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 Piqûre de rappel |PV Gabriel|

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James P. Campbell
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MessageSujet: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Ven 26 Jan - 12:51


❝ Piqûre de rappel ❞

   
La guerre faisait rage. Des explosions grondaient au loin, le sol tremblait sous ses pieds. Des coups de feu résonnaient, toujours de plus en plus près de lui. Des cris, des hurlements, des pleurs. Cette cacophonie était insupportable, presque autant que cette odeur et ce goût de fer trop prononcés qui l’envahissaient. Il devait fuir, et pourtant, ses jambes ne voulaient plus répondre. Il restait figé, en plein cœur du champ de bataille. Soudainement, le silence tomba. Plus aucun bruit, si ce n’était cette légère brise qui soulevait ses cheveux ébène et caressait son visage. Cette douce brise qui fut suivie d’une douleur lancinante. Une douleur si vive au niveau de son épaule qu’il s’entendit hurler alors que ses genoux fléchissaient et sa main se plaçait au niveau de l’impact pour essayer d’arrêter ce liquide rouge et chaud qui ne cessait de s’écouler de cette plaie béante. Cette douleur le fit se réveiller. James venait de se redresser vivement dans son lit, essoufflé, en sueur, la main crispée sur la cicatrice au niveau de son épaule, vestige de son année passée sur le front et de cette blessure par balle qui lui avait valu d’être rapatrié au Japon, loin de ce tumulte de cris, de pleurs et de coups de feu.

L’Américain dut prendre plusieurs minutes pour se calmer, inspirant et expirant lentement et profondément pour chasser cette douleur invisible de sa tête. Il n’avait plus mal depuis longtemps, cette blessure avait cicatrisé et pourtant, il avait toujours l’impression que la plaie était ouverte. Se laissant finalement retomber sur son matelas, James attrapa son réveil. 5h00. Soupirant bruyamment, le brun reposa son réveil et envoya valser ses draps. Ça ne servait à rien d’essayer de se rendormir, il savait qu’il n’y arriverait pas de toute façon. Il commençait à travailler 3 heures plus tard alors autant se lever maintenant. La première chose qu’il fit fut de prendre une bonne douche, essayant de chasser ces pensées de sa tête. C’était dur tous les jours, mais il tenait bon. Des gens avaient besoin de lui, il ne devait pas se laisser aller de la sorte. Après être resté plus que de raison sous l’eau chaude de sa douche, le médecin attrapa son costume composé d’un pantalon noir près du corps et d’une chemise de la même couleur. Ébouriffant ses cheveux, il leur laissa le soin de sécher par eux-mêmes. Ça ne servait à rien d’essayer de les coiffer, ils n’en faisaient qu’à leur tête de toute façon.

James se fit un bon café bien noir et bien corsé, s’installant sur son balcon après s’être couvert d’une veste. Il aimait admirer la vue sur ce parc paisible. Il n’y avait pas encore grand-monde dehors, et le ciel était encore un peu sombre, mais une belle journée se profilait. L’Américain resta de longues minutes à siroter son café, le regard perdu un peu dans le vague, avant de finalement rentrer. Il lui restait encore un peu de temps avant d’aller travailler donc plutôt que de regarder ce parc, pourquoi ne pas tout simplement aller s’y promener ? Le médecin enfila ses chaussures de ville noires et attrapa un bon gros manteau bien chaud bleu foncé à capuche. Il attrapa sa sacoche avec ses papiers et son portefeuille, la passa autour de son cou, mit son portable dans une des poches de son pantalon et sortit. Son appartement était vraiment très modeste au vu de ses moyens financiers, mais il n’avait pas besoin de plus. Il se satisfaisait de ce petit confort. Il avait été habitué à tellement moins l’année précédente qu’il devait se réhabituer au confort petit à petit. Il était à Nara depuis peu après tout, et il n’arrivait pas encore à s’habituer au calme de cette petite ville.

Après une longue balade dans le parc aux daims, les mains dans les poches, James prit le chemin de l’hôpital. Son service commençait dans un moment, mais il n’avait rien d’autre à faire alors arriver en avance lui permettrait de prendre quelques patients supplémentaires. On était bien loin des blessures béantes à soigner, à recoudre ou même des opérations très lourdes. Là, James avait bien souvent à traiter les petits bobos de tous ces braves habitants de Nara. Rhumes, contrôles de santé, vaccins… Rien de bien folichon, mais il fallait reprendre en douceur. James salua ses collègues en arrivant, se dirigeant vers son cabinet. Il retira son manteau qu’il suspendit au portemanteau pour le troquer contre sa blouse blanche. Il alluma son ordinateur et consulta son planning. Bien, pas une minute de repos, c’était ce genre de journée qu’il préférait. Il n’avait le temps de penser à rien d’autre. L’Américain attrapa ses lunettes pour les mettre sur son nez. Il n’avait pas de gros défaut de vue, simplement que rester sur son ordinateur le fatiguait assez vite s’il ne les portait pas. Et puis, il semblerait que ça le rendait encore plus craquant selon ses collègues féminines.

La journée passa à toute vitesse, les patients s’enchaînant dans son cabinet. James avait très peu dormi et pourtant, il n’était pas plus fatigué que ça. Son endurance était vraiment à toute épreuve, sans aucun doute renforcée par les litres de café corsé qu’il ingurgitait chaque jour. C’était presque devenu une drogue. Le médecin ne prit qu’une petite pause pour le déjeuner, attrapant un sandwich pour aller le manger dans la petite cour réservée aux membres du personnel de l’hôpital. Il avait bien sûr attendu une heure où il ne serait pas dérangé. Pas qu’il n’aimait pas les gens, juste qu’il avait besoin de calme. C’était ce qu’il pensait, mais au fond il avait terriblement besoin de discuter avec quelqu’un, de contact, d’un peu de chaleur humaine. Ses échanges avec ses collègues se résumaient à des politesses, certaines ayant malgré tout tâté le terrain pour savoir s’il avait quelqu’un dans sa vie. Mais il n’était déjà pas prêt à avoir un chien alors quelqu’un dans sa vie…

Soupirant en s’adossant contre son siège derrière son bureau, James joignit ses mains pour étirer ses bras au-dessus de sa tête dans une petite grimace. Il avait besoin de se dégourdir un peu les jambes, et tout le reste du corps en fait, mais il lui restait encore un dernier patient pour pouvoir raccrocher sa blouse et filer à la piscine. L’entraînement, encore, toujours. S’occuper pour ne pas penser. Le médecin ne regarda même pas son ordinateur pour voir le nom de son dernier patient, se levant finalement pour aller le chercher dans la salle d’attente. Il avait même gardé ses lunettes sans faire attention tellement il était concentré sur ce qu’il faisait. Appuyant sa main contre l’encadrement de la salle d’attente, il fixa son dernier patient de son air impassible. C’était certain que niveau accueil, on avait vu beaucoup mieux ! Mais James était là pour faire son boulot, pas pour se faire des amis. Et tout le monde s’accordait sur le fait qu’il le faisait très bien.

   
« Dr Campbell, vous devez être mon dernier patient. Si vous voulez bien me suivre, mon cabinet est juste là. »

   
Le regard émeraude de James se posa sur le jeune homme qui venait consulter. Hum, il devait avoir à peu près son âge, sans doute plus jeune. Ses yeux bleus et les traits de son visage… Il ne devait pas être japonais. Ou du moins, ses origines ne l’étaient pas. Il était au Japon depuis bien assez longtemps pour reconnaître un étranger. Pourquoi est-ce qu’il venait consulter ? L’Américain n’avait même pas pris le temps de regarder ni son nom, ni la raison de sa venue. Heureusement que c’était son dernier patient… Il continua de le détailler, restant toujours aussi impassible après sa petite tirade de présentation assez froide, son regard se fixant alors sur ce grain de beauté sous sa lèvre. Et là, James eut un moment de flottement, son cœur semblant avoir loupé un battement. Ce… Ce n’était pas possible hein ? Plissant les yeux, il préféra tourner le dos à son patient pour lui montrer le chemin, l’invitant à entrer dans son cabinet pour refermer la porte derrière lui. Il avait tourné la page alors pourquoi il pensait à lui ? Et puis, sérieusement, combien y’avait-il de chances pour que ce soit lui ? Après tout ce temps, à l’autre bout du monde, dans une ville aussi paisible ?

   
« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici ? »

   
James essaya de chasser toutes ces pensées, ne regardant pas son écran de peur d’y découvrir une vérité qui lui ferait peut-être mal. Il n’en savait rien en fait. Il avait lutté de toutes ses forces pour oublier… Son passé qu’il essayait d’enfouir au plus profond de lui serait-il en train de lui revenir en pleine figure juste maintenant ?


   ©️ Halloween

   

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Dernière édition par James P. Campbell le Jeu 22 Fév - 16:45, édité 1 fois
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Gabriel C. Jefferson
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Sam 27 Jan - 15:37

Piqûre de rappel
Petit à petit, son monde changeait. Les asiatiques croisés partout n'étaient plus des étrangers ou des touristes mais bien de simples habitants, les restaurants n'avaient plus rien à voir avec ceux en Amérique, les émissions de télé étaient d'une culture différente et la vie paraissait tout simplement recommencer à zéro. On avait prévenu Gabriel que le Japon restait un monde à part, que certains les trouvaient ridicules alors que d'autres les mettaient carrément sur un piédestal mais quand il avait décidé de partir là-bas professionnellement, jamais il n'avait pensé à tout ça même s'il avait conscience que sa vie ne serait plus comme avant.

Fermant la porte de son vestiaire, Gaby se dirigea vers le miroir commun où sa tête fatiguée lui apparue brutalement. Le décalage horaire lui faisait beaucoup de mal et travailler en journée ne l'enchantait pas particulièrement mais parce qu'il était nouveau et de surcroît étranger, il n'avait pas eu son mot à dire. Il savait qu'il allait devoir faire ses preuves avant de pouvoir demander des choses et il respectait ça.
Il avait été plutôt bien accueilli par le patron tout comme les employés, ne recevant que des compliments sur ses beaux yeux bleus, un avantage "réel" non négligeable quand il voyait que les autres devaient jongler avec les lentilles pour appâter. Dès sa première journée, il avait remarqué la différence très nette entre les hôtes américains et les hôtes asiatiques. Ici, tout se basait presque sur la coiffure et le style visuel alors qu'en Amérique, c'était plus sur le physique en général. Les corps bien sculptés, la virilité exacerbée et le charisme à outrance. Un peu comme s'il allait devoir tout reprendre depuis le début ici aussi. Jusque-là, il s'en sortait pas mal malgré les horaires de journée qui annonçaient forcément moins de clients.
Le top s'appelait Hiroyuki, il avait les cheveux oranges, les yeux lentillés verts et dépassait à peine les 1m70. De vue, il avait l'air cool mais après quelques échanges, Gabe avait remarqué cette prétention qui se dégageait de lui et qui faisaient fuir les autres. Beaucoup d'autres hôtes le critiquaient dans les vestiaires mais Gabriel préférait se taire, et faire sa place sans marcher sur les autres.
Se donnant deux petites tapes sur les joues pour se motiver, il releva le col de sa chemise noire et souffla sur sa mèche de cheveux avant de quitter le vestiaire. Il ne devait pas faire d'heures supplémentaires aujourd'hui, son patron avait été clair "tes vaccins ne sont pas à jour, je ne veux pas prendre de risques pour quoique ce soit" et même si Gabriel ne faisait rien de mal pendant le travail, il n'avait pu qu'appuyer la décision de son patron. Bilan, il avait un vaccin à faire ce soir ...

La journée fut rythmée et peu ennuyeuse. Les petits soucis (provisoires espérons) de langage faisaient rire certaines clientes qui s'amusaient à le corriger et à demander une bouteille gratuite au bout de plusieurs fautes. Si ça pouvait l'aider à faire des efforts, pourquoi pas ... Jusque-là, il s'en était sorti avec des sourires et des caresses ajustées.
Mais ce client, le dernier de la journée n'était pas comme les autres. Déjà, c'était un homme. Le seul qu'il avait dans ses clients pour le moment, un visage fermé et ridé, il devait approcher de la 60aine, son crâne était dégarni depuis longtemps et sa bedaine ne pouvait plus être cachée malgré des vêtements sûrement larges volontairement. Ça faisait 2 fois qu'il venait demander Gabriel, 2 fois qu'ils discutaient de choses peu intéressantes et 2 fois qu'il réclamait un baiser en fin de rencontre. En tant qu'hôte, Gabriel avait déjà eu de tout car les américains ne sont pas différents niveau manières. L'argent permettait aux moches d'espérer le temps d'une soirée d'être comme les autres. Mais ce mec le dégoûtait plus que tout, il croyait réellement qu'un portefeuille bien rempli lui ouvrirait les meilleures portes? Mais il gardait conscience que s'il satisfaisait ce client, le patron allait le remarquer ...

"Bonjour Shioka-san. Je suis tout à vous."

Et après avoir fait une petite courbette, les deux hommes s'installèrent sur une banquette peu à l'écart. Il n'y avait que les clients VIP qui avaient le droit à une pièce privée pour y faire ce qu'ils voulaient. Ni Gabriel, ni Shioka-san n'étaient là depuis suffisamment de temps pour se le permettre. Alors Gabe devait faire face aux sourires peu discrets de ses collègues qui se moquaient de ce vieux grincheux qui espérait se taper le nouveau. Ils en avaient déjà parlé dans les vestiaires, certaines espéraient juste que "l'américain se plante" mais les autres priaient sincèrement pour que ce client fasse une erreur et soit rayé de la liste. Après tout, Gabriel pouvait très bien lui déplaire lors d'un rendez-vous et le suivant pouvait être l'un d'entre eux.

Ce soir-là, à la fin de la rencontre, Gabriel du encore l'embrasser et préféra même fermer les yeux pour se concentrer et ne pas tout gâcher. Même le baiser n'était pas agréable, à n'en pas douter il n'en n'avait pas l'habitude. Cette main posée sur le haut de son postérieur lui fit rompre le baiser et, avec un sourire calculé, Gaby pu enfin s'en séparer. Il avait bu bien plus que de raison alors qu'il travaillait et ce stress de le revoir toutes les semaines lui minait le moral. Il devait être plus fort et se concentrer sur les autres clientes, ces jolies (ou presque) jeunes femmes dont les rires gênés le mettaient de bonne humeur ...
Retournant dans le vestiaire alors que l'heure de son rendez-vous approchait, Gabriel surprit une petite conversation alors que la porte était mal fermée. Il ne comprit pas tout car ils parlaient plutôt rapidement mais il entendit son nom, le mot "mérite" ainsi que celui de "dommage" aussi. Il ne su quoi penser de ça et rentra dedans en baissant les yeux. Sans ami ni connaissance ici, ça n'allait pas être simple.

Le jeune américain se changea en silence et quitta le bâtiment sans attendre. Il ne faisait pas spécialement froid mais il avait sorti tout l'attirail quand même car il ne pouvait pas se permettre de tomber malade dès les premiers jours. Vêtu d'une doudoune noire lui arrivant aux hanches et d'une écharpe blanche assez fine quoique longue, il glissa les mains dans les poches de son jean bleu foncé et en sorti son téléphone pour revérifier l'heure de son rendez-vous et l'adresse du cabinet du médecin en question. Il s'engouffra dans le métro dès qu'il le pu.
Il arriva sur place 3 minutes avant l'heure annoncée et s'installa dans la salle d'attente après avoir donné son nom. Il se demandait comment il allait devoir expliquer en japonais qu'il était venu pour un vaccin (vaccin qu'il avait récupéré dans le frigo des employés de son bâtiment juste avant de partir). Son patron lui avait fait une fleur en prenant le rendez-vous pour lui ...

Une voix le sortit de ses rêveries et le fit tourner la tête alors qu'il se redressait.
...
Est-ce qu'il était si fatigué que ça? Gabriel savait qu'il avait du sommeil en retard, que sa journée avait été rude et que le froid le rendait susceptible mais est-ce que son cerveau lui jouait aussi des tours? Il avait entendu le nom "Campbell" et maintenant qu'il le voyait ce médecin, il était persuadé que c'était James qu'il avait sous ses yeux. Plus viril, plus mature aussi et ses lunettes le changeaient un peu mais il en était sûr à 99%. C'était James.
Silencieux, Gaby s'attendit à une petite remarque du style "oh merde, c'est toi? Genre vraiment?" mais ... rien. Le visage de ce médecin inconnu restait impassible et Gabe n'osa rien dire de peur de se tromper. Le docteur tourna le dos rapidement et l'instant qui aurait du être magique comme il l'avait été dans ses multiples rêves de retrouvailles fut juste ... à chier. Est-ce qu'il avait rêvé?

S'avançant dans la pièce, ne prenant même pas le temps de regarder la décoration, il s'installa sur le truc froid et peu confortable des médecins et sorti le vaccin de sa poche alors qu'il enlevait écharpe et doudoune.

"Je dois me faire vacciner pour pouvoir continuer à travailler ... Mais je couve peut-être quelque chose, j'ai l'impression que j'ai des hallucinations."

C'était un peu grossier de balancer ça comme ça de but en blanc car il risquait d'être pris pour un drogué ou de mettre en avant le fait qu'il avait bu suffisamment d'alcool pour ne plus trop savoir comment parler sagement mais ... pouvait-il réellement laisser passer cette chance? Si ce docteur n'était pas son James, alors il lui prescrirait des somnifères ou un petit séjour en HP mais ... et si c'était lui? Est-ce qu'il avait l'intention de l'ignorer? Gabriel ne pensait pas avoir tant changé que ça après tout même si plusieurs années avaient passé depuis leur "rupture" kilométrique.
En attendant, il était beau son docteur avec sa blouse blanche et ses yeux verts. C'était la plus belle hallucination de toute sa vie.

"Jimbo ..."

Parce que c'était qu'un surnom que sa famille lui donnait, parce que c'était une révélation qu'il lui avait fait à l'époque, parce que Gabriel l'avait toujours appelé comme ça quand il souhaitait attirer son attention ... Si ce mot ne le faisait pas réagir ou ouvrir les yeux, alors sûrement devrait-il demander des médicaments puissants pour combattre ce qui lui arrivait. Quoiqu'une telle hallucination avec Shioka-san pouvait arranger les choses après tout ...
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James P. Campbell
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Ven 23 Fév - 16:11


❝ Piqûre de rappel ❞

 
À son retour du front, lorsqu’il était arrivé dans la paisible ville de Nara, James avait décidé de tourner la page sur les 27 dernières années de sa vie. Il voulait tout reprendre à zéro, tout recommencer, réapprendre à vivre normalement. Il s’était résigné, mais ce dernier patient allait très certainement faire voler en éclats toutes les bonnes résolutions qu’il avait prise en arrivant ici. Comme quoi, essayer de fuir quelque chose n’était pas forcément la meilleure des solutions puisque ça vous revenait toujours en pleine figure quand vous vous y attendiez le moins. Cette silhouette, ce visage, ces cheveux… Bien sûr qu’il l’avait reconnu. Ce grain de beauté juste sous sa lèvre qu’il avait tant embrassé… James était perdu, littéralement. Il ne savait pas comment réagir alors il fit ce qu’il savait faire le mieux : son travail, avec le plus grand sérieux du monde. L’Américain tourna le dos à la salle d’attente et retourna à son cabinet, son patient sur les talons. Est-ce que c’était vraiment lui ou son imagination lui jouait-elle des tours ? Ou est-ce que c’était quelqu’un qui s’était amusé à lui faire une mauvaise blague en se déguisant de la sorte ?

Tout un tas de scénarios tous plus improbables les uns que les autres se bousculaient dans la tête de James qui reprit place sur son siège en attendant de connaître les raisons de la venue de ce patient à l’hôpital. Cette voix… James grogna un peu en soupirant, se laissant retomber contre le dossier de son siège alors qu’il retirait ses lunettes pour les poser sur son bureau. Il avait beau ne pas y penser, essayer de faire comme si… C’était impossible. Ses doigts vinrent pincer l’arrête de son nez alors qu’il fermait les yeux. Un vaccin. C’était juste un vaccin à faire. Et les hallucinations, c’était lui qui était en train de les avoir, il ne pouvait pas en être autrement. James était en pleine phase d’auto-persuasion quand son cœur loupa un nouveau battement avant de se serrer, lui tirant une grimace alors qu’il rouvrait un œil. « Jimbo »… Il n’y avait que 3 personnes au monde à l’appeler comme ça. L’auto-persuasion ne pouvait plus fonctionner à présent. C’était lui. C’était bien lui. L’Américain se leva et avança vers le divan d’examen où s’était installé son patient. Pas un seul regard. James resta parfaitement immobile, scrutant ces doigts qui tenaient le fameux vaccin, et soudainement, comme s’il était victime d’un malaise, son corps partit vers l’avant.

 
« Gabe… »

 
Ses bras passèrent autour de ce corps qu’il avait si souvent serré par le passé, son étreinte se faisant plus forte alors qu’il venait lover son visage dans le creux du cou de son patient. Ses doigts se crispaient presque désespérément sur le haut de Gabriel, comme s’il avait peur que cette illusion ne disparaisse. Comment c’était possible ? Et surtout…

 
« Pourquoi ? »

 
James n’arrivait plus à se détacher de lui, s’enivrant de son parfum qui lui avait tant manqué pendant toutes ces années. Gabriel avait été le plus grand amour de toute sa vie. Le plus fort. Et pourtant, il n’avait pas hésité à lui briser le cœur en ne donnant plus aucun signe de vie du jour au lendemain, quand ses parents avaient fait pression pour qu’il quitte la ville, puis le pays. Il l’avait laissé partir sans même le retenir, sans chercher à avoir des nouvelles, en lui réduisant le cœur en miettes. Et pourtant, James se raccrochait à lui avec tant de forces…

 
« Qu’est-ce que tu fais ici ? C’est impossible… »

 
Comment deux personnes qui ne s’étaient plus donné aucunes nouvelles depuis des années pouvaient se retrouver, par le plus beau des hasards, à l’autre bout du monde, dans cette petite ville japonaise, dans cet hôpital, à cet instant précis ? James avait peur de le regarder dans les yeux, il avait peur d’y voir du dégoût suite à cette étreinte qu’il ne voulait pas rompre. Il l’avait déjà repoussé une fois après tout et là, il n’était certainement pas au meilleur de sa forme pour pouvoir supporter un nouveau rejet. Son corps s’était immiscé entre ses jambes pour optimiser le contact avec son corps à lui, un bras restant bien collé dans son dos alors que son autre main venait se perdre dans ses cheveux sombres. La gorge et le cœur du médecin étaient serrés comme jamais. Il était tellement chamboulé qu’il n’était même plus foutu d’aligner trois mots.

 
« Tu m’as tellement manqué Gabe… »

 
S’il n’avait pas déjà versé toutes les larmes de son corps quand il s’était retrouvé sur le champ de bataille, nul doute qu’il se serait laissé aller à pleurer dans les bras de celui qui avait été autrefois son amant. James voulait tout savoir, mais il était effrayé autant qu’il était curieux. Gabriel avait certainement refait sa vie. Comment pourrait-il en être autrement après tout ce temps ? Lui, en revanche, en avait été parfaitement incapable.


  ©️ Halloween

 

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Gabriel C. Jefferson
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Dim 25 Fév - 17:08

Piqûre de rappel
Gabriel ne pouvait pas s'empêcher de regarder James faire le moindre mouvement. Ça faisait des années maintenant qu'il ne l'avait pas revu, des années qu'il tentait de l'oublier, de tourner la page pour pouvoir être heureux avec une autre personne mais ce qu'il ressentait là tout de suite maintenant qu'il le voyait, il savait ce que c'était : des sentiments. Il l'aimait toujours et même s'il avait été fâché à cette époque que son Jammychou ne cherche pas à surpasser ses parents pour revoir l'amour de sa vie, aujourd'hui il avait pardonné. Ça lui hachait encore un peu le cœur de le voir ainsi, à priori en pleine forme et surtout adulte, conscient qu'il aurait pu revenir à Miami mais qu'il ne l'avait jamais fait. Sûrement avait-il ses raisons et si Gabe était au Japon aujourd'hui, ce n'était pas pour James même si cette situation avait fait partie de ses rêves les plus fous.
Il l'observa enlever ses lunettes, soupirer, grogner ... était-il de mauvaise humeur ? Ou finalement totalement déstabilisé de se retrouver devant lui ? Comment interpréter le fait qu'il ne disait rien ? Même s'il était fâché lui aussi, il pouvait lui parler, l'engueuler, lui demander des explications mais au moins réagir !

Comme les choses n'avançaient pas et que Gabriel, même pratiquement sûr, pensait toujours à une possible hallucination, il parla de la raison de sa venue et glissa un surnom qu'il savait très personnel en espérant que ça allait faire réagir son cher médecin. Au pire, il prétexterait qu'il avait pensé tout haut ...
Il y eut une réaction. Gabe avait cherché son regard pour y déceler une révélation, des paupières écartées et une bouche ouverte en grand mais celui-ci se contenta de venir vers lui, de scruter son vaccin et Gabriel se dit que la mission était un échec. Il se demandait déjà comment tenter autre chose, comment réussir à poser simplement la question sans paraître indiscret quand ...
Ah, voilà. Fermant aussitôt les yeux sous ce contact espéré mais inattendu, Gabriel tenta de calmer sa respiration pour garder le contrôle. Mais ses mains bougèrent sans attendre et il le serra contre lui à son tour. Il retrouvait son James adoré, il ne s'était pas trompé ! Sa voix si profonde lui donna même un frisson et il eut envie de rester ainsi pour toujours, d'oublier la raison de sa venue ici ou même au Japon. Plus rien n'avait d'importance maintenant qu'il l'avait retrouvé.

Malheureusement pour lui, James demanda "pourquoi" et soudainement, tout prit une autre tournure. Pourquoi est-ce qu'il était là ? Pour le travail car non il n'était pas un stalker qui avait carrément changé de pays pour le retrouver. Pourquoi est-ce qu'il avait attendu tout ce temps ? Parce qu'il était fâché et qu'il avait essayé de tourner la page. Et que cette rencontre n'était qu'un pur hasard ... Pourquoi est-ce qu'il l'avait quitté d'un coup sans chercher à le retenir ? Pourquoi est-ce qu'il n'avait pas répondu à ses appels ? Là, c'était plus délicat.

"James, je ..."

Par où commencer, sincèrement ?
Est-ce que c'était dans un tel contexte qu'ils devaient se retrouver ? Gabriel avait imaginé 1 000 fois la scène mais jamais dans un cabinet de médecin, jamais lui n'était assis sur ce truc ! Il se sentait ridicule ! Non,
il ne pouvait pas tout lui déballer maintenant, c'était pas envisageable.

Glissant sa main sur la joue de son médecin désormais favori, Gabriel lui redressa le visage pour le regarder de plus près. Il avait enlevé ses lunettes et c'était plus flagrant que jamais. Il lui plaisait tellement encore,
il en esquissa même un sourire et colla son front au sien pour bien lui faire comprendre qu'ils devaient parler mais que tout n'était pas encore bien clair là-dedans.

"On doit parler tous les deux, j'ai tellement de choses à te demander, à te dire mais ...
je dois aussi vraiment avoir ce vaccin sinon je vais me faire découper en rondelles."


C'était cocasse !
Ça gâchait un peu l'ambiance mais si ça pouvait redonner le sourire à son James aussi froid que d'habitude quand on ne le connaissait pas un peu, alors tant mieux !

Par quoi allait-il commencer ? Lui expliquer que ces retrouvailles n'étaient pas volontaires de base, que c'était vraiment un coup de chance. Gabriel avait beau toujours ressentir des choses pour James, il était conscient que des années avaient passé, qu'il avait peut-être refait sa vie selon les règles de ses parents, qu'il était peut-être toujours hors de question que lui en fasse partie. Gabriel n'était pas idiot et replonger tête la première dans une relation qui était toujours vouée à l'échec n'était pas dans ses projets. Il n'était plus ce jeune adulte qui pouvait supporter de rester caché par amour, aujourd'hui il voulait vivre une relation pleinement assumée sans risque qu'un proche vienne le foutre dehors.

"Tu n'as tellement pas changé, je vais dire merci à mon patron demain pour avoir pris ce rendez-vous ici. J'enlève aussi mon haut ?"

C'était dur, très dur de paraître naturel alors qu'il avait envie de le toucher, de l'embrasser, de le harceler de questions. Gabriel ne voulait pas rester une minute de plus dans ce cabinet, il espérait secrètement que James le pique en moins de deux et qu'ils s'échappent tous deux pour aller parler ailleurs mais son médecin était sûrement trop sérieux pour ça. Peut-être n'avait-il pas l'envie de discuter ce soir ?
En tout cas, Gabe lui avait manqué et ça ... ça le rendait super heureux, si heureux qu'il avait bien du mal à cesser de sourire.
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James P. Campbell
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Mer 28 Fév - 12:19


❝ Piqûre de rappel ❞

 
« Jimbo ». Ce seul surnom avait réussi à mettre à bas toutes les bonnes résolutions de James concernant son passé. Lui qui avait voulu si fort tourner la page pour essayer de remonter cette pente interminable afin de retrouver un semblant de vie normale… Tout venait de voler en éclats. Le médecin n’avait pas pu s’empêcher de prendre Gabriel dans ses bras, s’accrochant presque désespérément à lui. Hors de question qu’il tourne la page. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus. Plus depuis qu’il l’avait revu et depuis qu’il avait pu profiter de cette étreinte qu’il avait imaginée à plusieurs reprises depuis leur séparation. Il avait tant rêvé de le retrouver, de s’excuser, de lui dire qu’il l’aimait toujours, mais est-ce que c’était vraiment le cas ? James était perdu. Il avait seulement l’impression que Gabriel était comme cette lumière au bout du tunnel, qu’on poursuivait sans cesse pour continuer à aller de l’avant. Il avait cherché une raison de poursuivre, s’étant jeté corps et âme dans ce nouveau boulot, mais ça ne lui suffisait pas. Il avait besoin d’autre chose pour continuer à le pousser. Et cette chose, il voulait que ce soit lui. Il voulait que ce soit Gabriel.

L’Américain ferma les yeux, resserrant encore plus son étreinte quand il sentit que son ancien ami et amant l’enlaçait à son tour. Il ne semblait pas avoir hésité. Est-ce qu’il était encore fâché contre lui ? Est-ce qu’il lui en voulait de ne pas avoir tenu tête à ses parents ? James voulait des réponses, mais plus encore, il voulait profiter de cette chaleur humaine qui lui avait tant manquée, cette chaleur qui émanait de son corps à lui. Le médecin frissonna en sentant ce contact sur sa joue, le faisant se reculer à regret alors qu’il empoignait toujours le haut de Gabriel. Ses yeux émeraude se perdirent dans l’azur de ceux de son vis-à-vis, avant qu’ils ne se ferment au contact de leurs fronts. Bon dieu ce qu’il lui avait manqué ! James était dans sa petite bulle, ayant presque l’impression de flotter tant cette situation le portait, mais il revint bien vite sur terre avec les mots de son patient. Ah oui. Le vaccin. L’Américain rouvrit les yeux et se détacha complètement de Gabriel, tendant sa main en silence pour qu’il lui donne ce pour quoi il était venu au départ.

 
« Désolé. Je… Je te fais ça tout de suite. Pardon de t’avoir retardé. »

 
James fronça un peu les sourcils. Quel idiot de sortir des trucs comme ça ! Et sur ce ton si froid alors qu’il était si content de le revoir ! Le médecin se recula pour aller se nettoyer les mains bien comme il fallait, déballant le vaccin avant de revenir vers Gabriel qui ne cessait de lui sourire. Et ce sourire avait toujours été communicatif. L’Américain sentit ses lèvres doucement s’étirer alors qu’il revenait vers le divan d’examen.

 
« Tu… Tu peux rester en t-shirt. Ça sera suffisant pour le vaccin et… ça te va si je te fais un petit contrôle rapide en même temps ? Histoire que tu ne sois pas venu que pour te faire piquer et t’assurer que tout va bien. »

 
Lui aussi voulait s’assurer que Gabriel allait bien. Après tout ce temps, qui sait ce qui avait pu se passer dans sa vie ? Il parlait de son travail, de son patron qui lui avait pris ce rendez-vous mais… Qu’est-ce qu’il faisait au juste ? Il se souvenait de tous les petits boulots qu’il avait enchaînés à Miami. Est-ce qu’il faisait la même chose au Japon ? James attendit de pouvoir attraper le bras de son patient pour approcher la seringue de sa peau. Il savait que des tas de gens avaient horreur de ces décomptes qui étaient plus stressants qu’autre chose, alors il avait pris pour habitude de capter le regard de ses patients en leur tapant la discute pour leur faire oublier qu’une aiguille allait se planter dans leur peau. Ça marchait plutôt bien généralement, alors pourquoi pas avec Gabriel ?

 
« Ton patron ? Qu’est-ce que tu fais comme boulot maintenant ? Oh et… Est-ce que… tu es occupé ? Après ça je veux dire. Je… Tu étais mon dernier patient de la journée. D’habitude, je reste faire quelques heures supplémentaires, mais si ça te dit on… on peut aller se boire un café. »

 
Et hop, juste avant qu’il ait eu le temps de finir sa phrase, le vaccin était déjà terminé ! Gabriel devait avoir souvenir que l’Américain était comme drogué au café, mais c’était d’autant plus vrai maintenant qu’il était à Nara. Après tout ce qu’il avait vécu et le peu de sommeil qu’il arrivait à avoir, il lui fallait souvent plusieurs litres de café par jour pour réussir à ternir la distance. Le vaccin terminé, James s’éloigna pour se débarrasser de la seringue, revenant avec un coton qu’il appuya sur la zone de contact avec l’aiguille.

 
« Je te laisse appuyer dessus le temps que ça arrête de saigner. »

 
Toujours aussi concis dans ses phrases, mais on ne pouvait pas changer le James sérieux à outrance quand il s’agissait de son travail. Il alla chercher ensuite son tensiomètre et son stéthoscope, enroulant le scratch du premier autour de l’autre bras de Gabriel, le gonflant en silence pour vérifier que tout était bon de ce côté-là grâce à son stéthoscope. Tout était parfait. Le médecin retira le scratch, déposa son outil un peu plus loin et invita son patient se tourner juste un peu pour se placer dans son dos. Il releva son t-shirt et plaça l’extrémité du stéthoscope sur sa peau. Ce truc était toujours super froid et tirait toujours des frissons aux gens !

 
« Respire fort par la bouche s’il-te-plaît. »

 
Si James n’était pas aussi sérieux dans son travail, nul doute qu’il aurait fini par lui arracher ce t-shirt pour se coller à ce corps chaud qu’il avait l’impression de toujours connaître par cœur. Chaque ligne, chaque courbe, chaque grain de beauté…


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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Sam 28 Avr - 13:37

Piqûre de rappel
Ah ... Il aurait dû parier ! Ce petit rappel à l'ordre sur la raison de sa venue dans ce cabinet aujourd'hui venait effectivement de gâcher l'ambiance. Gabriel avait toujours eu du mal à savoir quand ou comment dire les choses, se contentant plus facilement de les dire comme il en avait envie sans penser qu'en face, ça pouvait blesser ou déstabiliser. Il était sociable, très sociable même et n'avait aucun mal à se faire des amis mais souvent, on lui disait qu'il manquait de tact ou encore qu'il devrait tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Ce n'était pas qu'il était têtu mais jusque-là ... il n'avait pas changé.
Tendant le vaccin qu'il avait glissé dans sa poche, Gabe secoua la tête pour faire entendre à James qu'il n'avait pas à s'excuser. Au fond, c'était lui-même qui ressentait une légère gêne d'avoir dû repousser James. Mais c'était pas plus mal, s'il restait trop près de lui, il était certain qu'il n'allait pas pouvoir se retenir de l'embrasser sans même lui demander son autorisation.

L'ambiance retrouva un semblant de professionnalisme alors que James se préparait et que Gabriel prenait une grande respiration. Un vaccin, c'était pas très douloureux mais il haïssait la vue de la seringue et l'idée que ça allait rentrer dans sa peau. Il imaginait toujours que ça n'allait pas fonctionner la 1ière fois, qu'il allait devoir recommencer et ça le rendait un peu à cran.
Et pourtant, il gardait son sourire car à côté de sa petite peur enfantine, pouvoir voir Jammy bouger et parler était la plus belle des distractions. Il avait le médecin le plus sexy de l'univers.

"Oh bey si tu as le temps, ça me dérange pas. Normalement tout va bien mais si ça peut te rassurer de t'en assurer, fais-toi plaisir, examine-moi."

Il avait souri, non ? Un tout petit léger étirement de lèvres qu'il ne connaissait que trop bien, ce sourire si rare pour les autres, si essentiel pour Gabriel. La 1ière fois qu'il l'avait vu sourire, il se souvenait que ses joues avaient pris une teinte rosée sous la surprise, il l'avait charmé avec si peu de choses, avant même de commencer à dévoiler son caractère, ses connaissances, ses mimiques ... Juste ce sourire.
C'était peut-être dans cet état d'esprit "à l'aise" que Gabe avait osé dire "examine-moi". S'il voulait qu'il se mette à poil pour vérifier l'intégralité de la vigueur de son corps athlétique, alors ... non, il devait penser à autre chose. Vite.

Heureusement pour lui, James prit son bras et Gabriel perdit son sourire. Ça n'allait pas tarder et ... et ... il fut absorbé par la conversation de son médecin préféré. Avant même qu'il ne puisse répondre quoi que soit, la petite piqûre était passée, le vaccin était terminé. Délicatement, il le regarda poser le petit coton pour absorber la goutte de sang fuyante et prit le relais alors qu'il répondait enfin à ses questions :

"Tu vas sûrement trouver ça dégradant, peu valorisant voire même carrément choquant mais je suis hôte. Je tiens compagnie aux gens le temps d'une soirée. Je le faisais déjà quand j'étais en Amérique et j'ai eu une opportunité financière de venir essayer ici."

Sur le coup, il eut bizarrement l'envie de rajouter qu'il ne couchait avec aucun client mais il se retint. Il aurait aimé que James le sache mais il ne savait pas trop ce que celui-ci allait bien pouvoir lui répondre. Si c'était un truc du genre "C'est ta vie, tu fais comme tu veux.", à coups sûrs ça allait le blesser alors valait mieux éviter le sujet pour l'instant. James allait peut-être déjà critiquer son métier et lui dire qu'il pouvait trouver mieux ou simplement lui dire d'être prudent, allez savoir ... Au bout d'autant d'années, prévoir ses paroles était devenu compliqué.

"Ok pour le café, ma journée est terminée, j'ai tout mon temps et je pense que ça tombe bien qu'on puisse discuter tout de suite, sans attendre."

Que craignait-il ? Que James s'enfuit ? Non, pas spécialement mais qu'une sorte de fossé s'installe entre eux peut-être. Pour que leurs deux mondes ne reprennent éventuellement qu'un seul et même chemin commun, ils devaient déjà réduire la distance créée au fil des années et surtout réussir à aborder les sujets devenus tabous avec le temps. Gabriel lui en voulait toujours d'être parti même s'il n'allait évidemment plus réagir de la même façon. Aujourd'hui, il savait qu'ils pouvaient en discuter calmement et essayer de comprendre mais la blessure était toujours ouverte. Est-ce que James gardait cette même rancœur envers lui d'avoir coupé les ponts du jour au lendemain ? Est-ce qu'il allait être compréhensif sur les raisons de ce choix à l'époque ? Ça le stressait.

Le petit examen de routine commença et Gabriel se laissa docilement faire, observant minutieusement les gestes de James, appréciant le contact de ses doigts sur sa peau, s'évadant quelques secondes en pensant à ce qu'ils allaient pouvoir partager tous les deux maintenant ...
Se tournant, il eut un léger sursaut face au froid du stéthoscope sur son dos, respirant fortement mais peu longtemps car il ne pouvait s'empêcher de parler :

"Au moins, tu as réussi dans la voie que tu avais choisi. Tes parents doivent être fiers ! Ils sont au Japon eux aussi ?"

Incognito, poser cette question était comme couper le fil rouge ou bleu d'une bombe. De la réponse dépendait leur avenir ! James était un adulte accompli mais ça voulait pas forcément dire qu'il surpassait les souhaits de son parents aujourd'hui et s'il lui répondait que oui, ils étaient au Japon alors Gabriel ferait le choix atroce de s'éloigner. Encore. L'avoir retrouvé pour que rien ne change était la pire des éventualités mais s'il lui disait que ceux-ci étaient toujours en Amérique alors il tenterait sa chance de nouveau en tâtant le terrain pour être sûr de ne pas perdre son temps. Il voulait une relation épanouie, le genre qu'ils avaient eu quelque temps avant que tout ne dégénère.

"Alors docteur ? Je suis apte ?" ajouta-t-il en ricanant.
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James P. Campbell
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel |PV Gabriel|   Mer 2 Mai - 17:37


❝ Piqûre de rappel ❞

Cette foutue seringue que lui tendait Gabriel avait eu l’effet d’une bonne douche froide sur James. Lui qui était si heureux d’avoir pu retrouver son ami et ancien amant ici, à Nara, à l’autre bout du monde, après toutes ses années, il se rendait compte qu’il avait sans doute agi plus qu’égoïstement en le prenant dans ses bras de la sorte. S’ils avaient rompu, c’était à cause de lui et l’Américain se souvenait bien de tous ces appels, ces textos et ces mails qu’il avait envoyé à son interlocuteur sans jamais recevoir de réponses. Gabriel paraissait sincèrement heureux de revoir le médecin, mais il devait toujours lui en vouloir. Oui, c’était certain. Le temps n’effaçait pas tout, James était plus que bien placé pour le savoir. Et pourtant, malgré cette douche froide qui avait rappelé le brun à l’ordre, celui-ci n’avait pas pu s’empêcher d’esquisser un très léger sourire en voyant celui de Gabriel en en l’entendant lui dire qu’il pouvait l’examiner sans problème. L’Américain était d’un professionnalisme incroyable pour proposer ce petit check-up imprévu, mais c’était aussi, et surtout, pour se rassurer sur le fait que son patient était en pleine forme. Qui sait ce qui avait pu se passer pendant toutes ces années où ils ne s’étaient pas vus ?

James hocha doucement la tête pour signifier à son vis-à-vis qu’il lui ferait un petit contrôle de routine après le vaccin, commençant d’ailleurs à lui parler en le fixant intensément alors qu’il plantait délicatement la seringue dans la peau de Gabriel pour lui faire son vaccin. Ça marchait habituellement super bien cette technique et, apparemment, elle fonctionnait aussi avec son ami ! Il aurait pu parler de tout et de rien, mais là, tout de suite maintenant, il crevait d’envie de savoir ce que Gabriel faisait de sa vie ici, au Japon. Et comme son patient avait sans doute hâte de partir de cet endroit, James l’avait même invité à boire un café ! Terminant le vaccin, le médecin écouta attentivement la réponse du jeune homme assis face à lui, qui appuyait son petit coton sur l’endroit où la piqûre avait été faite.

Habituellement, le brun était très doué pour cacher ses émotions, mais en entendant Gabriel lui dire qu’il était hôte, et ce depuis un moment, il ne put s’empêcher de froncer un peu les sourcils en claquant sa langue contre son palais. Il ne trouvait pas ça dégradant ou choquant, Gabriel était le seul maître de sa vie mais… l’Américain ne pouvait s’empêcher de ressentir un gros pincement au cœur en imaginant son ancien amant dans les bras d’une autre personne, à parler, rire, boire et… Non ! Il ne voulait pas penser à ça ! Le médecin soupira doucement, fermant les yeux alors qu’il frottait son pouce et son majeur sur ses tempes. Il lui fallut juste quelques instants pour remettre ses idées en place. Gabriel avait très certainement dû remarquer ce petit changement et ce moment de flottement qui s’était installé suite à sa réponse… James s’en voulait d’avoir réagi comme ça, c’était stupide. Ils n'étaient plus ensemble depuis des années alors…

« Je vois. Et hum… Ça se passe bien ? C’est différent de quand tu étais encore aux Etats-Unis ? Et puis… Ce n’est pas dégradant du tout, je n’ai aucun jugement à avoir, encore moins avec toi. Du moment que ce travail te plaît et que tu t’y épanouis, je ne peux qu’être content pour toi Gabriel. »

Ouh la vilaine boulette qui le trahissait ! James n’avait pas pu s’empêcher de l’appeler Gabriel alors qu’il l’avait toujours appelé Gabe depuis qu’ils s’étaient rapprochés pendant les études de médecine du brun. Il était sincère, il était heureux pour son ami si celui-ci s’épanouissait dans son travail. Il était plus que sincère certes, mais aussi très jaloux. Cette jalousie déplacée l’agaçait et il avait peur que Gabriel le prenne mal. Aussi, il préféra ne pas trop s’attarder sur le sujet même s’il avait essayé de faire mine de s’intéresser à son travail par ces quelques questions. Si Gabriel finissait par lui dire qu’il ne faisait pas que parler et rire avec ses clients et qu’il leur proposait des services plus intimes… James savait qu’il était capable de sortir de ses gonds alors il valait mieux éviter. Reprenant son sérieux à toute épreuve, même si un sourire étirait doucement ses lèvres à l’idée de pouvoir continuer à parler avec Gabriel une fois sorti de cet hôpital, James s’excusa quand il sentit son patient sursauter au contact du stéthoscope sur la peau de son dos.

« Non, ils sont restés à Miami. Je suppose qu’ils sont fiers oui je… À vrai dire, ça fait plus d’un an que je ne leur ai pas parlé. Ils n’ont pas vraiment apprécié que je leur dise que je ne voulais plus rentrer à la fin de mes études à Tokyo et on a un peu… coupé les ponts depuis. »

James avait voulu tourner la page avant son départ pour le front, et ça avait été d’autant plus vrai depuis son retour. Il voulait tout reprendre à zéro, essayer de se reconstruire, lentement mais sûrement. Il avait voulu oublier son passé si fort que celui-ci lui renvoyait violemment l’ascenseur en faisant réapparaître Gabriel dans sa vie, faisant ainsi voler en éclats toutes les bonnes résolutions qu’il avait voulu prendre.

« Et tes parents alors ? Comment ils ont pris le fait que tu quittais les États-Unis toi aussi ? Ils vont bien ? »

James s’inquiétait vraiment de savoir si les parents de Gabriel allaient bien. Il ne les avait jamais rencontrés à cause de cette relation qui avait dû rester le plus secrète possible, mais de ce que son ancien amant avait pu lui dire, ils semblaient être des gens vraiment biens. Le médecin termina son contrôle de routine, pouffant doucement en entendant la question de Gabriel.

« Tu es en pleine forme oui ! Comme ça, je suis rassuré et je pourrai dormir sur mes deux oreilles ce soir. »

James lui offrit un doux sourire avant de ranger tout son matériel. Il laissa Gabriel se rhabiller et s’installa à son bureau pour remplir toutes les formalités. Il faisait tout très consciencieusement, mais inconsciemment, il semblait se dépêcher un peu plus qu’à l’accoutumée, tapant à toute vitesse sur son clavier après avoir remis ses lunettes sur son nez.

« Tu n’as besoin de rien d’autre tant que tu es là ? Ou peut-être que tu as des questions ? Hum… Aucun rapport, mais est-ce que tu veux aller dans un endroit en particulier pour ce café ? Je ne connais pas encore très bien les environs… »

Il fallait dire que depuis son arrivée, à part son appartement, le parc qui était juste à côté et l’hôpital, il n’avait rien vu d’autre de cette si jolie ville de Nara. James n’était pas un gros fêtard et si c’était pour se retrouver seul à boire, il préférait le faire chez lui. Toutefois, plutôt que de risquer de sombrer dans l’alcoolisme prématurément, l’Américain préférait se changer les idées autrement. La piscine de la ville avait très certainement été l’une de ses bouées de sauvetage les plus précieuses depuis son arrivée.


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