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 Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|

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Ayane Komatsu
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MessageSujet: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Mar 17 Jan - 10:31


 


Avec Heiji Otani

Le soleil tapait vraiment fort dehors. L’été s’était clairement installé sur Nara et Ayane comptait bien profiter de ces quelques jours de vacances scolaires pour faire un petit tour en ville. Elle avait grandi ici et connaissait tous les coins et recoins de Nara. Elle aimait profondément cette ville et ne se voyait pour rien au monde la quitter. Il fallait dire qu’elle avait tout ce qui comptait pour elle non loin de Yokuboo, là où elle travaillait : sa mère, sa sœur et sa grand-mère dans un petit appartement du quartier résidentiel. Ce fut donc son point de départ pour cette matinée ensoleillée. Vu la chaleur qui était annoncée pour l’après-midi, il valait mieux sortir le matin et ne pas trop s’exposer après avoir déjeuné. Vêtue d’une robe sans manches d’un violet assez pâle lui tombant juste sous les genoux, dont le bas était agrémenté de dentelle blanche, ainsi que de ballerines blanches, la jeune femme plaça un serre-tête assez large dans ses cheveux qu’elle décida de laisser détachés. Ils retombaient donc en une jolie cascade bouclée jusqu’au bas de son dos.

Attrapant son petit sac en bandoulière blanc, juste assez grand pour y glisser son portefeuille, son téléphone, ainsi que son habituel carnet et quelques crayons pour y écrire, elle quitta son appartement après avoir embêté un peu sa sœur qui lui avait fait remarquer qu’elle était bien trop mignonne dans cette tenue pour simplement aller faire des courses, sous-entendant par là qu’elle ne pouvait que se rendre à un rendez-vous amoureux. Ayane soupira en refermant la porte derrière elle et en empruntant les escaliers pour sortir dans la rue. Elle n’avait jamais eu aucun rendez-vous amoureux et elle avait déjà 21 ans. C’était un peu triste, mais elle s’y faisait. Elle n’avait pas besoin de petit-ami du moment qu’elle avait sa famille auprès d’elle. Et de toute façon, qui voudrait bien sortir avec une handicapée comme elle ? Secouant la tête pour chasser ces mauvaises pensées, Ayane serra un peu plus la bandoulière de son sac avec ses deux mains alors qu’elle marchait dans la rue, prenant bien soin de baisser la tête, comme si elle pensait pouvoir se rendre invisible de cette façon.

La jeune femme avait beau être très féminine et vraiment mignonne, elle n’aimait pas qu’on la remarque et faisait tout pour disparaître. Elle n’optait que pour des tenues aux couleurs pâles afin de ne pas trop attirer le regard et se faisait aussi petite que possible quand elle n’était pas chez elle ou même à son travail, les deux endroits où elle se sentait vraiment à l’aise. Tournant à droite, à gauche puis encore à droite, la demoiselle se retrouva bien vite vers l’endroit de toutes ses convoitises : une petite boutique minuscule perdue dans des petites rues où personne ne passait jamais. Il fallait vraiment avoir l’œil pour ne pas passer à côté de ce magasin qui recelait pourtant tout un tas de livres plus merveilleux les uns que les autres. Pour Ayane qui était une grande dévoreuse de livre, cette boutique s’apparentait vraiment à un petit coin de paradis, surtout que le gérant la connaissait depuis qu’elle était toute petite. Elle avait même fait quelques heures de boulot dans cette librairie lors d'événements que le propriétaire avait organisés. C’était un peu comme sa deuxième maison finalement.

Passant la porte et saluant d’un signe de tête, le tout accompagné d’un grand sourire radieux, le propriétaire du magasin qui lui répondit par le même sourire et un petit signe de la main, la jeune femme se perdit dans les petites allées bordées de bibliothèques immenses allant jusqu’au plafond, donc toutes les étagères regorgeaient de livres en tout genre. Après près de deux heures à fouiller toutes les étagères de la boutique, la jeune femme se présenta à la caisse avec pas moins d’une douzaine d’ouvrages assez épais, allant de la fantaisie aux histoires vraies. Après avoir payé, le gérant lui proposa de lui donner un sac pour y mettre tous ses achats, mais au moment de se pencher pour sortir un sachet en papier, il se rendit compte qu’il n’en avait plus aucun. Ayane lui sourit tendrement en agitant la tête de gauche à droite pour lui dire que ce n’était pas grave et qu’elle allait se débrouiller comme ça. Aidée du vieux monsieur, elle cala la pile de livres dans ses bras, les retenant avec son menton pour ne pas risquer d’en perdre un en chemin.

Sortant du magasin, toute heureuse de ses trouvailles et s’imaginant déjà en train de les dévorer sur le parquet de son salon près de la fenêtre en sirotant un bon smoothie rafraîchissant, Ayane percuta quelqu’un qui avait le regard fixé sur son téléphone portable et qui ne l’avait donc pas vue. Résultat, tous ses livres s’éparpillèrent sur le sol. Quand la personne qui l’avait percutée la regarda et lui lança qu’elle pouvait faire plus attention en marchant, Ayane paniqua un peu. Elle avait compris ce qu’on lui disait mais ne pouvait pas s’excuser aussi rapidement que l’aurait fait une personne qui pouvait parler. Elle ouvrit la bouche et mima un « Excusez-moi, je suis terriblement désolée » avec ses lèvres. Visiblement assez remontée, cette personne la fixa comme une bête de foire, ne comprenant pas pourquoi elle ne lui répondait pas clairement et plus fort. L'homme lui lança qu’elle était vraiment impolie de ne pas s’excuser et il partit.

Il n’avait pas compris. Ayane baissa les yeux et regarda tous ses livres éparpillés sur le trottoir. Elle se moquait bien qu’on ait pu dire du mal d’elle. Tout ce qui l’importait, c’était que ses livres ne soient pas abîmés. Elle était habituée à être la cible de moqueries ou même d’actes de méchanceté gratuite. Ce n’était pas grave. Il ne fallait pas qu’elle y pense. Ravalant ses larmes, elle commença donc à rassembler ses livres, assise sur le sol, la tête baissée et le visage caché par ses cheveux.
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Mar 17 Jan - 16:56


La meilleure période de l'année pour Heiji. C'était l'été. C'était les vacances. Elles étaient longues et c'était pour cela qu'elle avait pu venir. Pour la première depuis qu'il était partit de la maison pour ses études, il faut dire qu'il était majeur maintenant. Cela simplifiait beaucoup de choses, et cela allait autant à lui-même qu'à ses parents. Tout l'été en compagnie de sa petite sœur Ami. La seule personne chère à son cœur. Ou presque. Il y avait Hoshi maintenant. Mais c'était une relation différente et même compliquée à expliquer.

Donc Ami passait toutes les vacances d'été à sa charge, pour son plus grand bonheur. Il ne cessait de se dire qu'elle grandissait vite, elle avait déjà 8 ans ! Il avait un peu peur de la voir grandir au fond. Peur qu'elle découvre ce monde dans lequel ils vivaient, peur qu'elle se rende compte de la réalité, peur qu'elle fasse de mauvaises rencontres, peur qu'elle soit blessée mentalement ou physiquement. Pire qu'une mère poule, il était un frère ultra protecteur.

C'était la première fois qu'il l'avait officiellement à sa charge, et aussi longtemps sans personne autour, mais il ne s'en lassait pas, sans doute ne s'en lasserait-il jamais. Il l'aimait trop pour ça. Il aimait voir ses yeux bridés noisettes se plisser d'un air rieur. Il aimait lorsqu'elle passait sa main dans ses cheveux pour tenter infructueusement de les mettre derrière son oreille lorsqu'ils la gênaient. Mais ses cheveux lisses glissaient. Alors elle lui demandait de les attacher et dans un sourire il s'exécutait.

Depuis qu'elle était arrivée, ils sortaient tous les jours ou presque. Il y avait toujours plus ou moins une activité du jour. Aujourd'hui il s'agissait d'une ballade dans le centre-ville, et puis il lui avait promis que pour le goûter il lui acheterait une glace. Elle lui avait demandé si elle pourrait avoir une vanille-fraise. Il avait sourit, puis acquiesser en lui touchant les cheveux avec tendresse.
Ils étaient donc sortis. Pas de grasse matinée. La petite se réveillait toujours vers huit heures le matin. Mais il s'était habitué. Couchés tôt, levés tôt.
Il vit cette petite rue qu'Ami lui pointait du doigt. Elle voulait aller là. Parce que ça avait l'air rigolo avait-elle dit. N'y voyant pas d'inconvénient ils s'étaient alors aventurés dans la ruelle d'un pas léger. Il faisait plutôt sombre avec ces grand immeubles qui les entourait. Brusquement Ami lâcha la main qui tenait son frère et partit en trottinant.


Ami ! Où vas-tu comme ça ?! Ami!

Mais la petite n'en faisait qu'à sa tête. Elle ne prit même pas la peine de se retourner. Heiji partit à sa suite, la rattrapant rapidement. Il vit alors que sa sœur s'était arrêtée tout prêt d'une jeune femme. Par terre il pouvait voir de nombreux livres éparpillés autour de la demoiselle, qui avait la tête baissée et dont les cheveux cachaient le visage. Ami toucha alors avec douceur la tête de cette inconnue et lui dit de sa petite voix d'enfant:

Ca va madame ? Vous avez l'air tout triste...et moi j'aimerais bien avoir d'aussi jolis cheveux quand je serais grande!

L'art des enfants de passer du coq à l'âne ! Heiji prit alors la main d'Ami et la fit reculer d'un air peu content, il commença à parler en serrant les dents :

Ami ! Qu'est-ce que tu fais ?! On importune pas les gens comme ça !
Vraiment excusez-nous mademoiselle...


Mais Onee-chan, regarde comme elle a l'air triste la dame. Et tous ses livres ils sont par terre, boum tombés ! Je le sais parce que j'ai vu le monsieur lui taper dedans ! Il avait l'air pas gentil et il a même pas aidé ! C'est pas gentil ça ! Il faut réparer quand on fait une bêtise.

Heiji n'eut le temps de rien faire ou dire, que déjà la petite s'était détachée de lui et tenta de prendre un livre, c'était grand, gros et lourd. Elle souffla et rougit sous l'effort qu'elle faisait puis elle tendit ses petits bras vers la jeune femme et dans un large sourire dit:

Tenez madame, c'est votre livre ! Il est gros dis donc ! Ca veut dire, je suis sûre, que vous aimez lire ! Vous devez être très intelligente aussi parce que moi je sais que les gens intelligents ils ont plein de livres.

Le métisse regardait sa benjamine faire son numéro, il était médusée par son attitude. Pas que c'était extrêmement étonnant, mais quand même quel sacré numéro celle-là ! Suivant l'attitude de sa sœur, sans trop savoir pourquoi, lui le grand mystérieux au regard glacial, il ramassa à son tour quelques livres qu'il tendit à le jeune femme en ajoutant d'un air presque aimable:

Maintenant qu'elle a ça en tête, impossible de la faire changer d'avis...

Tout en ramassant les livres il se rendit compte du nombre importants, et de la lourdeur que ça devait être alors étonné il ajouta :

Mais vous allez à porter tout cela ?

Puisqu'Ami était là, il était plus amical et avenant qu'à l'ordinaire, lui le loup solitaire...
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Ayane Komatsu
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Mar 17 Jan - 17:02


 


Avec Heiji Otani
Même si Ayane se disait être habituée à toute cette méchanceté gratuite, elle ne pouvait pas nier au fond d’elle que ça ne la touchait pas. C’était difficile, elle avait subi ça toute sa vie, et on ne pouvait malheureusement jamais s’y habituer. Fixant ses livres éparpillés sur le sol, les yeux humides, la demoiselle entreprit de les ramasser. Perdue dans sa bulle de silence, elle n’entendit pas qu’on approchait d’elle. Ce n’est que lorsqu’elle sentit un contact sur le haut de sa tête qu’elle sursauta, regardant avec de grands yeux la personne qui l’avait touchée. Une petite fille ? Celle-ci lui lança des paroles, son visage exprimant parfaitement ces mots qu’Ayane ne pouvait presque pas entendre. Elle avait saisi quelques bribes, sa surprise l’ayant empêchée de se concentrer suffisamment pour pouvoir lire sur les lèvres de l’enfant. Et puis, il fallait dire que même si lire sur les lèvres était un exercice difficile, le faire avec des enfants l’était plus encore ! Passant le dos de sa main sur ses yeux pour chasser les quelques larmes qui avaient manqué de couler, Ayane releva la tête pour esquisser un sourire un peu maladroit, quand soudain la petite fut tirée en arrière.

Ses yeux se posèrent alors sur un jeune homme qui semblait assez mécontent du comportement de la fillette. Son visage un peu fâché se tourna alors vers Ayane pour prendre un air désolé. Il avait l’air de s’excuser auprès de la Japonaise pour le comportement qu’avait eu la petite fille. Et rien qu’à les voir tous les deux, on pouvait facilement deviner qu’ils étaient frère et sœur. Ce susceptible lien permit à Ayane de sourire plus sincèrement, chassant ainsi les pensées obscures qui avaient pu pointer leur nez suite à l’incident qui l’avait précipitée au sol. La petite parlait vite et Ayane avait énormément de mal à saisir tout ce qu’elle pouvait dire, mais elle avait visiblement envie de l’aider puisqu’elle s’était détachée de son frère pour venir l’aider à ramasser ses livres. Elle était terriblement adorable cette petite !

Ayane lui sourit tendrement alors qu’elle attrapait le plus gros des ouvrages qu'elle avait acheté des mains de l’enfant qui avait rougi sous l’effort, celle-ci reprenant la parole. Cette fois, en se concentrant bien, la Japonaise put comprendre ce qu’on lui disait et elle ne put s’empêcher de faire mine de rire, mettant la main devant sa bouche. Elle n’osait jamais vraiment rire, tout simplement parce qu’elle ne s’entendait pas, mais aussi parce que sa voix était affreusement bizarre à cause de son handicap. Elle ne voulait surtout pas effrayer cette adorable fillette ! Ayane pencha la tête pour remercier la petite fille alors que son frère se penchait à son tour pour l’aider. Vu qu’il prenait lui aussi la parole pour lui poser une question, la Japonaise était un peu coincée, elle se devait de lui répondre quand même ! Et puis, il fallait bien qu’elle remercie cette adorable petite ! Elle déposa ses livres en pile à côté d’elle et fouilla son sac pour attraper son carnet et un crayon, grattant très rapidement quelques mots à l’adresse de ses deux interlocuteurs.

« Merci ! Merci beaucoup pour votre aide à tous les deux, c’est vraiment très gentil ! »

Elle tourna son carnet vers les deux frère et sœur et passa ses cheveux derrière son oreille afin de montrer, principalement au grand frère, son appareil auditif afin de lui faire comprendre que si elle ne répondait pas de vive voix, c’était qu’elle en était dans l’impossibilité. Reprenant son carnet, elle gratta quelques mots à l’adresse de la petite.

« Je ne sais pas si on peut dire que je suis intelligente parce que j’ai beaucoup de livres, mais tu as raison : j’adore énormément lire ! Et je suis sûre que toi aussi tu auras de superbes cheveux quand tu seras plus grande, ils sont déjà très beaux ! »

Ayane s’était souvenue de ce qu’elle avait entendu au tout début des longues tirades de la demoiselle. Il lui restait encore à répondre au grand-frère pour sa dernière question.

« J’habite à quelques rues d’ici, ça devrait aller. On ne dirait pas comme ça, mais j’ai un peu de muscles ! Je ne veux pas vous déranger à porter mes livres, mais est-ce qu’il serait possible que vous m’accordiez quand même un peu de temps afin que je puisse vous remercier tous les deux comme il se doit pour votre aide ? Une glace vous conviendrait ? »

Ayane ne comptait pas leur faire porter ses livres, c’était elle qui avait voulu en acheter autant après tout ! Par contre, elle espérait que le grand-frère allait accepter sa requête. S’ils allaient tous ensemble jusqu’à chez elle pour qu’elle dépose ses livres, elle pourrait ensuite les inviter à manger un petit quelque chose à quelques rues de là !
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Mar 17 Jan - 17:29


En se levant ce matin-là, Heiji n'avait absolument aucune idée de la rencontre qu'il allait faire ce jour-là. Une rencontre d'apparence anodine mais qui ne l'était pas pour lui.

Ami et le jeune homme se retrouvait donc à aider cette jeune femme dont les livres étaient éparpillés sur le sol, la petite disait avoir vu un homme la bousculer et ne pas essayer de l'aider à la suite. Et comme la petite avait bon cœur elle avait tenue à aider cette inconnue. Aux yeux d'Heiji, Ami était la petit fille la plus adorable du monde mais on ne pouvait pas dire qu'il était très neutre. Cependant elle avait parfois des attitudes qu'il n'arrivait pas vraiment à comprendre, il faut dire qu'ils étaient très opposés tous les deux niveau caractère...

Ami attendait la réponse de la demoiselle qui tardait à venir, elle ne comprenait pas, pourquoi ne parlait-elle pas ? Elle ne les aimait pas ? Heiji qui avait les pieds plus sur terre, n'était pas plus offensé que cela, on se faire rarement aborder de la sorte en général dans la vie.
Forcément Ami avait décidé qu'elle prendrait le plus gros et lourd de tous les livres, sinon ce n'était pas drôle! Heiji la laissa faire, il savait qu'autrement elle aurait rechigner, elle voulait faire toute seule, comme une grande.

Et puis après une phrase d'Heiji, la jeune femme posa ses livres empilés sur le sol, pour sortir un carnet de son sac, et se mit à écrire. Heiji se figea aussitôt. Il avait deviné. Serait-elle... ? Elle leur écrit une première phrase qu'elle leur montra. Le cœur du garçon manqua de rater un battement. Comment était-ce possible ?...Il y avait peu de choses qui touchait Heiji, vraiment très peu de choses. Mais il connaissait ce symptôme plutôt bien maintenant. Elle était comme Hoshi. Elle était sourde-muette comme Hoshi...Pour des raisons différentes, espérons moins tragiques, mais elle fonctionnait de la même manière. Cet aspect de cette inconnue, toucha aussitôt le métisse.
Ami, elle, de son côté ne comprenait pas grand chose. Elle avait d'abord été surprise, d'autant plus lorsqu'elle avait découverte la tête de son frère, lui qui était si froid avec les autres gens d'habitude. Puis soudainement excitée, elle tira sur la manche de son frère:


Onee-chan ! Je vais lire ! Laisse je lis !
Mer...ci...Oh c'est écrit merci ! Merci beauuuuucouuup ppouuur vootre a...i...a...i...Dis Onee-chan tu lis à voix haute dis ?


Ami avait encore un peu de difficulté avec la lecture parfois. Heiji hocha de la tête sans un mot et lui lit le mot. Puis il vit la jeune fille, mettre ses cheveux derrière son oreille et confirmer ce qu'il pensait. Elle réécrit de nouveau, et de nouveau toute excitée Ami secoua la manche de son t-shirt et criant presque:

Onee-chan ! Elle écrit ! Elle écrit un nouveau mot ! Tu lis hein ?! Tu lis!

Il n'avait pas besoin de lui répondre, elle savait très bien qu'il allait accepter, il allait lui lire le nouveau mot. Et il le lui lu.

Oh tu as vu Onee-chan?! Elle a dit que j'avais de beaux cheveux et qu'ils allaient être encore plus beaux!

La petite sautillait sur place de bonheur, Heiji amusé souriait de sa naïveté. Il l'aimait aussi pour ça. Et puis elle écrit quelque chose de nouveau, plus long, dans un autre genre. Ami intriguée, ne comprenait pas pourquoi l'inconnue ne parlait pas mais écrivait, ce n'était pas bizarre ? Elle se dit que non en voyant que cela semblait normal, voir toucher son grand frère. Mais ça lui trottait dans la tête quand même...Elle chuchota alors sa question à l'oreille de son aîné. Qui d'un air sérieux lui expliqua alors:

Tu sais Ami, il y a des gens qui n'entendent pas bien ou pas du tout et qui ne peuvent pas parler parce qu'ils n'entendent pas. Comme cette demoiselle. Alors pour communiquer avec les autres, elle doit écrire. Tu vois dans ses oreilles, elle a des appareils pour percevoir les sons.

Sa voix était douce, ludique. Ami fit une drôle de tête. Elle se tourna vers l'inconnue et la regarda longuement, se mettant d'accord avec elle-même pour penser que pourtant elle avait l'air normale, des mots durs d'enfants qui résonnait différemment dans sa tête. Elle vit qu'en effet, il y avait une drôle de chose dans les oreilles de la demoiselle.

Donc elle ne va pas parler ? Elle va écrire tout le temps ? Ca doit être nul de ne pas entendre pas et de ne pas pouvoir parler...

Dit-elle en faisant une petite moue de la bouche.

Oui c'est plutôt nul, mais elle ne peut pas faire autrement.

Et dis Onee-chan, c'est écrit quoi sur le dernier mot ?

Elle tenait toujours la manche d'Heiji, comme si ça la rassurait. Cette nouvelle information sur la jeune femme, la perturbait un peu et la rendait plus timide. Et puis Heiji lui lu que la jeune femme n'habitait pas loin et qu'elle avait un peu de muscles pour pouvoir porter tous les livres. Et surtout, elle leur proposait une glace ! Perdant aussitôt sa timidité d'un instant, Ami se mit à sautiller sur place et à regarder son frère en disant:

Une glace ! Oh oui Onee-chan ! On va prendre une glace avec la dame ! Oh dis-oui s'il te plaît ! On avait dit qu'on mangerait une glace aujourd'hui ! Tu m'as promis ! Vanille-fraise même !

Est-ce que dans un contexte normal il aurait accepter ? Sans doute pas, mais dans un contexte normal il ne se serait probablement proposé à l'aider. Et cette jeune femme n'avait rien de normal à ses yeux, elle était bien plus. Elle le touchait parce qu'elle ressemblait beaucoup à Hoshi avec ce mutisme...Heiji prit un temps pour réfléchir. Il voyait les grands yeux adorables d'Ami, et puis cette douce demoiselle qui semblait gentille et fragile, et puis son regard doré se posa sur la pile de livres. Son regard, qu'on aurait presque pu qualifier pour une fois de bienveillant, se poser sur cette inconnue et il lança:

Je pense qu'on va accepter. Mais j'exige de porter la moitié des livres.
Surtout si ce n'est pas loin.


Ouiiiiii ! Youpiiii ! Des glaces ! Des glaces ! Miam !

Heiji rit à la réaction de sa petite sœur, et peu pouvait se vanter de l'avoir vu rire. Puis il se leva et prit la moitié des livres dans ses bras. Malgré son apparence il était plutôt musclé, quelque chose du genre nerveux, c'était un sportif et ce n'était pas quelques livres qui lui faisait peur. Et la demoiselle n'avait pas le choix. Puis il lui souffla à son intention, assez fort pour qu'elle l'entende mais pas Ami:

Merci...Je crois que vous allez être le soleil de sa journée. Vous avez trouvez les mots justes. Et je lui avais promis une glace ce matin. En tout cas elle vous adore déjà.

Sa voix d'ordinaire si glacial, avait quelque chose de chaleureux, il avait le regard doux, posé sur Ami. Il ne dit pas que lui aussi quelque part l'adorait déjà. Il savait au combien ce handicap était dur à vivre au quotidien. Puis il lui lâcha l'air de rien en la suivant:

Ma petite sœur s'appelle Ami et je suis Heiji.


Dernière édition par Heiji Otani le Jeu 19 Jan - 19:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Jeu 19 Jan - 16:18


Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle
Alors qu’Ayane avait failli craquer suite à cette bousculade un peu musclée dont elle avait été victime, un petit rayon de soleil était venu lui réchauffer le cœur sous la forme d’une fillette visiblement pleine de joie de vivre. Celle-ci, accompagné d’un garçon plus âgé, qui devait sans aucun doute être son grand-frère, s’était empressée de lui donner un coup de main à ramasser les livres qui s’étaient tous étalés par terre suite à sa chute. La jeune femme avait été un peu surprise, prise de court par cette aide soudaine, et finalement, elle ne put s’empêcher de sourire en voyant cette adorable petite s’agiter devant ses yeux. Elle entreprit de chercher son carnet et son crayon pour pouvoir communiquer avec ces deux inconnus, principalement pour les remercier. Ayane avait remarqué l’air un peu étrange du grand-frère quand elle avait tourné son carnet dans leur direction. Est-ce qu’il pensait lui aussi que c’était une espèce de monstre parce qu’elle ne communiquait pas comme tout le monde ? Ou est-ce qu’il ne comprenait pas son geste ? Elle lui montra alors l’un de ses appareils auditifs en passant ses cheveux derrière son oreille afin de lui faire comprendre qu’elle s’exprimait ainsi à cause de son handicap.

La petite était vraiment agitée alors que son frère lui lisait les mots qu’Ayane avait écrits à leur adresse, et cette dernière ne put s’empêcher de « rire » en lisant les paroles de la fillette sur ses lèvres. Elle était vraiment adorable ! La Japonaise entreprit de leur proposer une glace afin de les remercier. Elle s’arrêta alors qu’elle écrivait, percevant des sons, visiblement une conversation entre le frère et sa sœur. Ayane ne savait pas si ces mots lui étaient destinés, mais en se concentrant, elle put saisir que le jeune homme expliquait à la fillette la raison de cette étrange façon de parler. Son cœur se serra un peu en saisissant les mots de la petite qui faisait une moue un peu triste en la fixant. C’était certain que c’était difficile, autant pour elle que pour les autres, de ne pas entendre et de ne pas réussir à parler correctement à l’oral. Ayane reprit l’écriture de son mot et tourna finalement son carnet vers les deux inconnus. Visiblement intimidée suite à l’explication de son frère, la fillette retrouva bien vite son entrain quand ce dernier lui parla de glace. Est-ce qu’ils allaient accepter cette invitation d’une parfaite inconnue ?

Le jeune homme finit par accepter en exigeant de porter la moitié des livres. Ayane fit une petite moue, assez peu satisfaite de cette exigence, mais l’inconnu ne lui laissa pas le choix et attrapa la moitié des livres avant de lui glisser quelques mots. La jeune femme ne put s’empêcher de sourire sincèrement à ces mots. Il semblait froid, mais ses paroles étaient vraiment gentilles et ça réchauffait vraiment le cœur de la Japonaise de savoir qu’elle avait pu égayer un peu la journée d’une petite fille. Elle attrapa son carnet pour lui répondre.

« Merci encore pour votre aide, mais j’aurai très bien pu tout porter toute seule. Ça m’embête de vous  charger de la sorte alors que vous n’avez rien demandé… Encore merci ! Et vous savez, je pense que c’est plutôt elle qui aura été le soleil de ma journée, elle est vraiment adorable ! »

Pour accompagner ses remerciements, Ayane s’inclina vivement à plusieurs reprises. Elle était toujours gênée quand on faisait preuve de générosité à son égard, parce qu’elle n’avait jamais été vraiment habituée à ces élans. Le jeune homme en profita alors pour se présenter et pour présenter sa sœur. Ayane ne s’était donc pas trompée sur le lien qui les unissait ! Après tout, cela pouvait facilement se deviner quand on voyait le regard doux et plein d’amour que l’inconnu prénommé Heiji posait sur la petite Ami. Noircissant à nouveau son carnet, Ayane le tourna vers Heiji, s’inclinant de nouveau, cette fois pour se présenter en bonne et due forme.

« Je suis enchantée de faire votre connaissance à tous les deux ! Je m’appelle Ayane ! En tout cas, ça fait plaisir de voir à quel point vous aimez votre sœur. »

Quand on perd l’ouïe, les autres sens ont tendance à se développer plus que la normale et même si Ayane avait un odorat un tout petit peu plus développé que les autres, c’était surtout son sens de l’observation qui prédominait parmi tous ses sens. Elle pouvait parfaitement lire dans le regard ou les expressions des gens ce qu’ils ressentaient. Et ce lien très fort entre ce frère et sa sœur crevait vraiment les yeux ! Ramassant son carnet dans son sac et attrapant les livres restants, elle se redressa et tendit le bras devant elle pour indique la direction jusqu’à son appartement. Le chemin fut plutôt rapide et silencieux étant donné qu’Ayane ne pouvait pas « parler » avec ces livres dans ses bras. Une fois en bas de l’immeuble, elle s’empressa d’ouvrir la porte et de monter jusqu’à son appartement avec tous les livres sous son menton pour les y déposer. Personne n’était là. Elle attrapa en vitesse une petite peluche dans sa chambre en forme de petit mouton tout doux et redescendit pour rejoindre Heiji et Ami. Elle tendit la peluche à la fillette et reprit son carnet.

« Un petit cadeau supplémentaire ! Est-ce que vous avez un glacier préféré ? J’en connais un qui fait de très bonnes glaces maison un peu plus loin. »
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Lun 13 Mar - 15:20


Ami se confrontait en ce jour à sa première rencontre avec quelqu'un qui possédait un handicap. Ca lui avait semblé bizarre au début, elle avait toujours pensé que ce genre de choses se voyait, comme les personnes en fauteuil roulant en fait. Mais apparemment non. Si sa première réaction avait été de sa cacher un peu derrière son frère, l'annonce d'une glace l'avait complètement fait oublié cette découverte. Tout valait bien une glace non ? Ami du haut de ses huit ans restait encore très enfantine dans sa manière d'être pour son âge. Elle savait être autonome et plus mâture, mais elle aimait à se faire plus petite, elle avait remarqué l'effet sur les plus grands, maligne qu'elle était.

Heiji avait accepter l'invitation pour les beaux yeux de sa sœur et également parce qu'Ayane le touchait bien qu'il ne veuille pas trop le montrer. Il avait prit la moitié des livres, il n'y avait aucune raison pour qu'elle porte tout ça toute seule jusque chez elle alors qu'il était là les bras vides. Ca lui paraissait être du bon sens. Tandis qu'Ami sautillait devant, ses cheveux bougeant dans tous les sens au rythme de ses pas, Heiji se laissa aller à quelques mots auprès de la jeune femme. Elle était polie. Comme toutes les japonaises. Il aimait ce côté-là de son pays. Elle lui confia que c'était plutôt Ami qui allait être le soleil de sa journée, elle était adorable. Il regarda la petite avec amour et ne put s'empêcher de lâcher doucement:


Je sais...

Cette phrase n'avait pas pour but d'être entendu, il ne s'était même pas rendu compte qu'il l'avait prononcé. Il aimait tout d'Ami. Son caractère, son innocence même si physique qui trahissait son peu son métissage alors que lui...Alors que lui cela se voyait bien. Il était trop grand pour un japonais, il avait une peau pâle qui cependant bronzait trop vite, des cheveux châtains et ses yeux clairs mi-européens, mi-bridés. Il se savait plutôt beau garçon mais n'aimait pas le fait que cela reflète autant le metissage du Japon et de l'Europe. Alors qu'Ami elle avait presque tout d'une petite japonaise parfaite. Des yeux bridés sombres, des cheveux de jais lisses, une peau pâle à protéger du soleil et une petite taille...

Heiji l'écouta se présenter sous le nom d'Ayane. Il hocha doucement de la tête sans un mot, mais elle le prit de court en lui disant que ça faisait plaisir à voir à quel point il aimait sa sœur. Il fut un peu déstabilisé, il ne s'était pas attendu à ça, de manière aussi directe. Mais le regard de la demoiselle était bienveillant. Il eut alors une réaction bizarre, il se sentit un peu gêné. Mais devait-il l'être ? Sans doute que non, il ne connaissait pas vraiment ce sentiment en vérité. Il ne savait pas quoi dire alors il ne dit rien, se contentant de cacher son malaise avec succès. Cela fut très rapide. Il ne fallait pas oublier qu'Heiji était quelqu'un de renfermé et froid.

Les trois japonais arrivèrent à l'appartement, Ayane prit tous les livres et s'engouffra dans un immeuble. Ami attrapa la main de son aîné en chantonnant. Elle était de très bonne humeur. Et elle aimait chantonner dans ces moments-là. Lorsque la jeune femme revint, Ami n'eut pas besoin de lire pour accepter tout de suite cette jolie petite peluche mouton qui lui était tendu. Ses yeux s'ouvrirent sous la surprise, puis ses petites mains se saisirent de l'objet et le portèrent à sa figure pour un câlin d'enfant.


Un doudou ! Il est tout doux ! Regarde-comme il est beau Onee-chan ! Merci mademoiselle !

Elle vit alors le carton, qu'elle prit la peine de lire à voix haute pour tout le monde. Elle se pencha plusieurs fois en avant pour remercier Ayane. Son esprit d'enfant lui donnait envie de faire un câlin mais elle savait que ce genre de choses ne se faisait pas alors elle se réprima de le faire. Elle jeta un regard à son frère pour la suite de la question. Il avait été surpris par le geste lui aussi. Cette demoiselle était si gentille que ça le dépassait un peu, on ne pouvait pas dire qu'il y était habitué. Et puis on parlait de sa chère petite sœur quand même. Il essayait de ne pas être trop sur ses gardes et plutôt ouvert, mais il fallait le dire, il devait quand même faire un petit effort. Il se baissa pour remercier Ayane et continua:

Merci beaucoup pour ce cadeau, il ne fallait pas. Je vous avouerais que je ne suis pas un très grand adepte de glaces, donc je vous laisse nous guider vu que vous avez l'air de connaître.

Il n'était pas quelqu'un de gourmand, il mangeait plus pour survivre qu'autre chose même si il savait apprécier un bon repas. Il avait jeté son regard sur Ami. Tout cela arrivait uniquement parce qu'elle était là, c'était fou. Il se rendit compte que sans elle cette journée aurait été complètement différente. Il ne se serait pas levé aussi tôt. Il ne serait pas sortie en ville. Il ne serait pas passé par cette ruelle. Il ne l'aurait pas vu, ni aidé. Rien de tout cela ne se serait produit. Ami malgré son jeune âge se créait une petite vie qui était faites de découvertes, de risques et de rencontres par la joie et la bonne humeur...
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Ayane Komatsu
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Lun 27 Mar - 15:57


Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle
Ayane était quelqu’un qui avait vraiment le cœur sur la main, et c’était d’autant plus vrai lorsqu’on faisait preuve de gentillesse à son égard. Il fallait dire qu’habituellement, les gens la traitaient un peu comme l’homme qui l’avait bousculée un peu plus tôt. Ses journées étaient souvent mornes quand elle n’était pas avec sa famille, et là, elle devait dire que cette rencontre avait vraiment illuminé sa journée. Cette petite fille était vraiment adorable, et son grand-frère bienveillant l’était tout autant avec son regard plein d’amour posé sur cette dernière. Ayane était heureuse d’avoir croisé de telles personnes, même si pour le coup, elle avait été un peu gênée qu’ils se proposent de l’aider à porter la tonne de livres qu’elle avait eu la bonne idée d’emprunter à sa librairie préférée. Résultat, pour remercier ses deux sauveurs, elle se proposa de les emmener déguster une glace, se doutant un peu que c’était le genre de choses qui ferait vraiment plaisir à Ami. Et elle avait mis le doigt dans le mille vu le grand sourire et la bonne humeur qui faisait sautiller la demoiselle !

Ayane était vraiment attendrie par cet amour fraternel, le même amour qu’elle portait à sa petite sœur, mais également à sa mère et sa grand-mère qui l’avaient toujours soutenue dans les coups durs. Elle finit quand même par se présenter, c’était le minimum après toute l’aide qu’Heiji et Ami lui apportaient ! La jeune femme ne put s’empêcher de sourire de plus belle en voyant la légère gêne qui était furtivement apparue sur le visage de son interlocuteur quand elle avait souligné le fait qu’il avait l’air de vraiment l’aimer sa petite Ami. Il ne fallait quand même pas oublié qu’Ayane, à défaut de ne pouvoir entendre, avait développé ses autres sens plus que la normale, ce qui faisait que le moindre petit tic lui était perceptible. Comme elle savait lire sur les lèvres, il était primordial de savoir observer ! Une fois arrivés, l’assistance bibliothécaire attrapa tous les livres avant de s’engouffrer dans le bâtiment pour tout déposer chez elle. Mais encore une fois, elle souhaitait remercier ces deux inconnus pour avoir illuminé sa journée. Elle redescendit donc avec une petite peluche qu’elle offrit à Ami.

« Oh non, vous n’avez pas besoin de me remercier, c’est vraiment à moi de le faire ! Et puis, ce n’est vraiment pas grand-chose, cette peluche sera sans doute bien plus utile à Ami-san qu’à moi ! »

Ayane était un peu gênée que le frère et la sœur la remercient de la sorte, ses joues s’empourprant légèrement alors qu’elle s’empressait d’écrire à nouveau.

« Vraiment ? Si vous souhaitez manger ou boire autre chose, surtout, n’hésitez pas à me le dire ! On devrait pouvoir satisfaire les goûts de tout le monde en passant par là. »

Ayane tourna son carnet et désigna une grande rue bordée de nombreux commerces. Le glacier était un peu plus loin dans cette direction, mais il y avait aussi quelques boulangeries et cafés. Il y aurait bien quelque chose qui pourrait faire plaisir à Heiji quand même non ? Il n’avait pas l’air très bavard et il n’avait pas l’air d’être beaucoup plus jeune que lui. Est-ce qu’il travaillait ou étudiait-il ? Ayane était assez curieuse mine de rien, alors elle se mit de nouveau à noircir une page de son carnet.

« Est-ce que je peux vous demander quel âge à Ami ? Et vous ? Est-ce que vous travaillez ou est-ce que vous êtes étudiant ? »

Ça la titillait. Elle avait envie de savoir si Heiji pouvait être quelqu’un qui se rendait régulièrement à l’Académie Yokuboo, là où elle travaillait depuis peu en tant qu’assistante bibliothécaire. Elle aimait énormément son travail, mais elle devait avouer que si jamais il lui disait qu’il faisait partie des étudiants ou même des professeurs ou des membres du personnel, elle se sentirait un tout petit peu plus confiante. Savoir qu’elle connaissait quelqu’un d’aussi gentil sur son lieu de travail ne pourrait que la rassurer et l’aider à prendre un peu plus confiance en elle, ce qui n’était pas du tout le cas actuellement. Elle avait beau faire son travail aussi bien que sa supérieur et ses collègues, elle n’était vraiment pas à l’aise quand elle devait faire face au regard des autres lorsque leurs yeux se posaient sur son badge indiquant qu’elle était malentendante et qu’elle pouvait lire sur les lèvres. Après avoir été traitée comme une bête de foire pendant des années et des années, il était difficile de prendre confiance pour pouvoir affronter ces regards en souriant.
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Dim 16 Juil - 18:14


Heiji et Ami avaient beau être métisses, ils étaient avant tout japonais et avaient été élevés dans cette culture. Ils leur paraissaient donc naturels de saluer si chaleureusement Ayane. Elle leur proposait déjà un goûter alors qu’elle ne leur devait rien d’autre qu’un peu d’aide.
Ce moment restait assez improbable pour l’étudiant. Il n’était pas amateur de liens sociaux. Il était un solitaire un vrai, pas de ceux qui sont juste trop timides. Il n’avait rien de leur caractère et il ne craignait pas le contact. Disons juste que la plupart du temps il ne l’appréciait pas vraiment. Heiji ne voyait que les mauvais côtés de la race humaine, ou que très peu ses qualités.
Heureusement en ce jour Ami avait été avec lui. Elle savait toujours illuminer la vie des autres et tout particulièrement la sienne. Ca en était incroyable, et quelque part c’était ce petit bout qui l’emmenait dans sa propre vie, dans sa manière de voir les choses.

Heiji bougea doucement la tête. Il se fichait bien de trouver quelque chose pour sa personne. Il ne voulait que le bonheur d’Ami. Il n’aimait pas spécialement manger. Et il ne comprenait plus très bien cet attrait pour les glaces, qu’il avait pourtant eux lorsqu’il était plus jeune. La nourriture ne lui permettait que de survivre, il se contentait du minimum, et c’était sans doute l’une des raisons qui expliquait sa relative minceur. Sa physiologie l’aidait également, mais c’était sûrement le mélange des deux.


La glace pour Ami sera déjà bien assez merci.

Son attitude neutre n’était que son attitude habituelle. Il savait refuser sans trop de cérémonie mais sans pris pour de l’agressivité de la part des autres. C’était cette attitude nonchalante qui faisait de lui cet homme qui semblait ne s’intéresser à rien.
Ayane avait montré la rue dans laquelle ils allaient se diriger alors ils commencèrent à s’avancer. Ami était véritablement impatiente, elle sautillait sa main toujours dans celle de son aîné, elle chantonnait également toujours, ne prêtant plus vraiment attention à la conversation des adultes à ses côtés.

Visiblement plus à l’aise que lui, la demoiselle demanda au jeune homme l’âge de sa sœur, ainsi que le sien et si il travaillait ou étudiait. Son naturel revenant au galop, il n’avait pas envie de répondre, il n’aimait pas spécialement parler, et encore moins de lui. Mais son bras sentait toujours les petits sauts d’Ami alors il se décida à être plus poli et bavard qu’à l’ordinaire.


8 ans. Et j’en ai 19, je suis encore en études. Je suis en 1ère année en Sciences de l’Ingénieur.

Il prenait le pas sur la potentielle question suivante. Il préférait se présenter d’un coup. Il ne pensa même pas à lui retourner sa question. Il avait tellement perdu l’habitude des politesses de société au fond, qu’il ne savait plus toujours bien agir correctement. Il n’avait rien contre Ayane, au contraire il l’appréciait déjà un peu, et peu pouvaient se vanter d’avoir autant d’attention de sa part. Mais bon il ne se rendait pas forcément compte que pour développer une conversation il fallait qu’il y mette du sien.

Le petit groupe arriva dans l’allée remplie de petits commerces en tout genre. Il faisait beau mais pas trop chaud et il y avait un peu de monde dans la rue. Ami était ravie de voir autant de vie et de choses dans ses yeux. Elle avait envie de rigoler, de danser, de sautiller et de voir absolument tout ce qui était possible. Mais elle connaissait son frère alors elle se contenta de lever des yeux implorant vers lui. Mais pour une fois elle n’était pas son seul centre d’attention. Car qu’il veuille l’accepter ou non, Heiji faisait extrêmement attention à Ayane. Maintenant qu’il y avait tant de monde, il s’arrangeait pour que le groupe reste ensemble et surveillait de près les gens qui passait à côté d’Ayane. Elle lui rappelait trop Hoshi pour qu’il ne fasse pas attention à elle, et il savait ô combien les gens étaient inattentifs...
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Ayane Komatsu
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MessageSujet: Re: Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle |Heiji Otani|   Mar 17 Oct - 10:51


Un petit coin de paradis au détour d'une ruelle
Ayane avait toujours eu le cœur sur la main, et elle le démontrait encore une fois avec ces deux jeunes gens qui l’avaient gentiment aidée à porter tous ses livres jusqu’à chez elle. Elle était généreuse, mais elle l’était d’autant plus quand on lui montrait qu’elle n’était pas une simple bête de foire à cause de son handicap. Elle avait été vraiment touchée par cette aide qu’ils lui avaient apportée et surtout par ce sourire rayonnant de la part de la fillette. Elle était vraiment adorable et même si son grand-frère ne semblait pas très démonstratif au niveau de ses sentiments, la demoiselle avait clairement saisi le lien très fort qui les unissait. C’était vraiment beau et elle ne pouvait être qu’attendrie. Après avoir remonté sa pile de romans chez elle, Ayane redescendit avec une petite peluche pour la fillette et proposa donc d’emprunter une grande rue commerçante pour satisfaire les envies de chacun. Seulement Heiji ne semblait pas vraiment vouloir quoi que ce soit, ayant simplement envie de faire plaisir à sa sœur. Ayane fit une petite moue. C’était dommage, elle voulait vraiment le remercier lui aussi… Mais ce serait impoli d’insister non ?

Ils entamèrent alors leur route vers le fameux glacier, Ayane en profitant pour faire un peu sa curieuse en demandant l’âge de ses deux sauveurs. L’âge d’Ami l’intéressait beaucoup, mais elle avait surtout envie de connaître celui d’Heiji. Il semblait presque avoir le même qu’elle et elle avait terriblement envie de savoir s’il allait lui aussi à Yokuboo, et si oui, avec quel statut. 8 ans donc, et 19 ans pour lui. Et il était étudiant. La demoiselle le gratifia d’un grand sourire en hochant la tête pour dire qu’elle avait bien saisi ce qu’il venait de lui dire et elle attrapa à nouveau son carnet pour écrire, se décalant pour se mettre derrière le jeune homme. De cette façon, ils pouvaient continuer à marcher et elle pouvait écrire en même temps sans risquer de se prendre à nouveau quelqu’un qui ne ferait pas attention à elle.

« Je suppose que vous êtes étudiant à l’Académie Yokuboo alors non ? A moins que vous veniez d’une autre ville… »

Elle avait noté qu’il ne lui avait pas retourné la question, mais ça ne la gênait pas. Si lui n’était pas curieux, elle serait curieuse pour deux ! Elle lui présenta son carnet en tirant doucement sur le bas de son haut pour qu’il lui prête un peu attention à elle. Une fois assurée qu’il avait bien lu son message, elle plaqua son carnet contre elle et continua à marcher, se mettant de sorte à ce qu’Ami soit entre elle et son grand-frère. La rue était plus bondée et Ayane ne savait que trop bien à quel point les gens ne faisaient pas attention aux autres alors elle préférait qu’on la bouscule elle plutôt que le petit bout de chou. Et comme elle ne voulait pas risquer de finir à nouveau les fesses sur le trottoir, elle se ratatinait un peu sur elle-même, comme si elle essayait de prendre le moins de place possible, ses yeux scrutant tout autour d’eux pour vraiment s’assurer qu’Ami pouvait marcher tranquillement. Ils arrivèrent finalement devant le glacier, Ayane soupirant doucement de soulagement. La route s’était bien passée ! Elle attrapa à nouveau son crayon pour noircir une page et la tourner vers Heiji.

« Qu’est-ce qui ferait plaisir à Ami ? Vous êtes sûr que vous ne voulez rien ? Peut-être que je pourrais partager ma glace avec vous si vous ne voulez pas en prendre une entière, ça ne me gêne pas du tout ! »

Et voilà, sa bonté frappait à nouveau. Elle était tout à fait prête à sacrifier la moitié de sa glace si ça pouvait faire plaisir à Heiji. Mais aussi, et surtout, elle ne s’était pas rendu compte que ce qu’elle proposait était un peu bizarre. Si pour elle ça lui semblait anodin, n’importe qui d’autre penserait forcément qu’ils étaient un couple si on les voyait partager une glace ! Il fallait dire qu’elle n’avait absolument aucune expérience dans le domaine. Elle était certes déjà tombée amoureuse, mais ça n’avait jamais été réciproque et elle avait toujours fait fuir tous les garçons qui s’approchaient d’elle. Ce foutu handicap…

« Si vous voulez, nous pourrons aller nous asseoir un peu plus loin, il y a un petit parc avec des bancs par là-bas. Ce sera plus pratique pour manger nos glaces. »

Ayane avait écrit ces quelques mots rapidement pour les montrer à Heiji. Elle ne savait pas si Ami était du genre maladroite, mais elle se souvenait qu’elle, elle avait déjà fait tomber à plusieurs reprises ses glaces en voulant jouer en même temps qu’elle les tenait dans sa main. Il valait mieux jouer la carte de la sécurité et éviter le drame de la glace qui tombe par terre sans qu’on ne puisse faire plus qu’en acheter une nouvelle pour calmer une grosse déception d’enfant.
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