Partagez | 
 

 Moi pas bien parler France [Pv Laureleï]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Zelda K. Yoshida
Lycée • 2ème année
avatar

Messages : 22
Age : 16
Profession : Aide au magasin d'arcade de ses parents
Cursus : //
Multicomptes : Mandy A.

Infos supplémentaires
Clubs: Informatique et Tir à l'arc
Mais encore ?:

MessageSujet: Moi pas bien parler France [Pv Laureleï]   Jeu 11 Oct - 18:02



C'est l'heure !
Du D-d-d-duel... Eh bha non, pas vraiment. C'est une heure de cours à laquel je ne peux échapper, l'heure de français. C'est une heure tellement difficile pour moi, même le klingon me semble tellement plus accessible, en plus, apprendre avec Monsieur Spok, ça serait bien plus motivant. Link et moi, en sortant du réfectoire et en se dirigeant vers la salle de torture, on fait moins les malins tout d'un coup. Il n'est pas plus doué que moi, pour le coup mais j'ai quand même l'impression que la prof' le chouchoute un peu plus... Peut-être parce que c'est un garçon ? Allez savoir, j'ai toujours eu l'impression que les garçons, quand ils ont des difficultés dans une matière, c'est tout doux, tout rose, tout mignon... Par contre, quand c'est une fille, TU PEUX RAMER ! Après, peut-être que je me fais un film mais on est dans un pays tellement discriminant à ce sujet, brr ! Ah bha tiens, la prof' dirait que la France est un peu plus enviable là dessus. Peut-être... Mais eux, ils ont pas des supers consoles ni des licences de ouf ! Alors en fin de compte... Je suis très bien où je suis quand même... Et de toute manière, personne ne code un jeu en français ! Si ? Chut... Ce que je ne sais pas, ne me dérange pas.

Bref !
On s'approche de la salle de langue et j'en perds mon sourire et ma foi en l'humanité. Le pire, c'est que le coup de barre digestif s'en mêle. Nooon !! Je regarde Link, stressée et lui demande.

_ Pourcentage de chance pour qu'elle se casse un talon, se foule la cheville et se brise le crâne ?
_ Tu es extrême.
_ Je ne veux pas un jugement, je veux une réponse.
_ Nulle.

Tss...
Je grimace, puis inspire profondément. Allez, c'est pas tant la fin du monde. C'est que du FRANÇAIS ! La sonnerie retentis et mon coeur rate un battement. Pourvu qu'elle soit de bonne humeur ! Je prie Yoda, les Chevaliers du Zodiaque, l'Omnimessie, Elune et toutes les divinités possibles. J'entends au loin, le claquement de ses chaussures, elle arrive. Je ne veux même pas la voir, je m'enfonce parmi les gans de ma classe... Discrétion +1 point. J'avance, je pénètre dans la classe et elle sort son typique "bonjour". Je réponds pas, parce que même ça, je ne le prononce pas comme il faut. Je n'ai pas envie de me prendre la tête, avant d'être entré dans le purgatoire, y'a des limites.

Prestement.
Je m'installe à ma place habituel, en milieu de classe, comme ça, je suis presque incognito. Je sors mes affaires et me planque derrière mon livre. Tout sera comme d'habitude, elle va faire l'appel, faire quelques exercices bien chiant et me prendre comme exemple de foirage complet. Je soupire, mais je ne me démonte pas... J'essayerais quand même, même si je n'ai plus vraiment foi en mes compétences de langues. Parce que dans le dernier samouraï, même si c'était complétement foutue... Ils ont quand même fait front ensemble ! Et on ne racontera pas comment je suis morte, dans cette classe de français...

Mais comment j'ai vécue

_________________
{ Je g33k en mediumorchid }
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Laureleï Donnely
Professeur de Français
avatar

Messages : 9
Age : 26
Profession : enseignant en français et littérature française
Multicomptes : Mathi et Vincenzo

Infos supplémentaires
Clubs:
Mais encore ?:

MessageSujet: Re: Moi pas bien parler France [Pv Laureleï]   Hier à 22:42



Moi pas bien parler France
avec Zelda K. Yoshida
Nono, la petite voix de la conscience de Leï
avatar
L’enseignante déterminée
Une caractéristique de Leï c’est sa volonté. Elle s’est toujours battue pour rester elle-même et faire ce qu’elle aime. Certes elle a eu une vie bien solitaire, et est bien seule encore aujourd’hui. Mais au moins, elle est, ce qu’elle est au fond d’elle. Et si elle se fixe un objectif, elle fera tout pour l’atteindre. A commencer par relever le niveau de certains élèves…

Voilà un bon mois que j’enseigne dans cette école. Ce ne fut pas un démarrage sans difficultés. J’ai mis du temps à me repérer sur le campus et dans les dédales de couloirs de l’académie. Mais mes collègues sont dans l’ensemble assez sympathiques et serviables. Au final, quand on a compris la structure des lieux, on se repère vite.
Le plus dur fût d’intégrer toutes les règles de bienséances propres aux japonais. Bien sûr j’en avais déjà une bonne acquisition. Mais les pratiquer auprès de japonais vivant en France est quand même bien autre chose que d’être immerger dans le pays. J’ai mis un peu de temps à me repérer dans la ville aussi, et trouver quelques échoppes alimentaires et de premières nécessités qui me conviennent. J’avoue que ma première paye dans cette nouvelle vie, je l’ai fêtée en commandant sur le net de quoi me préparer un bon repas à la française ! Un coq au vin succulent !

**« Gourmande et danseuse ! Comment t’as pu arriver à devenir pro ? »**

Discipline et volonté ! Mes maitres mots !

**« dit la demoiselle la plus indisciplinée de toutes les écoles qu’elle a fréquentée… »**

On peut revenir au sujet ?

Donc j’ai rencontré mes différents élèves. Les étudiants ont majoritairement choisi un cursus qui suit leur intérêt, et donc même si tous n’ont pas un don inné pour l’apprentissage de la langue française, il y a une vraie envie de progresser. Et ça m’aide moi-même à devenir meilleure dans mon enseignement.
Les lycéens, c’est autre chose. Certains excellent, d’autres se débrouillent, d’autres ont plus de difficultés. Mais la majorité sont studieux.
La majorité… Parce qu’il y a toujours des petites têtes bêches qui ne veulent pas travailler. Et ceux-là, en général, je ne laisse rien passer.

**« Stricte et tranchante ! Ça ne te rappelle personne ? »**

Je hais cette voix qui me remet toujours face à mes contradictions. J’ai bien conscience que mon attitude a parfois une forte ressemblance à ces géniteurs qui ne m’ont jamais aimée. Et c’est bien pour ça que je finis toujours par flancher. Discipline, oui ! Dure et non compréhensive, non ! Je m’y refuse de devenir comme eux.
Et c’est pour ça, que ce duo atypique des jumeaux Yoshida est dans mon collimateur depuis un moment. Je pense que le jeune japonais pourrait progresser et avoir la volonté de travailler. Par contre Zelda, c’est autre chose. J’ai beaucoup de mal à la cernée, à l’appréhender. Elle m’apparait bien souvent indifférente ou d’humeur maussade et grognon. Je crois qu’elle hait le français, autant que moi l’allemand. C’est viscéral.
Compliqué à aborder…

Alors depuis deux semaines, je la teste un peu plus que d’autres. Je sais pertinemment qu’elle n’apprécie pas. Elle se planque bien souvent au fond de la classe. J’ai tout essayé : dureté, autorité, douceur, attention. Mais quelque soit ma façon de lui parler, elle reste hermétique. Surtout si je lui parle directement en français.

**« Ça me rappelle gravement quelqu’un, 11 ans plus tôt. »**

Chut ! C’est bien ça le pire…

**« Et comment tes profs de l’époque ont su t’apprivoiser ? »**

En me guidant dans mes envies d’avenir, en me soutenant dans mes concours, en m’intéressant par le biais de ma passion.

Ces évidences me vinrent à l’esprit deux semaines plus tôt, un dimanche où je dansais pour me vider la tête pour trouver des idées. Le reflet de la danseuse dans ce miroir m’a ouvert la voie à la réflexion dans le bon sens. L’emprunt d’un chemin qui j’espère me mènera à améliorer le français de cette petite geek au caractère bien trempée. Je ne suis pas sûre de comment m’y prendre car la passion de Zelda m’est totalement inconnue.

**« Pour ne pas dire hermétique… »**

Oui bon, je suis une arriérée de la technologie médiatique ! Et alors ? Les consoles de jeux, les smartphones, les réseaux sociaux sont autant de choses qui m’ont plus pourrie la vie qu’apporter du positif. J’assume entièrement ! Je sais tout de même me servir d’un PC !
Pour mes cours principalement, certes ! Mais je sais utiliser Google et le net ! Un peu…

Bref, j’ai passé le reste de mon dimanche à chercher une idée d’approche pour améliorer les résultats de cette petite, et de son frère par la même occasion. Puis la semaine, j’ai peaufiné mes recherches. J’ai même appelée une de mes anciennes collègues danseuses dont le frère travaille dans le numérique. Je me suis renseignée, il m’a conseillée, une idée a germé.

Ce jour là j’entre dans mon cours en conquérante. Sûre de mon autorité, sûre de mon idée. Peut-être un peu trop. Mais on verra. Alea jacta est ! Je sais que mon idée n’est pas mauvaise, et apportera à tous. J’espère juste que ça intéressera un peu mes petits derniers pour se forcer à travailler la langue française.

Je repère immédiatement les jumeaux encore bien planqués au fond de la classe alors que je salue la classe.

« - Bonjour. Commençons par l’inéluctable appel !»

Je m’empresse de boucler la paperasse habituelle et demande à la classe en japonais.

- Aujourd’hui nous allons faire un débat noté. Installez les tables en U ouvert vers le tableau, s’il vous plait. Et sans trop de bruit !  

Plus d’échappatoire, chaque élève devra faire face à la classe et à moi-même. C’est une pratique que j’ai connu au lycée irlandais et qui a porté ses fruits. J’ai bien sûr demandé l’accord à la direction, il n’est pas bien vu dans ce pays de changer les habitudes et principes. Mais cette académie est vraiment ouverte à l’international et aux innovations. Le directeur m’a assuré de son soutien et de faire comme il me plaisait du moment que je maintiens un bon niveau dans mon enseignement et les résultats de mes élèves. Et puis pour une première, je n’ai aucune intention d’être sévère dans ma notation. Mon but est de les motiver, les intéresser, les sortir du schéma habituel de l’enseignement.

Le temps que mes petits padawans s’installent, je vérifie le compte. 2 par 2, cela tombe pile poil pour que les jumeaux bossent ensemble. Parfait ! Je sors alors un paquet de feuilles que je donne au premier élève devant moi pour la distribution.

- Voici un article sur l’évolution des jeux vidéo au Japon, aux USA et en France d’un point de vue technologique et humaniste. Et un autre article sur l’impact de ces jeux dans le quotidien des français de nos jours. Je les ai rendus accessible à votre niveau en retirant quelques parties trop techniques. Ce que je veux c’est que vous ayez un regard critique. Je vous ai ajouté une liste des vocables qui ne sont pas de votre niveau. Mais vous pouvez me demander n’importe quel mot. Ce que j’attends de vous, c’est, par binôme, de lire ces articles, les analyser et me rédiger en français 5 phrases minimum résumant ce qui vous semblent important dans ces articles. Puis vous répondrez à cela en une dizaine de ligne par question.

Je me tourne vers le tableau et prend un feutre pour noter deux questions, en français.

« Selon vous, est-ce que l’impact de ses jeux est aussi important dans le quotidien d’un japonais que pour un français ? »
« Qu’est-ce que ces jeux vous apportent dans votre propre vie ? »

Et comme je veux m’assurer que les plus faibles comprennent bien l’exercice. Je leur traduis oralement les questions, tout en affichant un immense sourire en découvrant le regard étonné et brillant d’intérêt de la majorité de mes élèves. Un bon point déjà. Mais qu’en est-il réellement pour les jumeaux ? Je repose le crayon et revient au centre du U pour mieux les observer, attentive à leur réaction.
Je précise alors.

- Vous avez une heure pour rédiger tout cela. Pour la demi-heure suivante, nous en discuterons tous ensemble. Je ramasserais vos écrits. L’exercice sera noté, mais il prendra autant en compte votre français, que votre analyse et vos idées. Il est important pour moi que vous développiez un esprit analytique autant qu’un français compréhensible. La perfection n’existe pas ! Ce n’est pas ce qui m’importe. Réfléchissez, exprimez-vous, débâtez. La note portera autant sur l’écrit que l’oral, autant sur l’analyse et la réflexion que vous aurez eu sur le sujet.

Satisfaite, je prends une chaise et m’assois à l’entrée du U pour bien observer chacun de mes élèves.

- Je suis à votre disposition pour vous expliquer le sens des mots qui ne vous sont pas connus.

Je crois que c’est la première fois que je parle autant japonais dans mon cours. Mais je ne veux exclure personne et sortir de ce schéma d’enseignement classique qui ne convient pas à tout le monde. Cette classe est une des plus faible en français de l’établissement. Mon but est de leur montrer qu’ils sont capables. J’ai conscience que cela ne va pas être simple pour beaucoup d’entre eux. Il y a ceux comme les jumeaux qui ont un niveau très très faible pour tout comprendre. Il y a ceux qui, comme moi, ne s’intéresse pas du tout à ce sujet. Il y a ceux qui n’ont toujours pas acquis un esprit critique et analytique. Mais à 16 ans, il est largement temps de développer cette capacité en leur donnant des petites bases. Savoir défendre son avis et ses convictions est important pour avancer dans la vie. J’en suis la preuve vivante.

_________________
**« Nono, la conscience moralisatrice de Leï parle en #357AB7 »**

« - Leï communique en japonais en #ef0489 »

« - Leï communique en anglais en #bc5920 »

« - Leï communique en français en #9f13db»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Moi pas bien parler France [Pv Laureleï]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Du bien parler
» Celui qui ne sait pas se taire sait rarement bien parler ▬ Heather
» DE GABRIEL BIEN AIME A MARC BAZIN LES PRIMAIRES SANG UN CONSEIL ELECTORAL !e
» de L'insécurité en Haiti ou Insécurité provoquée ?
» Réfléchie bien !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Académie Yokuboo :: Académie :: Lycée :: Salles de classe-
Sauter vers: