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 C'est la rentrée ! |PV Jilian|

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James P. Campbell
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MessageSujet: C'est la rentrée ! |PV Jilian|   Mer 2 Mai - 15:05


❝ C’est la rentrée ! ❞

James avait encore une fois très mal dormi, mais comme rarement depuis son retour du front, ce n’était pas à cause de ses cauchemars douloureux et sanglants. Cette fois, il avait tout simplement tellement stressé qu’il n’avait presque pas réussi à fermer l’œil de la nuit. La raison de ce stress ? Un changement de poste un peu soudain qui allait encore une fois lui faire quitter le petit confort qu’il s’était construit avec sa routine à l’hôpital. L’Américain était arrivé à Nara au début de l’année 2018, commençant immédiatement à travailler dans l’hôpital de la ville en tant que médecin généraliste. Tout se passait pour le mieux, ses patients étaient chaque semaine plus nombreux à vouloir le voir et ils repartaient tous contents d’avoir été pris en charge par quelqu’un d’aussi compétent et sérieux. Bon, plusieurs jeunes femmes lui avaient fait remarquer qu’il serait l’homme idéal s’il se déridait un peu, mais James avait toujours eu du mal à ne pas rester constamment concentré et sérieux, encore plus quand il s’agissait de son travail. On ne rigolait pas avec la médecine après tout !

Après 2 mois à officier dans cet hôpital, James avait été convoqué par ses supérieurs. Intrigué, et sans doute un peu stressé d’apprendre qu’ils avaient peut-être pu avoir de mauvais retours sur son travail, l’Américain fut étonnamment surpris d’apprendre qu’on lui proposait, en plus de ses patients ici, à l’hôpital de Nara, d’effectuer des permanences dans cette grande Académie de renom qu’était Yokuboo. Apparemment, le médecin scolaire en poste là-bas avait dû partir précipitamment avant la fin de l’année et ils avaient besoin de quelqu’un pour le remplacer. Les supérieurs de James, ayant eu vent de son excellent travail dans leur hôpital, mais aussi de son souhait de se spécialiser dans la pédiatrie, lui avaient donc fait cette proposition. Ce n’était que 2 jours par semaine et ce n’était pas avec des enfants mais plutôt des adolescents et jeunes adultes, mais pourquoi pas ? James avait accepté, un peu anxieux à l’idée de devoir se familiariser avec un nouvel environnement. Il s’était juste habitué à l’hôpital que déjà on lui demandait de s’habituer à un autre lieu, bourré de monde.

Le mois qui suivit se passa très bien, le directeur de l’Académie semblait ravi de pouvoir compter sur les permanences de James, n’arrêtant pas de lui dire qu’il lui sauvait la vie. L’Américain pensait que tout allait s’arrêter avec la nouvelle rentrée scolaire qui approchait. Le directeur avait très certainement fait ses recherches pour embaucher un nouveau médecin scolaire et il n’aurait plus besoin que James vienne faire des permanences dans son établissement. Seulement, lors de son dernier jour avant les vacances de fin d’année, l’Américain fut convoqué dans le bureau du directeur qui lui annonça qu’il avait décidé de lui offrir le poste de médecin scolaire de Yokuboo dès la rentrée d’avril. James, qui habituellement était doué pour cacher ses émotions, n’avait pas pu s’empêcher de regarder l’homme avec de grands yeux ronds. Il n’avait jamais dit que c’était ce qu’il voulait, qu’il ne voulait plus de son poste à l’hôpital mais… l’Américain était de ceux qui ont du mal à dire non quand on insiste un peu et qu’on leur lance un tel regard de biche. Ce directeur était vraiment fourbe !

James avait donc fini par accepter ce nouveau poste qu’on lui offrait. Ses permanences s’étaient très bien passées, il s’était habitué au brouhaha de cette Académie renommée et il appréciait pouvoir être en contact avec des plus jeunes. Il profita donc des vacances scolaires pour vider son cabinet à l’hôpital, remerciant chaleureusement ses anciens supérieurs de lui avoir permis de profiter d’une telle opportunité et… Voilà, le jour J était finalement arrivé : celui de la rentrée scolaire d’avril 2018 ! C’était encore un nouveau tournant dans la vie de l’Américain qui, faute d’avoir réussi à dormir, s’était levé aux aurores pour aller courir dans le parc afin de se changer un peu les idées. Le vent frais du matin qui lui fouettait le visage avait réussi à atténuer un peu cette appréhension qui lui tiraillait l’estomac. Ce n’était pas un grand changement, il avait déjà travaillé 2 jours par semaine pendant un mois entier dans cet établissement. Tout se passerait bien. Oui, tout se passerait bien… En pleine course, James s’arrêta finalement, s’accroupissant en plein milieu d’une allée déserte, pour se frotter énergiquement la tête. Rhaaaa ! Il flippait quand même ! Il voulait appeler Gabriel pour qu’il puisse le rassurer un peu ! Quel foutu gamin il était ! Il était difficile de croire, en le voyant à ce moment précis, qu’il avait passé un an sur le front !

Après son jogging matinal, James retourna dans son appartement miteux pour prendre ses affaires, fourrant le tout dans un sac à dos. Il  n’avait pas beaucoup d’effets personnels et se disait que, de toute façon, il aurait largement le temps de remplir son bureau à l’infirmerie au fil des jours. Vêtu d’une chemise et d’un pantalon de costume noirs, de chaussures cirées de la même couleur, James enfila un manteau bleu foncé pour ne pas risquer de prendre froid. Le directeur l’avait contacté avant la rentrée pour lui proposer de commencer par faire connaissance avec le reste des membres du personnel, de se familiariser avec les locaux, puis de prendre possession des lieux à l’infirmerie. C’est donc avec son sac sur le dos et les mains dans les poches de son manteau, qu’il marcha, la boule au ventre, à destination de l’Académie. Il resta un moment immobile devant le grand portail qui marquait l’entrée de l’établissement. Ça grouillait déjà de monde, c’était agréable. Un peu plus serein, l’Américain prit immédiatement la direction du bâtiment administratif pour se rendre à la salle de repos réservée aux membres du personnel.

Quand il poussa la porte, il constata, un peu déçu, que personne n’était encore arrivé. James remonta un peu son manteau et la manche de sa chemise pour regarder l’heure. Ah, bah pas étonnant… Il avait près de 30 minutes d’avance ! Bon, tant pis. Maintenant qu’il était là… L’Américain retira son manteau qu’il posa délicatement sur le dossier d’une chaise avant de presque se jeter sur la cafetière qu’il venait de repérer du coin de l’œil. Café ! Il lui fallait du café ! DU CAFÉ BIEN NOIR ! Non, non, James n’était pas du tout accro… Le nouveau médecin scolaire s’empressa de faire couler ce précieux liquide noir dans un gobelet en plastique, portant aussitôt celui-ci à ses lèvres pour le boire d’une traite, lâchant, un peu plus fort que prévu, un long soupir de bien-être. Le café, y’avait que ça de vrai !


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Jilian Doe
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MessageSujet: Re: C'est la rentrée ! |PV Jilian|   Sam 5 Mai - 16:45

Jilian n'avait jamais vraiment su s'il aimait bien les rentrées scolaires ou pas. D'un côté, la rentrée signifiait le retour à l'école, le début des cours, la sensation joyeuse d'apprendre des nouvelles choses en pagaille, et éventuellement se faire quelques amis. De l'autre, ça voulait dire avoir des horaires, et ça, c'était quand même un peu plus compliqué... Qui avait inventé les horaires fixes ? Parce que c'est quand même une drôle d'idée quand on y réfléchit bien. Pour ne pas dire une idée pourrie.  On lui avait expliqué, c'est mieux pour la société, c'est plus facile. Un argument qu'il jugeait fort peu pertinent. Après tout, dans la nature, les meutes de loups savaient très bien quand manger, quand faire la sieste, et quand s'accoupler sans avoir besoin de s'être mis d'accord des mois à l'avance sur le calendrier des vacances, sans avoir signé de contrat stipulant des horaires précises, et sans avoir besoin non plus qu'on ne leur envoie de convocations par la poste pour leur annoncer la date de la petite sauterie spéciale rentrée.

Et c'était bien ça le problème.
Si Jilian avait été un loup, il ne serait pas à quatre pâtes dans ses cartons pas encore déballés à la recherche de la maudite convocation lui annonçant où et à quelle heure il était prié d'aller socialiser avec ses nouveaux collègues. Il avait bien dû la mettre quelque part, mais la question c'était où. Il faut bien dire qu'il était parti de Tokyo sur un coup de tête, ou de coeur, si bien qu'hormis ses cartons de livres, le reste avait été fait avec la minutie d'un éléphant polissant les figurines en verre de sa grand-mère (celle de Jilian, pas de l'éléphant voyons, les grands-mères éléphants n'ont pas de figurines en verre à polir, rapport au fait qu'elles n'ont pas la minutie pour. Il faut suivre un peu.).

Cela faisait des années qu'il travaillait au même endroit, ce qui est une façon étrange de présenter les choses. Jilian avait un mi-temps en tant que remplaçant dans les différentes bibliothèques universitaires de Tokyo. Si bien qu'il passait de lieu en lieu sans jamais avoir vraiment le temps d'y laisser sa marque, ce qui était toujours un peu frustrant. À peine avait-il commencé à repérer les lieux, les collègues, la richesse des catalogues qu'il lui fallait déjà partir sans avoir pu rencontrer les visiteurs des lieux...
Heureusement, à côté, il avait aussi un mi-temps dans une petite bibliothèque de quartier qu'il affectionnait beaucoup. Elle était petite, certes, mais ses visiteurs étaient extrêmement curieux et toujours demandeurs de nouveautés ou d'événements. Il avait adoré organiser des séances de lectures collectives ou chacun venait lire quelques pages de son roman préféré. Que de surprises les personnes présentes avaient eues ! Un jeune loubard se passionnait pour les histoires d'amour et avait même fini par lire les siennes (à vous fendre le coeur en deux !), une grand-mère (qui collectionnait peut-être des figurines en verre, Jilian n'avait jamais eu le temps de lui demander) lisait des manifestes d'obscurs mouvements d'avant-garde, une gamine avait appris l'annuaire par coeur et était capable de vous en rendre sa récitation palpitante (personne n'avait jamais compris comment, on suspectait la gamine de sorcellerie. Mais comme un jeune cadre supérieur leur lisait régulièrement des documents historiques sur les sorcières, personne n'y voyait le moindre inconvénient). Au fil du temps, il avait ainsi réussi à créer une petite communauté et c'était non sans regret qu'il s'était résigné à la quitter.

Il était parti à cause d'une histoire de coeur. C'était d'une banalité qui l'agaçait, mais c'était un fait. Il était en couple avec cette homme depuis trois ans, deux ans qu'ils vivaient ensemble. Jilian aimait cette petite vie confortable, cette sensation de bulle chaude et douce quand il rentrait le soir. Le temps pouvait défiler, ils restaient là, ensemble, toujours fidèles à eux-mêmes. Et c'était bien pour ça que l'autre avait fini par partir. Parce qu'il avait fini par s'ennuyer. Parce qu'il voulait plus. Parce que Jilian ne changeait pas et ne changerait pas. Bref, il s'ennuyait, il partait voir ailleurs, chercher ce "plus" que Jilian n'était pas prêt à offrir parce que "trop apathique".

Et peut-être qu'il avait raison, qu'il était trop apathique. Parce qu'il n'avait pas réagi dans un premier temps. Il s'était fait largué avec la dignité de la reine d'Angleterre face à la bêtise humaine (chapeau compris, encore que celui de Jilian était beaucoup plus coloré. De là à dire que Jilian a bien meilleur goût en matière de chapeau que la reine d'Angleterre, il n'y a qu'un pas que les Anglais ne pardonneraient sans doute pas à l'Américain qu'il était...). Il n'avait pas réagi. Il avait continué sa vie. Mais rentrer le soir du travail devenait de plus en plus douloureux, le silence insupportable. Si bien qu'un jour que le responsable d'une des bibliothèques universitaires où il avait atterri lui demandait ce qu'il souhaitait pour son avenir, il avait répondu qu'il cherchait un poste dans une autre ville, qu'il aimerait pouvoir partir de Tokyo. Le responsable parût surpris. Apparemment, lui non plus ne pensait pas Jilian capable de tout quitter comme ça, sur un coup de tête. Toujours est-il que quand il revint pour y travailler la semaine suivante, le responsable lui proposa un poste dans l'académie Yokuboo, située à Nara. Ils avaient besoin d'un bibliothécaire. Jilian serait responsable des lieux, et n'aurait plus à courir de lieu en lieu. S'il était intéressé, le responsable pouvait le recommander. Jilian faisait certes office d'excentrique où qu'il aille, mais c'était un travailleur consciencieux, extrêmement respectueux des livres et de leurs lecteurs, plein de bonnes initiatives. Il accepta. Ses nombreuses bonnes références lui ouvrirent les portes de l'académie sans grande difficulté. Il avait fait ses cartons et était parti...

pour arriver seulement deux jours avant cette rentrée d'avril 2018.
Il avait passé la veille entière à ranger sa bibliothèque, ce qui lui paraissait le plus important. Il avait voulu continuer, mais avait dû s'interrompre : dans un carton, se trouvait la collection de petites figurines en verre que les visiteurs de la bibliothèque de quartier avait tenu à lui offrir pour célébrer son départ. C'est uniquement à ce moment-là que Jilian réalisa tout ce qu'il avait perdu à Tokyo : son groupe de lecture, ses habitudes, sa bibliothèque, l'homme qu'il aimait et la vie qui allait avec. Si bien qu'il avait passé une partie entière de la nuit à pleurer. Au matin, il était fatigué, n'avait aucune idée d'où était rangée cette foutue convocation et avait finalement décidé que tant pis. Après tout, il avait retrouvé son chapeau fétiche, le grand noir avec des fleurs bleues. Avec ça, il savait que tout se passerait bien !

Tant pis, il irait au pif !
C'est ainsi qu'il arriva à l'académie et se mit en quête de l'endroit où un tel événement pouvait avoir lieu. Par chance, il tomba sur un surveillant qui pût le renseigner tout de suite. Malgré son retard, la salle était encore quasiment vide, à l'exception d'un homme près de la machine à café, un homme qui semblait avoir aussi bien dormi que lui.

Mon gars, t'as voulu une nouvelle vie... nous y voilà !

Toujours sur le pas de la porte, il prît une grande inspiration et se dirigea vers la machine à café à côté de laquelle se tenait l'homme et lui tendit la main en lui faisant son plus beau sourire.

Bonjour ! Je m'appelle Jilian ! Vous aimez le café vous aussi ?

Tout en se demandant combien de temps il devait rester la main en l'air comme ça avant de pouvoir se servir lui aussi un café, il se dît qu'il avait déjà fait pire comme entrée en matière...
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James P. Campbell
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MessageSujet: Re: C'est la rentrée ! |PV Jilian|   Mar 15 Mai - 14:36


❝ C’est la rentrée ! ❞

James avait presque développé une addiction au café depuis son retour au Japon. Il en avait toujours bu beaucoup pendant ses études de médecine, histoire de pouvoir rester éveillé jusqu’à pas d’heures pour travailler encore plus ses cours, mais c’était pire depuis son année sur le front. Cette aventure l’avait profondément marqué et les nuits remplies de cauchemars réduisaient bien trop drastiquement ses heures de sommeil pour qu’il puisse tenir une journée entière les yeux ouverts sans en boire des litres. Il savait que c’était mauvais de trop en boire, mais il n’avait rien trouvé de mieux pour contrer les effets terribles de ses insomnies récurrentes. Le pire était que James était endurant, il pouvait tenir longtemps avec peu de sommeil, jusqu’à finalement atteindre ce moment où son corps le rappelait à l’ordre, le forçant à se plonger dans un profond sommeil pour récupérer quelques forces. Et dès que son corps se sentait un peu plus en forme, la boucle se répétait. C’était épuisant, mais l’Américain voulait croire qu’il pourrait s’en sortir. Il était fort, il pourrait y arriver. Et puis, il avait Gabriel pour l’aider maintenant.

Buvant presque cul sec son café bien corsé, plongé dans sa bulle de bien-être en sentant le liquide chaud couler le long de sa gorge, le nouveau médecin scolaire fut violemment tiré de ses rêveries par une voix qui s’élevait juste à côté de lui. James sursauta tellement qu’il en manqua de faire tomber le gobelet qu’il tenait dans les mains. Heureusement qu’il était vide ! Son regard émeraude se posa alors sur le visage de cet inconnu qui lui faisait face et qui lui avait parlé avec énergie. C’était rare de voir des gens aussi souriants et motivés dès le matin ! James n’était pas du matin lui, il aimait trop son lit. Enfin… Il l’aimerait plus s’il pouvait y trouver correctement le sommeil… Restant un moment interdit à fixer cet étrange énergumène face à lui, l’Américain tiqua en voyant la main qu’il lui tendait depuis plusieurs secondes déjà. Aussitôt, il s’empressa de la serrer avec un peu de poigne.

« Ah, bonjour. Désolé, je ne vous ai pas du tout entendu arriver. Enchanté de faire votre connaissance hum… Jilian-san. »

Jilian, ce n’était pas très japonais ça. Et vu le physique qu’il avait, il ne semblait pas du tout l’être. Enfin, le physique ne faisait pas tout dans ce pays, il l’avait appris ! Est-ce que le suffixe de politesse était quand même de mise avec cet homme qui semblait aussi étranger que lui à ce pays ? Bouaf, tant pis. James avait toujours été très (trop) poli.

« Je m’appelle James Campbell, je suis le nouveau médecin scolaire. On m’a dit de me rendre ici pour faire la connaissance de mes nouveaux collègues alors… Me voilà. Vous travaillez ici vous aussi ? Depuis longtemps ? »

James n’était pas aussi souriant que son vis-à-vis, son visage restant neutre alors que ses yeux se plantaient dans ceux de ce fameux Jilian. C’était souvent perturbant de voir quelqu’un vous fixer de la sorte, mais le médecin adorait regarder les gens dans les yeux quand il leur parlait. Sans doute une déformation professionnelle, comme s’il essayait de percer à jour les véritables sentiments des gens de cette manière. Les patients qui mentaient, il en avait eu à la pelle. L’Américain lâcha finalement la main de l’homme, se rendant compte qu’il avait continué à l’agiter tout ce temps. Bon sang, il était vraiment trop stressé même si ça ne se voyait pas sur son visage !

« Je… Je peux vous servir une tasse de café en attendant que les autres arrivent ? Je ne sais pas trop comment vous l’aimez, je l’ai préparé bien noir et hum… Je ne sais pas s’il y a du sucre ou même du lait dans cette pièce. »

Il devait sûrement y en avoir, mais où ? James n’avait pas trop envie de se mettre à fouiller partout et risquer de se taper l’affiche devant quelqu’un qui connaissait mieux cette pièce que lui, ou même risquer d’ouvrir un placard qui n’était pas censé l’être mais bon… Il n’allait quand même pas servir un café aussi fort à Jilian si celui-ci le préférait plus doux ! James n’avait d’ailleurs pas vraiment répondu à la question de son interlocuteur, mais vu comment il avait sifflé son précédent gobelet, l’homme devait bien se douter d’à quel point il aimait le café.

« Sinon, je peux vider la cafetière et vous laisser en préparer un qui vous conviendra plus. »

James, ce héros. Il était vraiment capable de s’enfiler toute la cafetière s’il le fallait ! Ça le ferait sans doute tenir jusqu’au déjeuner ! D’ailleurs… Il avait complètement oublié de se prendre un en-cas, ne sachant même pas si les membres du personnel avaient le droit de se rendre à la cafétéria pour y manger. Décidément, il était un peu trop arrivé ici en mode YOLO…


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Jilian Doe
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MessageSujet: Re: C'est la rentrée ! |PV Jilian|   Dim 20 Mai - 19:25

L’autre semblait nerveux. Jilian avait le coup d’œil pour ce genre de chose, et clairement, James, puisque tel était son nom, était nerveux. Il ne saurait dire comment il le savait. Peut-être une autre autour de l’homme, une fatigue dans la voix ou une tension des épaules. Ou alors peut-être était-ce le fait qu’il lui avait serré la main non-stop pendant une bonne minute complète. Il faudrait que Jilian vérifie dans le manuel en rentrant, mais il était presque sûr qu’une poignée de main correcte ne devait pas durer aussi longtemps. Il faudrait aussi qu’il achète un manuel sur la Poignée de Main Correcte. Décidément, il était à peine arrivé et la liste des choses à faire n’en finissait pas de s’agrandir ! Peut-être qu’il trouverait son bonheur à la bibliothèque, une fois que le médecin lui aurait lâché la main, lui rendant ainsi sa liberté. Si le livre n’y était pas, il le commanderait. Aucun doute que cela serait d’un grand secours à bon nombre d’étudiants ici !

Mais voilà qu’il s’était encore égaré dans ses pensées tandis que James continuait de secouer sa main. Jilian n’était pas bien sûr de la conduite à adopter. S’il ne savait pas combien de temps était censé durer une poignée de main, il ne savait pas non plus ce qu’il était censé devoir faire de ses yeux. Où devait-il regarder ? Son regard paniquait légèrement. Allant du gobelet que le médecin avait presque renversé, à sa main dans la sienne, à cafetière, à la table, à nouveau ses mains. La main de James était d’un contact agréable. Enfin c’était peut-être simplement le fait d’avoir un contact humain qu’il trouvait agréable. Une poigne ferme qui dégageait une légère chaleur. Il ne voyait finalement aucun inconvénient à ce que cette poignée de main dure… d’autant qu’il y avait une chance pour qu’il se trompe lui-même et que cela soit bien la durée réglementaire d’une poignée de main.

« Non, je suis tout nouveau ici moi aussi… Je suis le nouveau bibliothécaire, c’est mon premier jour. Du coup c’est très curieux parce que je viens passer mon premier jour dans un bâtiment que je ne vais finalement pas tellement fréquenter… »

En revanche, si la poignée de main était agréable, James avait les yeux rivés sur les siens, ce que Jilian n’appréciait pas du tout… Il avait aussitôt l’impression que sa cicatrice près de l’œil gauche le brûlait, qu’elle rougissait violemment et devenait ainsi visible aux yeux de tous. C’était comme avoir un trou dans la tête, aussitôt, l’autre pourrait voir tout ce qui lui passait par l’esprit et vraiment, ce n’était pas la sensation la plus agréable qui soit. Surtout pour une première rencontre !

Aller mon gars c’est rien. C’est à peine visible. Tout le monde te l’a dit. Même ton ex ! Alors qu’il était plutôt observateur. Mais pourquoi tu penses à ça maintenant ? Diversion ! Il faut faire diversion… Non attends, il est médecin ! Lui il va voir, il est habitué à ce genre de chose. C’est grillé direct. FUIS. Mais non qu’est-ce tu dis ? Si on fuit il va savoir qu’on a un problème. STOP ! Il a posé une question !

Jilian avait lancé la discussion sur le café, parce qu’il fallait bien commence quelque part et que ça semblait être un sujet inoffensif. Il n’avait jamais prévu qu’on allait lui demander comment il aimait son café ! Est-ce qu’il aimait le café d’ailleurs ? Là d’un seul coup il n’en était plus si sûr… Vous savez, c’est comme quand on vous demande ce que vous écoutez comme groupes de musique, et d’un seul coup, votre esprit devient blanc, complètement blanc. Et vous pouvez avoir une collection de trois-cent-vingt-deux albums, vous bredouillez à grand peine un nom sans être bien sûr que vous écoutez vraiment ce groupe….
Jilian se retrouvait donc dans cette impasse à cet instant.

Est-ce qu’il aimait le café ?
Et si oui, comment est-ce qu’il l’aimait ?
Qu’est-ce qu’il aimait boire d’ailleurs ?
Pourquoi cet homme lui posait-il donc des questions aussi compliquées en le fixant dans les yeux comme ça ?

« Ha oui, un café, avec grand plaisir ! »

Après tout, s’il n’avait pas la réponse, autant suivre l’autre… L’homme lâcha enfin sa main, et comme il allait prendre la cafetière, le lâcha enfin du regard. D’un coup agile, Jilian replaça son chapeau de façon à l’incliner. Maintenant son flamboyant couvre-chef couvrait aussi son œil gauche. Un plan parfait et d’une discrétion digne d’un éléphant dans un mini-golf.

Encore un éléphant ? Mais qu’est-ce que t’as avec les éléphants aujourd’hui ??

Jilian se retrouva donc avec un gobelet de café dans les mains. Il le leva pour trinquer, et en bût une gorge… qu’il recracha aussitôt dans sa manche. Non, il n’aimait pas le café… Ça y est ça lui revenait… Le café était une substance épaisse, noirâtre, et affreusement amère. Pourquoi est-ce qu’il s’était embarqué là-dedans ?

Il espérait vraiment que l’autre ne pouvait pas lui voir à travers la tête, parce qu’à l’instant, il était en pleine panique à l’idée d’avoir commis le pire des impairs en crachant ainsi la boisson proposée par son hôte. D’autant que celui-ci semblait en raffoler, si bien qu’il l’avait ainsi privé d’une tasse de nectar que lui-même n’était pas capable d’apprécier !

Crétin…

Alors qu’il toussait encore des gouttes de café dans sa manche, il parvint à reprendre sa respiration, redressa la tête aussi fièrement qu’il le pouvait encore, replaça son chapeau qui était sur le point de basculer, et avec un sourire tremblant.

« Est-ce qu’on peut dire que ce premier jour est très stressant et qu’on a donc tous le droit à un joker ? Promis je vous revaudrai ça ! »
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MessageSujet: Re: C'est la rentrée ! |PV Jilian|   

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