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 Des signes apparents |PV Akihito Hayama|

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James P. Campbell
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MessageSujet: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Mar 15 Mai - 16:14


❝ Des signes apparents ❞

Encore une nuit bien trop courte à l’actif de James. C’était en sueur et le souffle court qu’il s’était soudainement redressé, les draps tombés sur le sol à cause de son agitation. Sa main s’était aussitôt portée à sa cicatrice sous sa clavicule droite, essayant de calmer cette douleur lancinante qui le tiraillait. C’était fictif bien sûr, la plaie était déjà refermée depuis longtemps, mais il avait encore l’impression de sentir cette balle s’enfoncer dans sa chair avant de le traverser de part en part. L’Américain mit plusieurs minutes à se calmer, sa respiration et les battements de son cœur se calmant petit à petit. 5h00. Il avait déjà mis plusieurs heures à trouver le sommeil, tout ça pour dormir seulement 3 heures. James savait qu’il ne pourrait plus se rendormir à présent, pas après un tel cauchemar. Inspirant et expirant profondément en fermant les yeux, le médecin scolaire décida de se lever pour aller prendre une bonne douche bien chaude et essayer de chasser tous ces souvenirs et cette vilaine douleur qui l’assaillait toujours.

Les cheveux encore trempés après sa douche, James retourna à sa chambre pour la remettre en état. Son appartement était assez miteux malgré ses ressources financières assez conséquentes, mais il tenait à ce que tout soit impeccablement rangé. Il n’accueillait jamais personne, à part Gabriel de temps à autres, mais ce n’était pas une raison. L’Américain était quelqu’un d’assez carré qui aimait que tout soit bien ordonné. Vêtu d’un jogging et d’un t-shirt, qu’il surmonta d’une veste légère, James entreprit de quitter son appartement après avoir sifflé une bonne tasse de café bien noir, histoire d’aller se dégourdir un peu les jambes et s’aérer l’esprit en courant dans le parc qui se trouvait non loin. C’était devenu sa petite routine depuis son retour au Japon en début d’année. Quand il ne trouvait pas le sommeil, il prenait plaisir à venir courir dans ce parc aux daims du quartier historique, appréciant d’autant plus de s’y retrouver seul, alors que le soleil pointait doucement le bout de son nez à l’horizon. Il n’y avait rien de tel pour bien commencer la journée !

Son jogging terminé, James prit une nouvelle douche rapide, un deuxième café, puis il s’habilla plus sobrement pour aller tranquillement jusqu’à l’Académie en marchant. Il allait encore arriver en avance, comme tous les matins, mais tant pis. Il n’avait rien de mieux à faire et il avait quelques dossiers à traiter alors… Entièrement vêtu de noir, avec une tenue sobre mais classe, James attrapa ses deux gros thermos de café qui l’aideraient à tenir jusqu’à la fin de la journée pour les mettre dans son sac à dos. Il quitta à nouveau son appartement pour débuter sa journée de travail avec une heure d’avance. La matinée fila à toute vitesse, quelques élèves défilant pour des aspirines ou des petits bobos, mais rien de trop grave. James n’aimait pas spécialement la vue du sang, mais il devait avouer que soigner les plus gros bobos lui manquait un peu. Il alla ensuite à la cafétéria avec quelques collègues pour le déjeuner, se contentant de garder son air toujours aussi neutre, écoutant les conversations plus qu’il n’y participait.

L’après-midi fila aussi vite que le reste de la journée, James quittant l’infirmerie un peu plus tôt, laissant sa blouse blanche suspendue dans son bureau alors qu’il partait en direction du pensionnat avec son sac sur le dos. Les mains dans les poches, ses lunettes rangées dans son étui, James pouvait presque passer pour un étudiant parmi la foule. Sa petite excursion dans ce bâtiment où il ne mettait jamais les pieds habituellement avait pour but de surveiller l’état d’une demoiselle qui avait fait une indigestion lors du déjeuner. Il l’avait un peu gardée à l’infirmerie, puis les surveillants l’avaient finalement ramenée à sa chambre pour qu’elle y soit plus à l’aise. James se fit discret, surtout quand il arriva dans l’aile réservée aux demoiselles. Heureusement, il tombait pile pendant les heures de club, donc il ne croisa personne qui pourrait le traiter de pervers vu qu’il ne portait plus sa blouse blanche si distinctive. Il toqua à la porte de sa patiente, entra, et s’enquerra de son état avant de lui donner quelques médicaments pour la soulager un peu.

James traîna un peu plus que prévu dans cette chambre, la demoiselle ayant cru bon de profiter de cette consultation pour lui parler de soucis personnels. Ça arrivait souvent à l’Américain, de jouer les pseudos psychologues pour des élèves en détresse qui ne savaient pas trop vers qui se tourner. Il était tellement sérieux et professionnel qu’on avait peut-être un peu plus facilement tendance à se confier à lui plutôt qu’à d’autres adultes, il n’en savait trop rien. Il fallait dire qu’il écoutait toujours tout ce qu’on lui disait d’une oreille attentive, sans déborder de paroles inutiles pour essayer de réconforter. Ses conseils n’étaient peut-être pas les meilleurs, mais il faisait tout son possible pour aider ceux qui en avaient besoin. Quoi qu’il en soit, sa consultation à rallonge étant terminée, le médecin scolaire redescendit au niveau du rez-de-chaussée, pile au moment où la sonnerie marquait la fin des heures de club. Ce couloir était blindé et, histoire de ne gêner personne, James se décala sur le côté pour attendre que la marée humaine se calme. Son regard émeraude se posait sur les élèves, saluant d’un signe de tête ceux qui le reconnaissaient, avant que celui-ci ne se fige complètement sur un élève en particulier. Un étudiant sans aucun doute, les cheveux d’un noir de jais, les yeux cernés de rouge et la peau presque jaunâtre. James était doué dans son domaine et il ne lui fallut pas longtemps pour faire le rapprochement entre cet état physique et la consommation un peu trop importante de drogues en tout genre.

Sa conscience professionnelle ne pouvait décemment pas laisser cet étudiant partir comme si de rien n’était. Il ne l’avait jamais vu à l’infirmerie, il était peut-être nouveau, mais il n’avait vraiment pas l’air en forme. Pour sa sécurité et celle des autres élèves, James se devait de l’attraper pour s’assurer que tout allait bien. Le médecin scolaire pressa donc un peu le pas, arrivant à la hauteur de cet étudiant avant de finalement le dépasser pour se planter face à lui. Son regard émeraude était plongé dans le sien, son visage restant toujours aussi neutre, ce qui pouvait paraître franchement déstabilisant.

« Excusez-moi de vous arrêter de la sorte, mais je suis le nouveau médecin scolaire depuis la rentrée et je ne crois pas vous avoir déjà vu à l’infirmerie. »

James regarda un peu alentours. Il y avait encore pas mal d’élèves autour d’eux, et il n’était pas idiot au point de discuter des possibles problèmes de santé de cet étudiant à voix haute dans un tel lieu. L’empêchant toujours de passer, l’Américain l’invita d’un signe de la main à faire demi-tour pour aller à un endroit un peu moins fréquenté de ce grand couloir. James était du genre têtu, surtout pour tout ce qui touchait à la santé alors si cet étudiant se mettait à courir, il aurait un Américain athlétique sur les talons !

« Je suis vraiment désolé si je manque de tact, mais est-ce que tout va bien ? Et n’essayez pas de me mentir surtout, je sais reconnaître des signes d’addiction quand j’en vois. »

James avait toujours été très (trop ?) direct, ce qui plaisait ou non, mais il avait horreur de tourner autour du pot. Ces yeux et ce teint… Cet étudiant devait énormément consommer. C’était peut-être derrière lui, il était peut-être encore en plein dedans, James ne le savait pas encore mais il se jurait de le découvrir. Il était plutôt du genre têtu quand il s’y mettait !


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MessageSujet: Re: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Mar 15 Mai - 23:19

Des signes apparents


Une nouvelle journée de cours venait de se terminer et Akihito se sentait étrangement bien malgré la courte nuit qu’il avait passé. De toutes manières, rares étaient les nuits réellement reposantes depuis son retour de clinique. Même si le garçon ressentait moins le manque qu’à l’époque, il lui arrivait encore fréquemment de rêver être dans son minuscule studio, une odeur âcre de transpiration et d’urine lui agressant les narines et un corps au visage flou s’afférant au-dessus du sien.
Les mois et les années avaient beau passer, la sensation de toutes ces mains sur son corps était encore bien présente. Lorsqu’il fermait les yeux, il sentait le souffle chaud de tous ces hommes caresser son visage aux joues creusées, ressentait leurs prises sur ses hanches étroites et amaigri, la douleur vrillant son corps alors qu’ils le pilonnaient.
Tout comme il se rappelait de cette sensation grisante d’abandon, de ces moments en dehors du temps et de cette réalité douloureuse qui était alors la sienne. Il se rappelait de cette torpeur salvatrice qui avait plusieurs fois failli l’emporter, de cette impression de dominer le monde et de cette toute puissance suivant ses quelques rails.
Parfois, il lui arrivait de vouloir ressentir cette confiance et ce bien-être artificiel au moins une fois de plus, mais pour l’heure la raison parvenait toujours à l’emporter sur ses désirs d’évasion.
La réalité était dure, mais elle était réelle.
Sans sa sœur, il n’était pas sûr qu’il serait encore de ce monde à l’heure actuelle. Elle avait réellement été d’un grand soutient pour lui qui, sans elle, serait sans doute retombé dans les affres de la drogues sitôt sortie de l’hôpital.
Il n’aurait pas été assez fort pour supporter l’après sans aide, il en était parfaitement conscient.
Mais Naomi était là pour lui. Sa petite sœur qui avait dû tant souffrir de sa crise, qui avait dû tant lui en vouloir d’accaparer toute l’attention de leurs parents avec toutes ses conneries et qui avait sans nul doute dû le détester de l’avoir laissé seule avec ces êtres dénués d’amour véritable.
Car leurs parents n’étaient capables d’aimer que le reflet de ce qu’ils étaient et non pas ce qu’étaient réellement leurs enfants. Akihito avait failli et Naomi avait été forcée de prendre sa place, d’être l’enfant normale qu’ils n’avaient pas eu la chance d’avoir du premier coup. Aki était un test, un échec, une ombre dans leur vie si rangée. Ils l’avaient purement et simplement effacé de celle-ci.
Mais Naomi l’avait accepté. Elle avait accepté cette coquille vide qui se trouvait être son frère. Elle avait accepté ce qu’il avait été, ce qu’il était et ce qu’il projetait de devenir.
Elle avait bien grandi, travaillait depuis peu dans une agence de pub en tant que graphiste et avait par sa propre volonté réussie à sortie du carcan imposée par ses parents.
Elle aussi s’était rebellée, mais elle avait appris des erreurs de son aîné et l’avait fait en douceur.
C’est en partie pour cette raison qu’elle accepta de l’héberger chez elle lorsque l’hôpital l’avait appelé, car il avait été la raison de sa prise de conscience.
Elle n’approuvait pas sa vie, mais elle comprenait les raisons l’ayant poussé à de telles absurdités. Peut-être que si leurs rôles avaient été inversés et qu’elle-même aurait été l’aînée de la famille, elle se serait retrouvé à sa place, avec ce lourd bagage qui était le sien.
Elle en avait longtemps voulu à Aki. Elle lui en avait voulu d’avoir brisé leur famille par son seul égoïsme, lui en avait voulu d’être le centre de l’attention de leurs parents et lui en avait voulu de l’avoir laissé seule face à ces êtres rêvant de contrôler sa vie. Elle lui en avait voulu de ne jamais la contacter après son départ du domicile familial et lui en avait voulu de s’être mis ainsi en danger, lui qui avait toujours eu de telles facilités et à qui la vie aurait pu tant apporter.
Mais lorsqu’elle l’avait revu au sortir de l’hôpital, que son regard avait croisé le sien et qu’elle avait vu toute la détresse au fond de ses prunelles cernées de rouge, elle n’avait pu se résoudre à le laisser tomber.
Il restait son frère, sa famille, sa chair et son sang.
Ils avaient leurs différents, mais il était une partie de son passé, une partie de ce qu’elle était.
Akihito ne prononça mot durant tous le trajet jusqu’à chez elle, pas plus que lorsqu’elle lui présenta le canapé qui fut son lit durant les premiers temps, avant qu’il ne s’en achète un vrai.
De toute manière, que pouvait-il bien dire ? Il était bien incapable de parler. Il avait honte de se montrer ainsi, honte de ce qu’il était devenu et honte que sa sœur le voie ainsi. Il savait qu’elle savait pour sa maladie. Si lui ne lui avait jamais rien raconter de ce qu’il avait vécu, il savait qu’elle savait. Il voyait dans ses yeux qu’elle avait compris ce qu’il avait fait, jusqu’où il avait sombré après son départ de la maison. Elle ne lui avait jamais rien demandé, mais il savait qu’elle savait.

Prenant une douce bien mérité, Akihito se sécha avec empressement avant d’enfiler son jean ainsi que son pull noir à col roulé et sortir du vestiaire.
Il venait de passer près de deux heures à courir, sauter, fléchir son corps moue et douloureux. S’il avait choisi l’athlétisme dans l’espoir de garder le peu de santé qu’il lui restait, il commençait doucement à le regretter.
Il n’avait pas l’habitude d’en imposer autant à son corps et ce dernier semblait décidé à lui faire défaut. Combatif, il donnait néanmoins le meilleur de lui-même. Il ne voulait pas flancher.

Déambulant dans les couloirs à la recherche de la sortie, le visage déconfit et cernés par son manque de sommeil couplé à ses exercices, il manqua de peu de rentrer dans l’homme venant tout juste de se planter devant lui, son regard émeraude le scrutant avec méfiance.
« Excusez-moi de vous arrêter de la sorte, mais je suis le nouveau médecin scolaire depuis la rentrée et je ne crois pas vous avoir déjà vu à l’infirmerie. »
Ne comprenant pas ce que cet homme lui voulait, Akihito sentait le stress le gagner doucement alors que, ne sachant quoi répondre, il se demandait ce qu’il avait bien pu faire de mal pour que ce géant se désignant comme le médecin scolaire vienne ainsi l’accoster en plein milieu d’un couloir bondé.
Avait-il fait une connerie ? Aurait-il du se présenter à l’infirmerie dès son arrivée ici pour un quelconque contrôle de routine ? Avait-il manqué une information aussi importante que ça ? Il ne lui semblait pourtant pas avoir de contrôle à faire… Il était à jour dans ses vaccins et, sinon sa prise régulière d’antiviraux, il était en plutôt bonne santé sachant d’où il partait.
Non, décidément il ne comprenait pas ce que cet homme lui voulait, mais il n’aimait pas du tout le regard avec lequel il l’observait.

« Je suis vraiment désolé si je manque de tact, mais est-ce que tout va bien ? Et n’essayez pas de me mentir surtout, je sais reconnaître des signes d’addiction quand j’en vois. »

C’était donc ça… Si même ses camarades de classe l’avaient remarqué, il était plus que logique que le corps médicale le remarque également.
Esquissant un sourire résigné en réponse à ces accusations des plus fondées, il soupira imperceptiblement avant de baisser les yeux et observer avec une infinie concentration ses chaussures. Des Vans noirs aux lacets blancs.

« Vous arrivez un peu tard, monsieur… Ne vous inquiétez pas, je vais bien. Puis-je rentrer chez moi maintenant ? »
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James P. Campbell
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MessageSujet: Re: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Jeu 31 Mai - 15:23


❝ Des signes apparents ❞

James n’avait jamais été connu pour sa délicatesse ou son tact. Quand il avait quelque chose à dire, il ne prenait jamais la peine de passer par des chemins détournés. Si sa franchise pouvait être une qualité, elle pouvait malheureusement se révéler être un vrai défaut, surtout dans son domaine professionnel. Il s’était amélioré avec le temps, trouvait des combines pour mieux faire passer la pilule quand il donnait un verdict médical pas forcément réjouissant, mais sa nature de rentre-dedans avait finalement refait surface avec ce pauvre étudiant qu’il avait stoppé soudainement dans le couloir du rez-de-chaussée. Le médecin scolaire aurait pu le héler, simplement lui toucher l’épaule pour qu’il se retourne, mais il savait que les Japonais n’étaient pas de grands adeptes du touché, et lui-même ne l’était pas. Un peu coincé cet Américain… Il s’était donc planté devant lui, manquant de se prendre sa cible de plein fouet, mais fort heureusement, celle-ci s’était arrêtée juste à temps, croisant son regard émeraude inquisiteur. Il ne voulait pas paraître grossier ou intrusif, c’était simplement qu’il était maladroit dans sa façon de s’exprimer. Il n’avait jamais été doué dans ses relations sociales, et c’était sans doute pour ça qu’il préférait bien souvent rester seul plutôt que d’enchaîner boulette sur boulette.

James invita l’élève à le suivre dans un coin un peu moins bondé avant de lui balancer clairement la raison qui l’avait poussée à le stopper dans sa marche. Il savait reconnaître les signes d’une addiction, lui-même aurait pu tomber dedans après son retour au front. Ce n’était pas passé à grand-chose que les drogues ou l’alcool fassent partie intégrante de son quotidien, mais à la place, l’Américain s’était donné corps et âme à son métier, au sport et… au café ! En voyant ce sourire résigné sur le visage de son interlocuteur, qui trouvait soudainement un grand intérêt à ses chaussures, James tiqua. Il avait vraiment merdé en l’accostant aussi abruptement…

« Je… »

Le médecin scolaire fronça les sourcils alors qu’il soupirait doucement, une main venant frotter sa nuque pour essayer de reprendre un minimum de contenance. Il avait fait une très mauvaise entrée en matière et il avait du mal à savoir comment il était censé faire pour se rattraper. Bon, pour commencer, il se recula juste un peu pour s’incliner très respectueusement devant cet étudiant dont il ne connaissait même pas le nom.

« Je m’excuse de m’être montré aussi abrupt, je ne voulais pas vous froisser. Est-ce que vous êtes vraiment pressé ? »

James se redressa et essaya de lui offrir un regard plus doux, même si son visage restait plutôt impassible. Mais il y avait déjà du mieux entre ce regard-là et celui très inquisiteur qu'il lui avait lancé dès sa première réplique !

« Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais que nous discutions un peu de votre état. Vous me dites que j’arrive trop tard, est-ce que ça veut dire que vous avez réussi à vous en sortir ? Je sais que vous devez vous dire que tout ceci ne me regarde pas, mais étant le médecin scolaire, je me sens un peu responsable de tous les élèves de cette académie, vous y compris. »

Le brun hésita un peu. C’était sans doute un peu pompeux de sortir des trucs comme ça, mais il avait envie de bien faire son travail, d’accompagner ces jeunes tout au long de leur scolarité, leur permettre de réussir et de rester en excellente santé. Il n’était pas psychologue, mais il avait vraiment envie de savoir par quoi cet étudiant était passé. Son témoignage pourrait très certainement l’aider si jamais il devait venir en aide à d’autres élèves victimes d’addiction !

« Je m’appelle James Campbell. »

Parce que malgré tout, James restait quelqu’un de très poli et que s’ils en venaient à échanger un peu plus tous les deux, c’était quand même mieux qu’il prenne la peine de se présenter ! Il n’avait pas voulu demander à cet étudiant de lui donner son nom en retour, pas vraiment certain qu’il accepterait de prendre un peu de son temps pour discuter avec lui. Est-ce que tous ses problèmes étaient vraiment derrière lui ? Par quoi avait-il bien pu passer pour en arriver à avoir cette apparence ? James était curieux de nature, mais cet étudiant l’intriguait tout particulièrement. Il voulait lui poser tout un tas de questions, apprendre ce qui avait pu le torturer à ce point pour qu’il en arrive là. C’était peut-être un moyen pour lui de se rendre compte que son propre traumatisme était insignifiant comparé à celui que pouvait avoir vécu ce jeune homme. Lui qui était un véritable handicapé social, pour une raison qui lui était parfaitement inconnue, il avait le sentiment qu’échanger avec cet étudiant ne pourrait que lui être bénéfique. Sans doute que sa demande était donc un peu égoïste…


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MessageSujet: Re: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Mar 19 Juin - 22:47

Des signes apparents


Un silence pesant suivit les mots du Japonais ne trouvant rien de mieux à faire que de fuir le regard du médecin en fixant ses chaussures.
Il savait que l’homme lui faisant face avait compris ce qu’il en était, ou plutôt ce qu’il en avait été et s’il ne voulait pas lui mentir, il ne se sentait pas encore prêt à affronter tout ça de manière aussi frontale.
Il n’avait pas encore assez de recul sur son passé pour parvenir à faire abstraction de cette douleur compressant son cœurs en réponse au regard inquisiteur de son aîné.
Il aurait voulu fuir, partir en courant sans demander son reste et se tenir le plus loin possible de cet homme sans aucune once de tact, mais il savait que là était la pire chose à faire.
Déjà, les chances que le médecin ne le prenne en chasse étaient assez élevées. Et si tel était le cas, Aki n’était pas sûr d’être en état de lui échapper bien longtemps.
Ensuite, quand bien même l’homme déciderait de le laisser fuir ou ne réussirait pas à le rattraper, l’ancien drogué ne doutait pas qu’en questionnant quelques élèves et en décrivant son physique quelque peu atypique l’Américain aurait tôt fait de retrouver son nom et sa classe.
Il n’avait donc aucun moyen de fuir, ni maintenant ni plus tard.
Génial…
Les lèvres pincées, Akihito écouta le médecin s’excuser sans un mot, n’osant pour l’heure pas soutenir son regard.
Au moins ce dernier reconnaissait-il son erreur de l’avoir abordé de la sorte, mais cela n’apaisait pas la salve de sentiments négatifs ayant gagné le jeune-homme à la simple idée de ce qu’il avait vécu.
Il savait bien qu’il lui serait impossible d’ignorer son vécu, que ce dernier le hanterait sans doute jusqu’à la fin de ses jours, mais il aurait au moins souhaité ne pas avoir à se le remémorer de manière aussi brutale, aussi gratuite.

Nouvelle technique de la part du docteur qui, d’une voix douce, tenta de rassurer un Aki au regard baissé, mais au sourire moqueur.
Pour qui le prenait-il ?
Certes, quelques uns de ses neurones avaient sans doute été flingués par la drogue, mais il n’en était pas encore au stade de croire aux minaudement de celui se présentant sous le nom de James.
S’il voulait bien croire que ce dernier s’inquiétait réellement du bien être de ses élèves, l’étudiant savait pertinemment que ce James était comme tous les autres. Il arrivait après la tempête et espérait sans doute qu’on le remercie pour ça.
Ou étaient-ils, lui et les siens lorsque Akihito avait réellement besoin de soutien ?
Que faisaient-ils lorsqu’il était affalé sur son matelas miteux, écume aux lèvres et orbites révulsées, loin, si loin de cette réalité que les hommes comme lui se plaisaient à venter ?
Pourquoi personne ne l’avait aidé lorsqu’il en avait eu besoin ? Pourquoi tous détournaient le regard en le croisant dans la rue, voyant bien dans quel état il se trouvait, mais préférant faire comme si de rien n’était plutôt que de se mouiller et appeler les secours ?
Certes, sans doute que l’adolescent qu’il était aurait envoyé péter lesdits secours, en aurait voulu à celui ou celle ayant tenté de le détourner de ce chemin qu’il avait de lui-même choisi d’emprunter, mais il savait pertinemment qu’une fois désintoxiqué il les en aurait remercié.
La haine d’un toxicomane n’avait rien de personnelle, elle n’était plus dicté par la raison, mais par la simple addiction.
Riant d’un air dépité, Akihito fini par relever son visage et croisé le regard pâle de l’homme lui faisant face.
Non, décidément, ce dernier possédait des prunelles magnifique.
Dommage que sa bouche ne parvienne à suivre la douceur de ses orbes émeraude.
« Sauf votre respect, je n’ai aucunement envie de discuter avec vous d’un passé révolu. Il n’y a aucun intérêt à remuer la merde sinon en faire ressortir les odeurs nauséabondes »
Plissant le nez d’un air écœuré à ces mots, il termina d’une voix calme quoi qu’implacable. « Je porte la responsabilité de mes choix passé, mais je ne les imposerais jamais à quiconque. Vous pouvez être rassuré quant à mes chers camarades de classe, ils ne risquent rien en ma présence »
De toute manière, c’est pas vraiment comme si j’avais énormément d’interaction avec eux, hésita à rajouter le brun, mais se content finalement d’un sourire contrit signifiant son intention de mettre fin à cette conversation des plus inutile, ne faisait que rajouter une nouvelle couche à son mal être déjà constant.

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MessageSujet: Re: Des signes apparents |PV Akihito Hayama|   Mar 26 Juin - 15:14


❝ Des signes apparents ❞

Leurs regards se croisèrent enfin, l’espace d’un instant. James avait vraiment cru que cette nouvelle approche, plus délicate, pourrait porter ses fruits, mais l’étudiant venait de lui lancer en pleine poire son nouvel échec. Il ne voulait pas discuter de tout ça avec lui. L’Américain resta un instant interdit à fixer son interlocuteur, les sourcils toutefois froncés devant cette image assez dure qu’il lui lançait. Le médecin scolaire garda le silence quelques secondes alors que ses yeux glissaient sur le visage de cet étudiant pour fixer ses lèvres. Un sourire qui en disait long, tout comme son comportement. James laissa finalement échapper un léger soupir alors que sa main venait frotter sa nuque. Il n’était vraiment pas doué pour parler aux gens, heureusement qu’il n’avait pas décidé de se lancer dans des études de psychologie, il se serait fait recaler aussitôt ! Il préférait les choses logiques, pour lesquelles on pouvait suivre un déroulement appris par cœur. L’âme humaine était bien trop complexe pour quelqu’un d’aussi maladroit que l’Américain.

Et là, James faisait face à un mur immense. Il comprenait bien qu’il avait été maladroit, que sa curiosité était certainement mal placée, que ce jeune homme avait sans doute vécu des choses plus terribles que lui, mais il n’avait pas imaginé avoir foiré à ce point son approche. Et puis, en y repensant, est-ce qu’il pouvait vraiment l’obliger à venir lui parler de tout ça ? Il semblait aller bien et il ne voulait pas croire que son interlocuteur puisse être mauvais au point d’entraîner ses camarades de l’Académie dans de sales histoires de drogues ou autre. Alors quelle raison avait-il encore de le retenir ? Absolument aucune. Si cet étudiant ne voulait pas parler avec lui, il ne l’y forcerait pas, il n’en avait pas le droit et surtout pas l’envie. Il était lui-même un peu dans le même cas après tout. Si on venait à lui demander de parler de son année sur le front, James savait qu’il ne pourrait tout simplement pas sortir un seul mot. Il avait vu tellement d’horreurs là-bas, des choses qui l’empêchaient de trouver le sommeil, de retrouver une vie normale…. Alors il comprenait.

« Encore une fois, il semblerait que j’ai été maladroit dans mes mots. Je comprends que vous n’ayez pas envie de parler de tout ça et je ne vais pas insister, c’est votre droit et je ne suis pas psychologue. Quoi qu’il en soit, si jamais vous avez besoin, n’hésitez pas à passer à l’infirmerie de l’Académie. Je ne suis pas là pour mettre des bâtons dans les roues à qui que ce soit, simplement pour aider les élèves à aller au bout de leurs études dans les meilleures dispositions possibles. »

James avait repris son air un peu plus froid. Il avait voulu faire des efforts, montrer qu’il pouvait être une oreille attentive au besoin, comme il le faisait souvent avec d’autres élèves ou même avec certaines personnes qu’il côtoyait, mais cet étudiant ne voulait pas de son aide. Il s’était présenté alors si jamais il changeait d’avis, ce jeune homme saurait où le trouver. Le brun allait vraiment devoir travailler sa communication avec les gens, parce qu’il se savait nul, mais là, il avait l’impression d’être plus que médiocre. Gabriel était tellement plus à l’aise que lui quand il s’agissait de discuter avec des gens, la preuve étant qu’il avait réussi à discuter avec un James étudiant plus que fermé, un James qu’il avait même réussi à faire sourire et rire. Une grande prouesse, un exploit dont peu de personnes pouvaient se targuer.

« Je ne vais donc pas vous retenir plus longtemps. Je m’excuse à nouveau de vous avoir accosté de la sorte et d’avoir empiété sur votre précieux temps. Passez une bonne fin de journée. »

James était déçu, déçu de sa si grande maladresse, mais aussi de ne pas avoir réussi à montrer à cet élève qu’il aurait pu être un soutien dans sa vie de tous les jours. On avait le cœur sur la main ou on ne l’avait pas ! Peut-être qu’il n’était pas prêt aujourd’hui, mais qu’un jour viendrait où il passerait la porte de son infirmerie pour discuter avec lui. Le médecin scolaire n’avait pas grand espoir sur le fait que l’étudiant le rattrape dans ce couloir à présent vide pour revenir sur sa décision de ne pas parler de tout ça, alors il se contenta de s’incliner respectueusement avant de tourner les talons. Décidément, il était vraiment nul dès qu’il s’agissait d’ouvrir la bouche pour parler. S’il avait été plus tactile, s’il n’avait pas été au Japon, et s’il n’y avait pas eu cette relation médecin-étudiant, peut-être qu’il aurait essayé une autre approche. Non, ce genre de choses, c’était plutôt ce que Gabriel était capable de faire. Lui avait déjà du mal à prendre des gens qu’il connaissait dans ses bras alors faire un câlin réconfortant à un parfait inconnu…

Soupirant à nouveau alors qu’il s’éloignait dans ce couloir, James remit bien en place son sac sur ses épaules. Histoire de se changer les idées, il allait aller faire un tour à la piscine municipale. Ça ne pourrait que lui faire du bien de s’épuiser en faisant des longueurs ! Et puis, ça lui éviterait de penser un peu trop à sa pitoyable prestation avec cet étudiant…


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