quand il me donna pour consigne d'aller au vestiaire pour me changer, j’obéis sans discuter. Je ne montrais aucune réelle émotion : aucune joie, une légère tristesse, mais ce qui durciçait le plus mes traits, bien que cela restât léger, c’était la douleur. J’en fronçais les sourcils et serrais les dents, sans compter la main comme bloquée au niveau de mon estomac, même si j’avais mal sur l'ensemble de l’abdomen. Un enfer qui m’empêchait même de respirer profondément.

Dans la salle fermée, seule, j’entrepris de me changer. J'utilisai la serviette que le professeur m'avait prêtée avant que je m'enferme dans les vestiaires pour essuyer mes cheveux et potentiellement sécher ma peau humide. Puis, j'entrepris de cacher mon corps constellé d’ecchymoses. Au niveau du ventre, ces dernière étaient extrêmement voyantes et j’avais l'impression qu’il ressemblait à un ballon dur. Et si ce n’était que ça… En m’habillant, je notai également que cela allait même plus haut sans que je cherche à savoir où exactement. Je mis cela sur le compte des courbatures pour ne pas m'inquiéter. Le médecin en janvier saurait me dire ce qu’il en était.
En uniforme, la tresse faite sur la seule mèche longue qu’il me restait qui tombait sur mon épaule mouillant un peu ma chemise sans que cela ne me dérange, je sortis du vestiaire. Je n'avais pas pris le temps de ramasser mes affaires de cours qui gisaient, détrempés, dans les douches. Je pensais le faire par la suite, après la discussion avec le professeur de sport. J'imaginais qu’il n'allait pas me faire courir avec les autres, même si je ne pouvais en être sûre. Enfin… qu'est-ce que cela changerait ? Entre courir en jupe et courir avec des vêtements mouillés qui collaient à la peau, il ne devait pas y avoir une bien grande différence.

Pensive, j'allai rejoindre le professeur pour qu’il m'amène là où il comptait discuter. Et, devant lui, je gardai mon attitude renfermée, presque craintive, avec les yeux fuyants. Un de mes bras était enroulé autour de mon abdomen douloureux tandis que mon autre main tenait ledit bras une fois que je lui eus rendu son bien. Cela donnait l'impression que je croisais les bras comme pour créer une barrière protectrice, mais il s’agissait également d’un stratagème instinctif pour cacher que j’avais mal au ventre. Pâle, j'attendis seulement qu’il me fasse un signe et/ou me parle, sans bouger ni émettre le moindre son. En réalité, je priais juste pour qu’il ne m'amène pas sur les gradins, devant mes camarades de classe. Cela aurait sans doute été signer mon arrêt de mort.
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MessageSujet: Re: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Dim 16 Déc - 23:49

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Curiosity

Un silence.

C’est tout ce qu’elle m’avait laissé durant tout ce temps. De longs silences. J’espère que cela ne sera pas le cas pour notre discussion une fois que je serai revenu vers elle. Je vais pas mentir, mais faire la conversation avec un mur c’est pas trop mon truc, et puis ce n’est pas en restant muette que je pourrai comprendre ses problèmes. Enfin, une fois que je ne l’avais plus dans mon champ de vision, j’allais sur le terrain de sport, là où les activités avaient déjà commencé. Je discutais un instant avec l’autre professeur de sport, afin d’expliquer de façon très brève la situation, prenant garde à ce que cela reste entre nous, sans trop en dire, puis je le laissais donc surveiller les élèves.

Heureusement pour moi, je n’étais resté concentrer que sur parler à mon collègue.
Et que les élèves n’avaient pas créé une foule de personne et qu’ils s’occupaient de l’activité.
Sinon il ne serait pas improbable que je serais retombé dans un terrible stresse.

Je revenais donc finalement vers Asuka, sans même m’être rendu compte du nombre de personne qui aurait pu me voir, ou même être conscient de mon passage. De toute façon ils n’avaient pas à savoir ce qui se passait. Je récupérais ma serviette, mouillé, ce qui me conforta dans l’idée qu’elle l’avait bien utilisé, ce qu’elle aurait pu refuser de faire. Je lui fis finalement signe de me suivre, allant donc dans la salle des professeurs, la laissant alors entrer en première, puis ensuite rentrer en second en fermant derrière moi.

Un instant de réflexion peu  après.
Essayant de voir autant de possibilité sur ce qui pourrait se passer si jamais quelqu’un entrait.

En soit il était peu probable que quelqu’un rentre sans frapper avant et avoir eu l’autorisation d’entrée. Mais je prenais tout de même cette possibilité. Je ne pouvais malheureusement pas fermer à clé, question professionnelle, même si j’étais presque certain que cela aurait pu la rassurer un peu. Je ne comptais lui faire aucun mal, aussi bien physique que morale. Je voulais juste en savoir plus, et si possible l’aider d’une quelconque manière.

Je finis donc par m’avancer dans la salle et ranger ma serviette dans mon sac, avant de finalement tirer une chaise pour qu’elle s’y installe, tandis que je m’assis en face d’elle. Mes coudes sur mes genoux, me doigts venaient ensuite naturellement s’entrelacer alors que je la regardais de face. J’évitais de prendre une posture qui aurait pu lui paraître sévère pour qu’elle puisse s’ouvrir un peu face à moi.

Je voulais être rassurant pour elle.
Et qu’elle puisse me parler si elle le souhaitait.

« Que se passe-t-il exactement ? Pourquoi tu t’es retrouvée dans un tel état ? »

J’essayais de commencer au plus simple, en espérant qu’elle ne reste pas muette. Je ferais en sorte de ne pas l'assommer de question, y aller le plus doucement possible, me doutant que sa situation était sans doute délicate à expliquer, peut-être que j’en comprendrai une partie, mais qu’une autre sera un mystère pour moi. Mais ça, je ne le saurai uniquement que si elle m’en parle.


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MessageSujet: Re: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Lun 17 Déc - 2:41



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Sur les pas de mon professeur, je le suivis jusqu’à la salle des professeurs. Cette dernière était vide, ce qui me permit de me détendre un peu. Pourtant, tout comme lorsque j’étais dans l’atelier du bibliothécaire, qui était pourtant inaccessible à ceux qui n’avaient pas de pass, je ne pu me convaincre totalement que je ne risquais absolument rien. Je ne me fis cependant pas prier et m’assis face à lui, sur la chaise qu’il m’indiqua. Seul mon regard continuait à surveiller les alentours. Par la même occasion, je cherchais à me familiariser avec l’environnement qui m’était jusque là inconnu. Enfin, je connaissais son existence et qu’elle servait de salle de “repos” pour les professeurs, plus ou moins, mais aucunement à quoi elle ressemblait.

Kiyowara-sensei, qui avait rangé sa serviette dans ce qui devait être son casier après avoir fermé la porte derrière nous, lorsque je fus installée, se plaça en face de moi. Les doigts entrelacés, il semblait vouloir se détendre. Je ne savais pas trop quoi en penser. En tous les cas, il ne se mit aucunement en position de force ou d’autorité, un peu comme l’avait fait mon professeur de musique quelques semaines auparavant. Mais je n’en regardai pas plus, préférant poser mon regard vert, dénué de toutes lentilles que j’avais cessé de mettre, sur mes mains posées sur la jupe de mon uniforme. Depuis combien de temps n’avais-je plus mis de pantalon ? Une éternité… Du moins, c’était l’impression que j’avais et cela me manquait peut-être autant que dessiner.

La voix grave de mon professeur de sport finit néanmoins par me ramener au problème qui m’amenait là en me posant deux questions. Y répondre se révélait être un exercice extrêmement difficile. Tant et si bien que je cherchais minutieusement une formulation dans laquelle je pourrais rester protégée. Mais en me rendant compte que ce ne serait jamais le cas, je relevai la tête pour regarder l’entrée que nous avions prise plus tôt avant de regarder le temps d’une seconde mon professeur. Ce n’est qu’une fois les yeux à nouveau baissés que je répondis d’une voix brisée, plus rauque que ce qu’elle aurait dû être :

- Je… je suis le souffre-douleur de l’école, mais une personne de la classe en particulier me frappe tous les jours parce que je n’ai pas ce qu’elle me demande. Elle me fait chanter et met ses menaces à exécution. Aujourd’hui, elle m’a simplement montré qu’elle me laisserait tranquille et pouvait arrêter tout le monde si je la payais…

Mes mots montraient une habitude et le fait que je m’y étais accoutumée. Mais mon corps et ma voix démontraient à quel point j’en avais assez. Pas parce que cela faisait deux ou trois fois que j’en parlais, voire un peu plus, mais parce que je voulais ce moment de répit que le bibliothécaire avait émis en tant qu’hypothèse. Je souhaitais pouvoir m’éloigner de toute cette violence. Mais, à chaque fois que j’étais prête à faire le pas pour quitter au moins momentanément l’école, je repensais à ma mère. Je ne pouvais pas lui imposer cela. J’attendais donc seulement le bilan avec une patience que je ne pouvais pas me permettre parce que je n’osais pas aller à l’infirmerie.

Doucement, une idée germa dans mon esprit. Je la laissai mûrire avant de demander timidement, presque comme une enfant qui était prête à avouer qu’elle avait fait une bêtise :

- Si… si je vous donne le nom de cette personne… vous pourriez faire quelque chose contre elle ?

Je ne devais pas nourrir trop d’espoirs. Je m’efforçais alors de me dire qu’il allait être dans la même impasse que le bibliothécaire. Cela, pour que je ne sois pas trop déçu en cas de négation. Je souffrais beaucoup trop moralement, peut-être autant que physiquement, pour me permettre de m’en rajouter. Sérieusement, cette fille me paraissait si intouchable que s’en était effrayant...
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Dernière édition par Asuka Tsuno le Mar 18 Déc - 2:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Mar 18 Déc - 2:29

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Un instant passé

Un instant de silence.

Cet instant où je voyais son regard se perdre vers la porte. Sans doute dû au fait qu’elle ne sentait peut-être pas totalement en sécurité. Et je me dis que même si je l’avais fermé à clé elle ne se serait jamais sentie dans une sécurité totale. Mais tant que juste cet endroit juste vide et avec peu de chance de nous perturber sans être prévenu lui permettait de parler, cela serait suffisant.

Son regard se reporte sur moi un instant.
Puis se baisse.

A ce moment là elle décide de parler, d’une voix rauque et brisée. Une souffre-douleur de l’école. Ou du moins c’est clair et net de la classe, et peut-être du lycée si jamais c’était vraiment étendu. Elle parlait ensuite d’une personne en particulier, qui était le maître de tout cela et qui tirait alors les ficelles. Ses mots montraient une habitude, habitude qui ne devrait pas être là, qui ne devrait jamais être là. Ce genre d’acte ne devrait jamais être pris pour habitude, cela à un effet néfaste. Mais le corps de la jeune fille montrait à quel point elle en avait assez.

Un instant d’absence.
Quelques secondes seulement.

L’impression de me voir alors que je croise son regard. Ce même regard brisé qui me ramène dans le passé, ce même corps fatigué de recevoir des coups tous les jours. Cette envie que tout cela se termine d’une manière ou d’une autre, qu’importe la façon dont cela doit être fait.

Pendant un court instant je ne voyais plus vraiment la demoiselle en face de moi, mais plutôt moi, enfant, maltraité par ses camarades par sa différence. Un souffre-douleur, un bouc-émissaire, choisi pour défouloire, pour rejeter la faute, une personne qui n’a rien demandé à personne. Je clos un instant les yeux, comme pour chasser cette image de moi-même. Je ne voulais plus voir ce moi du passé, même si je sais qu’il est là, qu’il me tourmente parfois, mais je sais qu’il m’a aidé à avancer dans la vie. Ce sont, après tout, les expériences passés qui m’ont forgé.

Retour à la réalité lorsqu’elle me demande si je peux l’aider si elle me donnait le nom de la personne. Mes paupières se retirent alors, la regardant de nouveau.

«Je ferais tout mon possible pour t’aider, du moins dans le cadre de mes possibilités. Après tout il n’y a pas vraiment de personne si intouchable… Malheureusement, je ne peux rien garantir, surtout sans preuves… »

Un soupire m’échappait alors. Les preuves étaient sans doute les choses les plus chiantes, le simple fait que cela appuis les propos. C’est terrible, mais d’un autre côté c’était d’un fort besoin afin d’éviter de se faire entourlouper et d’éviter des mensonges. Mais je la crois, elle. Je n’ai pas besoin de preuve pour savoir à quel point elle est brisée, et sans doute que je n’aurai pas besoin de fait pour croire le nom qu’elle va me dire.

«J’ai besoin d’en savoir le plus possible...»

Plus j’en saurai, mieux je pourrais l’aider après tout, et je pensais cela quelque peu comme une évidence que je n’avais pas besoin d’énoncer.


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MessageSujet: Re: Parler est également un sport [PV Ryosei A. Kiyowara]   Mer 19 Déc - 23:27



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Comme s’il avait peur de me faire de fausses promesses ou de me donner de faux espoirs, le professeur me répondit qu’il ferait ce qu’il pourrait. Je ne pouvais pas lui en vouloir de me répondre ce genre de choses. Je préférais même qu’il en soit ainsi. J’étais beaucoup trop fragilisée pour supporter une nouvelle vague de désespoir. J’avais déjà beaucoup trop de mal à me relever après chaque coup. Je pensai alors à mes deux amis, Hotaba-kun et Yume-chan. Je savais que me voir comme ça ne les laissait pas indifférent et j’avais beaucoup de mal à savoir comment les rassurer. Enfin… si cela était possible. Dans l’état qui était le mien, il n’était pas simple de sourire, relativiser ou positiver. Hotaba-kun m'avait dit qu’il me protégerait, mais mon maître chanteur était bien trop proche de moi pour pouvoir me protéger tout le temps… Je ne lui en voulais pas parce que je savais qu’il faisait de son mieux pour moi. Au contraire, chaque jour qui passait je voulais le remercier. Après tout, il faisait partie des rares personnes qui me soutenaient.

Je ne savais pas vraiment quel genre de preuve on pouvait avoir besoin pour des situations comme la mienne. Les blessures avec un bilan médical, ce que j'allais faire dans un peu plus d’un mois. Mais, à part ça, je ne voyais pas ce qu’il fallait. … À si ! Prendre les fauteurs de troubles sur le fait. Chose impossible puisque les concernés étaient beaucoup trop prudents pour ça en général. En soi, c’était comme me dire que j’étais dans la merde et que ma seule solution était celle proposée par Doe-sensei : partir de l’école. Néanmoins, au lieu de rester sur ce fait, il me demanda de lui donner tous les détails de l’affaire. Il me fallut un petit temps de réflexion avant de commencer mon récit qui allait sans doute être assez long. Et lorsque je pris la parole, ce fus sur un ton de voix Las :

-En juin, une première année et qui est partie en octobre est venue me voir pour m’extorquer 1300 yens et me faire faire ses devoirs. Elle voulait que je le fasse tous les jours, et quand j’ai refusé elle m’a mis le nez en sang, m’a frappée et m’a cassé un doigt.

A l'annonce de cela, je serrai ma main droite contre moi sans me soucier de mes douleurs abdominales. Je ne me souvenais que trop bien de cette fin de journée qui avait marqué le début de mon enfer. Et encore, le pire avait été avec ma camarade de classe…

-Jusqu'à son départ en octobre, elle m’a frappé quand je ne faisais pas ce qu’elle me demandait. Puis elle a demandé à Mana Makumo-san de prendre la relève. Dès le premier jour elle m’a frappé, menacée d’un couteau et coupé les cheveux. Plus je lui disais que je suis fauchée, plus elle faisait preuve de violence.

J’hésitai une seconde avant de commencer à énumérer ce qu’elle m'avait fait, retenant les pleurs qui menaçaient de me couper :

-Elle a cassé tous mes tableaux et mes dessins alors qu’il n’y avait que moi comme témoin, elle m’a fait cette coupe, elle m'empêche d'aller à l’infirmerie à cause de la pression qu’elle exerce sur moi, elle me frappe, saccage ma chambre, me vole et… dernièrement la classe et d’autres personnes se sont mises à s’en prendre à moi…

Afin de reprendre contenance, je fis une pause. Je n'avais pas pu prendre une grande inspiration à cause de mes maux, mais je parvins tout de même à reprendre avec beaucoup de tristesse :

-Dans mon casier je trouve régulièrement des punaises, des lames de rasoir, des mots me demandant de crever entre autres insultes, mes affaires sont détériorées ou jetées à la poubelle, parfois je retrouve ma place pleine de sauce, couverte de graffitis parfois impossible à nettoyer et… il m’est arrivé de voir un pot de fleur avec une chrysanthème…

Ce dernier symbole était également un souhait de me voir mourir sans aucun doute. Après tout, on trouvait la chrysanthème dans les cimetière, au Japon. Et rien que cette symbolique me fit penser à mon dernier tableau. Oui, je voulais en finir avec tout ça, peu importe le moyen… La seule chose qui me retenait encore était la promesse que je m’étais faite concernant ma mère.

Laissant une larme rouler sur ma joue, je terminai mon récit avec le plus récent, ma voix semblant demander de l’aide malgré ma posture que j’essayais de garder digne sans y parvenir :

- Lorsque vous m’avez trouvée, Makumo-san et d’autres filles de la classe m’ont tirée dans la douche et ont commencé à me frapper en plus d’allumer la douche sur moi. Makumo-san m’a dit qu’elle pouvait arrêter tout ça si je la payais. Et j’ai également retrouvé mes affaires mouillées dans la douche. Pas mes vêtements, mais mon sac et son contenu...
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