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 Des signes apparents |PV Akihito Hayama|

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James P. Campbell
Médecin scolaire
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MessageSujet: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Mar 15 Mai - 16:14


❝ Des signes apparents ❞

Encore une nuit bien trop courte à l’actif de James. C’était en sueur et le souffle court qu’il s’était soudainement redressé, les draps tombés sur le sol à cause de son agitation. Sa main s’était aussitôt portée à sa cicatrice sous sa clavicule droite, essayant de calmer cette douleur lancinante qui le tiraillait. C’était fictif bien sûr, la plaie était déjà refermée depuis longtemps, mais il avait encore l’impression de sentir cette balle s’enfoncer dans sa chair avant de le traverser de part en part. L’Américain mit plusieurs minutes à se calmer, sa respiration et les battements de son cœur se calmant petit à petit. 5h00. Il avait déjà mis plusieurs heures à trouver le sommeil, tout ça pour dormir seulement 3 heures. James savait qu’il ne pourrait plus se rendormir à présent, pas après un tel cauchemar. Inspirant et expirant profondément en fermant les yeux, le médecin scolaire décida de se lever pour aller prendre une bonne douche bien chaude et essayer de chasser tous ces souvenirs et cette vilaine douleur qui l’assaillait toujours.

Les cheveux encore trempés après sa douche, James retourna à sa chambre pour la remettre en état. Son appartement était assez miteux malgré ses ressources financières assez conséquentes, mais il tenait à ce que tout soit impeccablement rangé. Il n’accueillait jamais personne, à part Gabriel de temps à autres, mais ce n’était pas une raison. L’Américain était quelqu’un d’assez carré qui aimait que tout soit bien ordonné. Vêtu d’un jogging et d’un t-shirt, qu’il surmonta d’une veste légère, James entreprit de quitter son appartement après avoir sifflé une bonne tasse de café bien noir, histoire d’aller se dégourdir un peu les jambes et s’aérer l’esprit en courant dans le parc qui se trouvait non loin. C’était devenu sa petite routine depuis son retour au Japon en début d’année. Quand il ne trouvait pas le sommeil, il prenait plaisir à venir courir dans ce parc aux daims du quartier historique, appréciant d’autant plus de s’y retrouver seul, alors que le soleil pointait doucement le bout de son nez à l’horizon. Il n’y avait rien de tel pour bien commencer la journée !

Son jogging terminé, James prit une nouvelle douche rapide, un deuxième café, puis il s’habilla plus sobrement pour aller tranquillement jusqu’à l’Académie en marchant. Il allait encore arriver en avance, comme tous les matins, mais tant pis. Il n’avait rien de mieux à faire et il avait quelques dossiers à traiter alors… Entièrement vêtu de noir, avec une tenue sobre mais classe, James attrapa ses deux gros thermos de café qui l’aideraient à tenir jusqu’à la fin de la journée pour les mettre dans son sac à dos. Il quitta à nouveau son appartement pour débuter sa journée de travail avec une heure d’avance. La matinée fila à toute vitesse, quelques élèves défilant pour des aspirines ou des petits bobos, mais rien de trop grave. James n’aimait pas spécialement la vue du sang, mais il devait avouer que soigner les plus gros bobos lui manquait un peu. Il alla ensuite à la cafétéria avec quelques collègues pour le déjeuner, se contentant de garder son air toujours aussi neutre, écoutant les conversations plus qu’il n’y participait.

L’après-midi fila aussi vite que le reste de la journée, James quittant l’infirmerie un peu plus tôt, laissant sa blouse blanche suspendue dans son bureau alors qu’il partait en direction du pensionnat avec son sac sur le dos. Les mains dans les poches, ses lunettes rangées dans son étui, James pouvait presque passer pour un étudiant parmi la foule. Sa petite excursion dans ce bâtiment où il ne mettait jamais les pieds habituellement avait pour but de surveiller l’état d’une demoiselle qui avait fait une indigestion lors du déjeuner. Il l’avait un peu gardée à l’infirmerie, puis les surveillants l’avaient finalement ramenée à sa chambre pour qu’elle y soit plus à l’aise. James se fit discret, surtout quand il arriva dans l’aile réservée aux demoiselles. Heureusement, il tombait pile pendant les heures de club, donc il ne croisa personne qui pourrait le traiter de pervers vu qu’il ne portait plus sa blouse blanche si distinctive. Il toqua à la porte de sa patiente, entra, et s’enquerra de son état avant de lui donner quelques médicaments pour la soulager un peu.

James traîna un peu plus que prévu dans cette chambre, la demoiselle ayant cru bon de profiter de cette consultation pour lui parler de soucis personnels. Ça arrivait souvent à l’Américain, de jouer les pseudos psychologues pour des élèves en détresse qui ne savaient pas trop vers qui se tourner. Il était tellement sérieux et professionnel qu’on avait peut-être un peu plus facilement tendance à se confier à lui plutôt qu’à d’autres adultes, il n’en savait trop rien. Il fallait dire qu’il écoutait toujours tout ce qu’on lui disait d’une oreille attentive, sans déborder de paroles inutiles pour essayer de réconforter. Ses conseils n’étaient peut-être pas les meilleurs, mais il faisait tout son possible pour aider ceux qui en avaient besoin. Quoi qu’il en soit, sa consultation à rallonge étant terminée, le médecin scolaire redescendit au niveau du rez-de-chaussée, pile au moment où la sonnerie marquait la fin des heures de club. Ce couloir était blindé et, histoire de ne gêner personne, James se décala sur le côté pour attendre que la marée humaine se calme. Son regard émeraude se posait sur les élèves, saluant d’un signe de tête ceux qui le reconnaissaient, avant que celui-ci ne se fige complètement sur un élève en particulier. Un étudiant sans aucun doute, les cheveux d’un noir de jais, les yeux cernés de rouge et la peau presque jaunâtre. James était doué dans son domaine et il ne lui fallut pas longtemps pour faire le rapprochement entre cet état physique et la consommation un peu trop importante de drogues en tout genre.

Sa conscience professionnelle ne pouvait décemment pas laisser cet étudiant partir comme si de rien n’était. Il ne l’avait jamais vu à l’infirmerie, il était peut-être nouveau, mais il n’avait vraiment pas l’air en forme. Pour sa sécurité et celle des autres élèves, James se devait de l’attraper pour s’assurer que tout allait bien. Le médecin scolaire pressa donc un peu le pas, arrivant à la hauteur de cet étudiant avant de finalement le dépasser pour se planter face à lui. Son regard émeraude était plongé dans le sien, son visage restant toujours aussi neutre, ce qui pouvait paraître franchement déstabilisant.

« Excusez-moi de vous arrêter de la sorte, mais je suis le nouveau médecin scolaire depuis la rentrée et je ne crois pas vous avoir déjà vu à l’infirmerie. »

James regarda un peu alentours. Il y avait encore pas mal d’élèves autour d’eux, et il n’était pas idiot au point de discuter des possibles problèmes de santé de cet étudiant à voix haute dans un tel lieu. L’empêchant toujours de passer, l’Américain l’invita d’un signe de la main à faire demi-tour pour aller à un endroit un peu moins fréquenté de ce grand couloir. James était du genre têtu, surtout pour tout ce qui touchait à la santé alors si cet étudiant se mettait à courir, il aurait un Américain athlétique sur les talons !

« Je suis vraiment désolé si je manque de tact, mais est-ce que tout va bien ? Et n’essayez pas de me mentir surtout, je sais reconnaître des signes d’addiction quand j’en vois. »

James avait toujours été très (trop ?) direct, ce qui plaisait ou non, mais il avait horreur de tourner autour du pot. Ces yeux et ce teint… Cet étudiant devait énormément consommer. C’était peut-être derrière lui, il était peut-être encore en plein dedans, James ne le savait pas encore mais il se jurait de le découvrir. Il était plutôt du genre têtu quand il s’y mettait !


©️ Halloween

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Akihito Hayama
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MessageSujet: Re: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Mar 15 Mai - 23:19

Des signes apparents


Une nouvelle journée de cours venait de se terminer et Akihito se sentait étrangement bien malgré la courte nuit qu’il avait passé. De toutes manières, rares étaient les nuits réellement reposantes depuis son retour de clinique. Même si le garçon ressentait moins le manque qu’à l’époque, il lui arrivait encore fréquemment de rêver être dans son minuscule studio, une odeur âcre de transpiration et d’urine lui agressant les narines et un corps au visage flou s’afférant au-dessus du sien.
Les mois et les années avaient beau passer, la sensation de toutes ces mains sur son corps était encore bien présente. Lorsqu’il fermait les yeux, il sentait le souffle chaud de tous ces hommes caresser son visage aux joues creusées, ressentait leurs prises sur ses hanches étroites et amaigri, la douleur vrillant son corps alors qu’ils le pilonnaient.
Tout comme il se rappelait de cette sensation grisante d’abandon, de ces moments en dehors du temps et de cette réalité douloureuse qui était alors la sienne. Il se rappelait de cette torpeur salvatrice qui avait plusieurs fois failli l’emporter, de cette impression de dominer le monde et de cette toute puissance suivant ses quelques rails.
Parfois, il lui arrivait de vouloir ressentir cette confiance et ce bien-être artificiel au moins une fois de plus, mais pour l’heure la raison parvenait toujours à l’emporter sur ses désirs d’évasion.
La réalité était dure, mais elle était réelle.
Sans sa sœur, il n’était pas sûr qu’il serait encore de ce monde à l’heure actuelle. Elle avait réellement été d’un grand soutient pour lui qui, sans elle, serait sans doute retombé dans les affres de la drogues sitôt sortie de l’hôpital.
Il n’aurait pas été assez fort pour supporter l’après sans aide, il en était parfaitement conscient.
Mais Naomi était là pour lui. Sa petite sœur qui avait dû tant souffrir de sa crise, qui avait dû tant lui en vouloir d’accaparer toute l’attention de leurs parents avec toutes ses conneries et qui avait sans nul doute dû le détester de l’avoir laissé seule avec ces êtres dénués d’amour véritable.
Car leurs parents n’étaient capables d’aimer que le reflet de ce qu’ils étaient et non pas ce qu’étaient réellement leurs enfants. Akihito avait failli et Naomi avait été forcée de prendre sa place, d’être l’enfant normale qu’ils n’avaient pas eu la chance d’avoir du premier coup. Aki était un test, un échec, une ombre dans leur vie si rangée. Ils l’avaient purement et simplement effacé de celle-ci.
Mais Naomi l’avait accepté. Elle avait accepté cette coquille vide qui se trouvait être son frère. Elle avait accepté ce qu’il avait été, ce qu’il était et ce qu’il projetait de devenir.
Elle avait bien grandi, travaillait depuis peu dans une agence de pub en tant que graphiste et avait par sa propre volonté réussie à sortie du carcan imposée par ses parents.
Elle aussi s’était rebellée, mais elle avait appris des erreurs de son aîné et l’avait fait en douceur.
C’est en partie pour cette raison qu’elle accepta de l’héberger chez elle lorsque l’hôpital l’avait appelé, car il avait été la raison de sa prise de conscience.
Elle n’approuvait pas sa vie, mais elle comprenait les raisons l’ayant poussé à de telles absurdités. Peut-être que si leurs rôles avaient été inversés et qu’elle-même aurait été l’aînée de la famille, elle se serait retrouvé à sa place, avec ce lourd bagage qui était le sien.
Elle en avait longtemps voulu à Aki. Elle lui en avait voulu d’avoir brisé leur famille par son seul égoïsme, lui en avait voulu d’être le centre de l’attention de leurs parents et lui en avait voulu de l’avoir laissé seule face à ces êtres rêvant de contrôler sa vie. Elle lui en avait voulu de ne jamais la contacter après son départ du domicile familial et lui en avait voulu de s’être mis ainsi en danger, lui qui avait toujours eu de telles facilités et à qui la vie aurait pu tant apporter.
Mais lorsqu’elle l’avait revu au sortir de l’hôpital, que son regard avait croisé le sien et qu’elle avait vu toute la détresse au fond de ses prunelles cernées de rouge, elle n’avait pu se résoudre à le laisser tomber.
Il restait son frère, sa famille, sa chair et son sang.
Ils avaient leurs différents, mais il était une partie de son passé, une partie de ce qu’elle était.
Akihito ne prononça mot durant tous le trajet jusqu’à chez elle, pas plus que lorsqu’elle lui présenta le canapé qui fut son lit durant les premiers temps, avant qu’il ne s’en achète un vrai.
De toute manière, que pouvait-il bien dire ? Il était bien incapable de parler. Il avait honte de se montrer ainsi, honte de ce qu’il était devenu et honte que sa sœur le voie ainsi. Il savait qu’elle savait pour sa maladie. Si lui ne lui avait jamais rien raconter de ce qu’il avait vécu, il savait qu’elle savait. Il voyait dans ses yeux qu’elle avait compris ce qu’il avait fait, jusqu’où il avait sombré après son départ de la maison. Elle ne lui avait jamais rien demandé, mais il savait qu’elle savait.

Prenant une douce bien mérité, Akihito se sécha avec empressement avant d’enfiler son jean ainsi que son pull noir à col roulé et sortir du vestiaire.
Il venait de passer près de deux heures à courir, sauter, fléchir son corps moue et douloureux. S’il avait choisi l’athlétisme dans l’espoir de garder le peu de santé qu’il lui restait, il commençait doucement à le regretter.
Il n’avait pas l’habitude d’en imposer autant à son corps et ce dernier semblait décidé à lui faire défaut. Combatif, il donnait néanmoins le meilleur de lui-même. Il ne voulait pas flancher.

Déambulant dans les couloirs à la recherche de la sortie, le visage déconfit et cernés par son manque de sommeil couplé à ses exercices, il manqua de peu de rentrer dans l’homme venant tout juste de se planter devant lui, son regard émeraude le scrutant avec méfiance.
« Excusez-moi de vous arrêter de la sorte, mais je suis le nouveau médecin scolaire depuis la rentrée et je ne crois pas vous avoir déjà vu à l’infirmerie. »
Ne comprenant pas ce que cet homme lui voulait, Akihito sentait le stress le gagner doucement alors que, ne sachant quoi répondre, il se demandait ce qu’il avait bien pu faire de mal pour que ce géant se désignant comme le médecin scolaire vienne ainsi l’accoster en plein milieu d’un couloir bondé.
Avait-il fait une connerie ? Aurait-il du se présenter à l’infirmerie dès son arrivée ici pour un quelconque contrôle de routine ? Avait-il manqué une information aussi importante que ça ? Il ne lui semblait pourtant pas avoir de contrôle à faire… Il était à jour dans ses vaccins et, sinon sa prise régulière d’antiviraux, il était en plutôt bonne santé sachant d’où il partait.
Non, décidément il ne comprenait pas ce que cet homme lui voulait, mais il n’aimait pas du tout le regard avec lequel il l’observait.

« Je suis vraiment désolé si je manque de tact, mais est-ce que tout va bien ? Et n’essayez pas de me mentir surtout, je sais reconnaître des signes d’addiction quand j’en vois. »

C’était donc ça… Si même ses camarades de classe l’avaient remarqué, il était plus que logique que le corps médicale le remarque également.
Esquissant un sourire résigné en réponse à ces accusations des plus fondées, il soupira imperceptiblement avant de baisser les yeux et observer avec une infinie concentration ses chaussures. Des Vans noirs aux lacets blancs.

« Vous arrivez un peu tard, monsieur… Ne vous inquiétez pas, je vais bien. Puis-je rentrer chez moi maintenant ? »
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