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 Calvaire quotidien [Libre]

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Chun-Hei Cheong
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MessageSujet: Calvaire quotidien [Libre]   Lun 20 Nov - 20:29


Je devais aller prendre une douche. Je n’avais pas le choix. Je ne pouvais prendre le risque de ne pas aller me laver convenablement. Si je faisais ça, on se moquerait bien vite de moi. Ca serait profondément humiliant. Et puis, je n’aimais pas être sale. Sans compter que j’aimai bien prendre des douches et des bains.

Mais quand on m’avait fait visiter le pensionnat et qu’on m’avait montré les douches communes, j’avais été terrorisée. Ainsi devait-on se retrouver nue face à nos camarades pour prendre nos douches ensembles ?

La seule idée qu’on puisse poser un regard sur mon corps dénudé suffisait à me donner l’impression d’étouffer. Je savais ce qui se passerait alors. On se moquerait de moi. On rirait de mon corps et de ses imperfections.

Ils verraient alors que j’ai encore le corps d’une enfant. Ils sauraient que je n’ai absolument aucune forme. Et puis, ils pourraient voir aussi certaines choses, certaines cicatrices et ils se mettraient à poser des questions auxquels je n’ai aucune envie de répondre.

Heureusement, je cicatrisai bien. Même les blessures les plus graves finissaient par disparaître mais il fallait du temps et cela ne faisait pas si longtemps que cela que j’avais quitté le collège. Certains “cadeaux d’adieu” pourrait bien rester encore quelques mois imprimés sur ma peau.

Mais malgré tout, je ne pouvais pas l’éviter. Il fallait bien que j’utilise cette douche. De plus, il se faisait tard et si c’était une bonne chose pour moi, je ne pouvais pas trop tarder non plus ou la douche serait tout simplement fermée.

Résigniée, je me saisissais de mon pyjama en laine rose pastel et de ma trousse de toilette ainsi que deux serviettes puis je quittai la chambre discrètement. Me glissant silencieusement dans le couloir mal éclairé, j’appréhendai déjà l’instant ou je devrai me déshabiller.

J’espérais tellement qu’il n’y avait personne! J’étais certaine de mourir de honte si on se moquait de moi dans cette situation. De plus, mon plan n’était pas parfait et peut-être que cela ne ferait que nourrir les méchancetés de mes harceleurs.

Mais je n’avais pas le choix. Alors, tête basse, j’approchais de la porte des vestiaires en tendant l’oreille. Je n’avais qu’une crainte, entendre du bruit venant de l’intérieur. Mais non, je n’entendais rien. Peut-être que la chance était de mon côté cette fois-ci ?

Jetant un oeil par la porte entrouverte, je découvrais un petit vestiaire vide muni de casier de bois ou l’on pouvait disposer ses affaires. Entrant discrètement, je pus voir avec soulagement que ces derniers étaient vides. Je posais alors ma main sur mon coeur battant, serré dans ma poitrine et je poussai un soupir en tentant de me détendre.

J’allais peut-être pouvoir profiter d’une douche tranquille. Déglutissant douloureusement à cause de ma gorge serrée, je posais mes affaires et ma trousse de toilettes dans un casier puis je commençais à me dévêtir.

J’étais si mal à l’aise. L’idée d’ainsi exposer mon corps au regard ne faisait que renforcer mon sentiment de vulnérabilité et de fragilité. Des larmes menaçaient de venir mouiller mes yeux et je sursautai au moindre bruit suspect venant de l’extérieur.

Plusieurs fois, je crus sentir mon coeur s’arrêter alors que mon regard restait fixé sur la porte du vestiaire. Mais non, personne ne venait et j’étais parvenues à me défaire de mes vêtements. Mais,i je n’étais pas nue pour autant.

En vérité, je m’étais changée une première fois dans les toilettes, pour mettre mon maillot de bain de lycéenne, ainsi mon corps était encore couvert. Même si l’impression que procurait le port de ce maillot était tout différente de celle que je ressentais quand j’allais au club de natation.

Peut-être était-ce une mauvaise idée? Peut-être semblais-je ridicule? Pourtant, je ne pouvais me résigner à être totalement nue. C’était, pour moi, impossible. Ajoutant à ma panoplie, je m’enroulais dans la serviette la plus grande que j’avais prise puis je prenais l’autre ainsi que ma trousse de toilette.

Avançant à petit pas, j’étais comme intimidée quand je franchis le seuil de la douche commune composée d’une seule grande pièce de faïence blanche. Luttant contre le stress et l’appréhension, je tentais vainement de me mettre dans l’angle le moins en vue de la porte, espérant que cela me procure un peu plus de sécurité.

Puis, j’accrochai mes deux serviettes et me mettai sous la pompe de douche. Et au moment ou je me mis à appuyer sur le bouton de pression, je paniquai et sursautai en arrière. En premier lieu, l’eau qui était tombé sur moi était froide et allait sans doute avoir besoin de temps pour chauffer.

Ensuite, et c’est ce qui m’inquiétait le plus, le bruit de l’eau frappant la faïence m’empêchait d’entendre l’extérieur. Je ne pourrais alors percevoir quelqu’un approcher à l’avance. Mais, je ne pouvais pas vraiment renoncer, si? C’était un risque à prendre, non ? Avais-je le choix ?

Serrant les poings en fermant les yeux, je rentrai de nouveau sous l’eau en priant pour que personne ne me surprenne. Puis, la douceur de l’ondée chaude courant sur ma peau et réchauffant mon corps, le délassant de ses efforts, balaya un instant mes doutes et mes craintes pour me permettre d’apprécier le plaisir simple du contact avec l’eau.
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Kaede Itsuki
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Ven 5 Jan - 7:53


 

 

 
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Chun-Hei Cheong

 
Cela ne faisait pas très longtemps que Kaede était arrivée à Yokuboo et pourtant elle continuait à s'entraîner régulièrement au kendo. Elle n'était pas encore allée au club, mais cela ne saurait tarder ! Pour une accroc au kendo comme elle, c'était impensable qu'elle ne s'y rende pas et puis il y aurait probablement des partenaires intéressants pour s'entraîner. Quoi qu'il en soit, ce jour-là, la demoiselle venait de terminer un entraînement en solitaire dans un parc. Le soir tard ? Tout à fait normal, me direz-vous...S'étant entraînée durant des heures, - sous le regard curieux de quelques personnes - elle avait bien évidemment transpiré et l'heure tournait. De ce fait, elle prit la décision de rentrer au dortoir, dans la chambre numéro trois qu'elle occupait avec d'autres filles. Ceci dit, elle n'avait pas encore eu l'occasion de les croiser. Faut croire qu'elles étaient bien occupées et de toute façon cela ne la dérangeait pas plus que ça. De cette manière, elle n'avait pas besoin d'interagir avec qui que ce soit et elle était tranquille. Sur le chemin du retour, elle s'arrêta au niveau d'un distributeur de boissons et prit une bouteille d'eau qu'elle bue d'une traite. Elle avait également très faim, mais elle verrait cela un peu plus tard. Pour le moment il fallait qu'elle rentre et rien de tel qu'une bonne douche après l'effort !

Cependant, cela ne l'enchantait guère de croiser quelqu'un. Pourquoi fallait-il que les douches soient communes ? Mais bon, elle ne pouvait pas rester sans se laver et de toute façon jusqu'à présent, elle avait été assez chanceuse pour ne croiser personne. Pas de raison pour que cela ne continue pas, n'est-ce pas ? Il était suffisamment tard pour qu'elle ne croise personne de toute façon. Après une bonne demi-heure de marche, elle arriva enfin à l'académie et rejoignit immédiatement sa chambre.  Elle se saisit de  son pyjama sur lequel était marqué “bons baisers de Kyoto”, d'un maillot de bain une pièce,  de deux serviettes – une pour les cheveux et l'autre pour le corps – ainsi que de sa trousse de toilettes, contenant tout ce qui lui était nécessaire. Puis, elle se dirigea silencieusement vers les douches communes. Elle ouvrit prudemment la porte des vestiaires et remarqua que des affaires avaient été disposées dans l'un des casiers en bois. Comme quoi, elle avait bien fait de prendre son maillot de bain !

Kaede n'aimait pas exposer son corps à la vue de tous et elle se sentait particulièrement mal à l'aise dans les douches communes. Même si en dehors des cicatrices et surtout des bleus qu'elle  avait accumulés suite à la pratique du kendo, elle n'avait pas à avoir honte de son corps, bien formé.  Elle trouvait ça juste gênant ! Jusqu'à présent, comme elle y allait à des heures improbables, il n'y avait jamais eu qui que ce soit. Elle prenait donc son maillot de bain par pure précaution, mais là il allait s'avérer bien utile ! Elle se déshabilla  rapidement et enfila son maillot à la vitesse de l'éclair, – ce dernier révélant tout de même ses formes – et  franchit le seuil de la douche commune, se mettant à sa place habituelle, pas trop en vue depuis l'angle de la porte. Sauf qu'elle n'était pas la seule à avoir eu cette idée.  Ah, c'est vrai qu'il y avait déjà quelqu'un, elle avait presque failli oublier. D'un coup d'oeil, Kaede remarqua ses cicatrices. La demoiselle avait-elle fait un quelconque sport de combat lui ayant causée ces blessures ? Peu importe, de toute façon ce n'était pas elle  qui allait la juger. En plus de ça, elle ne la connaissait pas donc elle ne se montrerait pas indiscrète.  Elle fut cependant rassurée quand elle vit que la jeune fille portait également un maillot de bain. Ouf, elle se sentait moins ridicule maintenant ! Haussant légèrement la voix, en faisant attention à ne pas trop surprendre la demoiselle, elle la salua, par politesse.

“Bonsoir...C'est rassurant de voir que je ne suis pas la seule en maillot de bain.”

Sur ces quelques mots, elle n'ajouta rien de plus, accrocha ses deux serviettes sans faire un bruit et se mit sous la pompe, faisant couler l'eau. Celle-ci était froide, mais ça ne la gênait pas plus que ça et elle n'avait qu'une envie, c'était en finir rapidement avec cette douche. Tout ce qu'elle voulait, c'était se rafraîchir après l'effort. Rien de plus, rien de moins. Une chose était sûre, la jeune fille qui était présente dans les douches ne devait pas apprécier non plus que l'on voit son corps.

 
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Chun-Hei Cheong
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Sam 6 Jan - 11:56

Peu à peu, je m'étais détendue. L'eau chaude courant sur mon corps détendait mes muscles et me délassait de mes exercices quotidiens. Et malgré l'environnement, malgré le risque évident d'être surprise par quelqu'un, je me sentais mieux que durant toutes mes années passées. J'ignorai pourquoi mais je me sentais bien plus en sécurité dans cette douche là que dans celle d'une des demeures de mon père et bien évidemment, celle de mon collège.

Cherchant à faire passer le savon a des endroits que je ne pouvais atteindre avec le maillot, j'avais laissé les brettelles glisser de mes épaules pour me faciliter la tâche et permettre au vêtement de moins coller à ma silhouette. Mais ce fut à cet instant que j'entendis une voix. Et malgré sa douceur et sa politesse, cette voix me fit l'effet d'un cri terrifiant me transperçant de part en part.

Parcouru d'un frisson terrible, j'eus l'impression atroce que mon corps tout entier s'effondrait sous le souffle d'une bombe. Une de mes mains attrapa alors le mitigeur de la pompe de douche comme pour ne pas être emportée. L'autre se recroquevillait tout contre mon cœur dans un signe pathétique de préservation. Je baissai instinctivement la tête comme pour me prémunir d'une horreur indistincte et je fermai les yeux. Mais rien ne vint.

Et pour cause, il n'y avait rien à craindre. Le son de l'eau tombant non loin de moi m'apprit que la camarade qui venait d'entrer avait juste pris sa place sous une des pompes et était sans doute juste en train de se laver.

Alors, la terreur reflua pour laisser un cœur emplie d'angoisse et d'appréhension battre tel un glas douloureux dans ma poitrine. Parfois, les coups pouvaient venir à retardement que ces derniers soient portés par les corps ou par les mots. Et je ne pouvais désormais me débarrasser de la peur qui m'enserrait.

- Bonsoir...

M'empressais-je de croasser de ma voix étrangler par la peur, de crainte que ma voisine prenne ombrage de mon silence.

Elle aussi était en maillot de bain au moins. Ce fait, qui paru insignifiant par rapport à l'océan de terreur dans lequel j'avais l'impression de nager, fut tout de même, comme une petite lueur de réconfort dans une obscurité vorace.

Mais les mots n'avaient qu'un pâle éclat dans l'obscurité de mes terreurs intimes et instinctivement, je cherche de mes yeux la preuve réelle de ses propos. Alors, mon regard timide se tourna doucement vers elle, tout d'abord du coin de l’œil puis, attirée, je lui faisais face.

Il fallut un instant à mes yeux pour chasser l'eau qui les couvraient. Elle avait en effet un maillot sur elle mais ce n'était pas ce qui attira mon regard. En vérité, il était devenu captif de ses cicatrices... Du moins, celles que je devinai sur son corps en partie couvert. Mon cœur se contracta douloureusement alors que je voyais sur l'autre ce que je portai moi-même.

Inconsciemment, cela eut comme l'effet d'un miroir sur moi, ces cicatrices révélaient la réalité des miennes et faisaient soudain ressortir des sentiments que j'avais jusqu’à maintenant refoulée. Entrouvrant les lèvres dans un soupir muet de stupéfaction, mes paupières s'ouvrirent en grands, révélant la profondeur de mes yeux noirs.

Alors, une question s'éleva, aussi indiscrète que nécessaire. Il me semblait presque que je me briserai si je ne l'a posai pas. Mais la posais-je à cette inconnue ou à moi-même ?

- Qui... Qui t'as fais ça ?

Dis-je alors d'un air abasourdi.
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Kaede Itsuki
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Lun 8 Jan - 9:08




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Chun-Hei Cheong

Kaede n'avait pas eu immédiatement de réponse à sa salutation. La jeune fille ne l'avait peut-être pas entendue à cause du bruit de l'eau qui coulait ? Pourtant, elle s'était assurée de parler suffisamment fort pour qu'elle l'entende et ne pas trop l'effrayer étant donnée qu'elle comptait utiliser l'une des douches adjacentes. Peut-être n'avait-elle tout simplement pas envie de répondre ? Avant d'aller se doucher, Kaede avait pu jeter un bref coup d'oeil en direction de cette dernière et suffisamment discret pour qu'elle ne le remarque pas. Elle avait ainsi pu constater que la demoiselle s'était d'une main saisie du mitigeur de la pompe de douche tandis que l'autre était recroquevillée près de son cœur. Était-elle apeurée ? C'était sûrement cela.

Kaede se rendit donc comme si de rien était sous la douche et avait commencé à tranquillement faire couler l'eau. Elle ne comptait pas insister plus que ça, d'autant que son interlocutrice ne paraissait pas plus réceptive que cela. Certes, sa réaction l'avait surprise, Kaede, bien qu'un peu froide au premier abord et pas toujours très souriante, ne pensait tout de même pas inspirer la peur. Cependant, elle n'allait pas l'embêter avec d'éventuelles questions et elle ne voulait surtout pas l'effrayer davantage. Parfois, pour faire connaissance avec certaines personnes, il fallait tout simplement les laisser venir d'elles-mêmes, en leur faisant comprendre d'une manière ou d'une autre que la porte était ouverte. Tandis que l'eau, qui était un peu plus tiède, coulait sur son corps, Kaede crut entendre un petit "bonsoir". Au moins, malgré la peur qui l'habitait, elle n'était pas impolie. Kaede fit simplement un petit signe de la tête, - espérant que son interlocutrice le remarquerait - certifiant qu'elle l'avait bien entendu.

Puis, ce fut de nouveau le silence. La jeune kendoka stoppa le jet un cours instant, afin de laver ses cheveux et son corps avec les produits appropriés, essayant d'atteindre tant bien que mal les endroits obstrués par le maillot de bain. Une fois lavée, elle fit de nouveau couler l'eau, pendant plusieurs minutes. C'est à ce moment-là qu'elle sentit comme un regard posé sur elle. Du coin de l'oeil, Kaede constata que la jeune fille la regardait ou plutôt semblait comme fascinée par ses cicatrices. Elle en avait observé chez son vis-à-vis, mais pour une raison qu'elle ignorait, les blessures de cette dernière semblaient bien plus profondes que les siennes. Kaede allait finir par se sentir mal à l'aise si elle continuait de la dévisager ainsi, alors elle décida tout simplement de ne pas y prêter trop d'attention et continua à faire ce qu'elle avait à faire. Quelle ne fut pas sa surprise en entendant une voix s'élever. Ses craintes concernant la nature profonde de ces cicatrices, semblaient fondées. Kaede ne comptait pas lui mentir, après tout elle ne faisait pas preuve d'honnêteté envers cette dernière, elle ne lui répondrait pas franchement. Regardant dans la direction de l'inconnue, elle s'exprima.

"Eh bien...plutôt que "qui", "quoi" serait sans doute plus approprié. Même si les deux sont tout aussi valables. Pour te dire la vérité, je pratique le kendo. Il m'arrive de défier d'autres personnes aguerries avec le sabre en bois, sans porter d'armure. Les mouvements sont un peu moins restreints de cette manière et je me sens davantage à l'aise. Enfin, bref, tout ça pour dire que...toutes ces cicatrices et ces bleus que j'aie, sont dus au kendo. Du coup je...n'aime pas trop montrer mon corps."

Kaede baissa légèrement la tête et prenant son courage à deux mains elle retourna la question à son interlocutrice.

"Et...toi ? Je ne sais pas pourquoi, mais...j'ai l'impression que les tiennes sont...beaucoup plus douloureuses. Tu...rien ne t'oblige à m'en parler si tu ne le souhaites pas, mais...parfois, ça peut faire du bien de parler à...quelqu'un qui ne te jugera pas."

Elle n'ajouta rien de plus, mais avait esquissé un sourire rassurant à l'attention de son interlocutrice. Elle pouvait lui parler en toute sérénité, elle serait muette comme une tombe et ne porterait aucun jugement.

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Chun-Hei Cheong
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Mer 10 Jan - 20:01

" mais...j'ai l'impression que les tiennes sont...beaucoup plus douloureuse ... "

Douloureuse... Ce mot fit écho dans mon cœur et mon être fut parcourue d'un frisson. Soudain, j'étais renvoyé à moi-même et j'avais, l'espace d'un court instant, fugitif, considéré ce que j'avais vécu sans œillère. Je ressentis de nouveau l'horreur des mauvais traitements que j'avais subis, des gestes qu'on avait eu envers moi, des mots qu'on avait utilisé pour me qualifier et de mon impuissance face à tous ça.

Le résultat fut de me plonger dans une soudaine et insondable tristesse. Et j'eus peur, peur de me briser, là, en un instant, de partir en fragment pour me répandre et disparaître à jamais.

Croisant mes bras contre moi en portant mes mains sur mes épaules, je posais mon dos contre le mur de faïence et baissais mon regard alors que mes larmes se mêlaient à l'eau de la douche. Mon visage grimaçait alors que j'étais prise par plusieurs sanglots. Je luttai mentalement pour rester entière, pour ne pas céder face à l'horreur de mes souvenirs et garder ma raison, ne pas sombrer dans le désespoir et la folie.

Je perdais momentanément le contrôle et laissais, devant une inconnue, mes émotions s'exprimer. Mes mots, eux, luttaient encore pour sortir alors que ma gorge se serrait à m'en faire mal. Mais, il me semblait presque comme des appels à l'aide, des suppliques, à mes oreilles.

- Au... Au collège... Et... A l'entraînement...

Puis, déglutissant, un voile étrange parut tomber sur mon cœur. Je devais reprendre le contrôle, je devais détourner les yeux de mes plaies et continuer à vivre, à faire avec. Personne ne comprendrait, de tout manière. Après tout, cette inconnue avait beau avoir des cicatrices, elle n'avait pas vécue ce que j'avais vécue. Elle ne comprendrait jamais. J'étais seule avec mes blessures. Me détournant pour me tenir au robinet, je concluais.

- Rien d'important... Juste des blagues et des leçons...

Les œillères étaient retombées sur mes yeux, l'horreur s'évanouissait de nouveau dans les limbes de l'oubli alors que je me recroquevillai un peu plus sur moi-même, tout en me contractant. Je haussais les épaules comme pour signifier que tous ceci n'était rien mais ma voix était brisées et trahissait la douleur qui m'étreignait.
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Kaede Itsuki
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Lun 15 Jan - 12:58




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Chun-Hei Cheong

Kaede avait l'impression que cette jeune fille dont elle ignorait tout était sur le point de se briser en mille morceaux. Certaines blessures ne peuvent pas être oubliées si facilement et parfois, ce n'étaient pas les blessures physiques qui faisaient le plus de mal, non, c'étaient les blessures morales. Il n'y avait probablement rien de pire. Comment diable pouvait-on autant faire souffrir quelqu'un ? Même si elle essayait de ne pas lui montrer sa détresse, la kendoka pouvait facilement la ressentir. Elle n'était pas forcément très sociable, mais était assez réceptive à ce genre de choses. Peut-être parce qu'elle avait connu la solitude et qu'elle avait ainsi appris à davantage observer les personnes autour d'elle ? Voir quelqu'un d'aussi triste en face d'elle alors qu'elle ne pouvait probablement rien faire pour soulager sa peine, cela la désolait.

Elle l'avait regardé du coin de l'oeil, remarquant chacun de ses gestes, mais que pouvait-elle faire ? Contre toute attente, la demoiselle finit par s'ouvrir un peu et laissa ses sentiments s'exprimer. Finalement, elle pourrait sans doute agir d'une manière ou d'une autre. Elle ne lui avait pas dévoilé grand-chose, mais c'était suffisant pour qu'elle comprenne toutes les horreurs qu'elle avait subies. Au collège, hein ? Cela lui rappelait également quelques mauvais souvenirs. Cependant, elle avait toujours été suffisamment forte pour se défendre et riposter, si bien qu'après cela les filles de la classe s'étaient contentées de l'ignorer. Mais elle était parfaitement consciente que tout le monde n'avait pas cette force et qu'une fois pris dans un engrenage il était difficile de s'en dépêtrer. Et à l'entraînement ?

"Je vois...Un entraînement de quoi ?"

Elle ne pourrait pas la faire sortir de sa coquille si facilement et pour une raison qu'elle ignorait, Kaede souhaitait qu'elle se dévoile un peu et extériorise sa souffrance. Tout garder enfoui au plus profond de son cœur, n'était pas une bonne chose. Elle le savait, car elle-même n'était pas du genre à parler ouvertement de ses peines. L'inconnue prit de nouveau la parole et ce qu'elle dit la frappa de plein fouet. Des blagues ? Des leçons ? Il s'agissait de harcèlement et c'était grave. Sa voix, presque tremblante, la trahissait. Mais c'était probablement le bon timing pour parler.

"Ce ne sont pas des blagues et encore moins des leçons. Je...n'ai rien eu d'aussi grave puisque j'ai toujours su me défendre, mais...Lorsque j'étais au collège, des filles ont commencé à me harceler en écrivant des mots désagréables au marqueur sur ma table, en prenant mes chaussures dans le casier ou en y mettant des insectes, ce genre de choses. Pour elles, je n'étais pas japonaise et je n'avais rien à faire là. Mais pour moi, ce n'était qu'une excuse et elle souhaitait simplement trouver un souffre-douleur. Ça n'a jamais été plus loin puisque j'ai été les voir et que je leur ai donné une bonne leçon. Elles m'ont seulement ignoré par la suite."

Kaede marqua une pause avant de reprendre.

"Je...je me doute que ce que j'ai vécu n'est pas aussi grave que ce que tu as dû subir, mais...je peux au moins comprendre, ne serait-ce qu'un peu, ce que tu ressens dans ces cas-là...Si je n'avais pas trouvé le courage de mettre fin à cet engrenage, ça aurait sans doute été plus loin. En tout cas, ceux qui t'ont fait ça, à mes yeux, ce ne sont que des pourritures."

C'était rare qu'elle parle autant, mais quand quelqu'un l'intéressait ou que quelque chose lui tenait à coeur, elle s'ouvrait un peu plus facilement.

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Chun-Hei Cheong
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Mer 17 Jan - 20:54

L'inconnue n'avait pas décidée de m'accorder le répit de l'oubli. Longuement et clairement, elle me répondit et je l'écoutai silencieusement, tétanisée d'entendre ces mots prononcées à haute voix, jusqu'à mes oreilles par quelqu'un d'autres. Ainsi, ces murmures discrets que j'avais parfois entendus au fond de mon cœur meurtri trouvait enfin un écho dans le monde qui m'entourait.

Mes mains se serrèrent autour du robinet de douche alors que je restais à fixer le vide face à moi, incapable de lever le regard vers elle. Mais mes oreilles étaient toutes ouïes et ne manquaient pas un mot de ses propos. Et je crus alors sentir un lien se tisser entre elle et moi. Du moins, sentis-je de la compassion à son encontre. Elle avait, elle aussi, subie des choses difficiles., tout comme moi. Nous avions quelque chose à partager.

Une seule chose me fit tiquer et provoqua mon raidissement. Elle pensait que je ne m'étais pas défendue, que je m'étais laissée faire. Et c'était là une erreur. Touchée dans mon orgueil, je la fixai en coin et desserrai ma mâchoire pour lui répondre.

- Parce que tu crois que je me suis laissée faire ?

Me tournant tout entière vers elle, je lui faisais face, une étrange lueur de détermination dans l’œil. Oubliant ma peur inhérente à la révélation de mon passé, je lui répondais.

- L'entrainement que j'ai subies. Il était censé faire de moi une femme d'une grande famille, j'ai appris à me battre de toutes les manières qui soient et je me suis défendue.

Puis, la lueur se brisa et mon regard replongea sur le sol de faïence blanche.

- Mais tous... Tous m'en voulaient... Tous me haïssaient... Et je n'avais aucun répit... Il n'y avait aucun pardon ni aucun repos pour ce que j'étais à leurs yeux car vois-tu... Je ne suis pas totalement japonaise non plus... Je suis aussi en partie coréenne... Et dans le collège ou j'ai été, c'était une tare inexcusable.

Serrant les poings, je poursuivais en grimaçant, alors que les sanglots remontaient dans ma gorge.

- Je me suis battue et battue encore... Mais je finissais toujours par perdre face au nombre. Ils étaient trop nombreux... Trop nombreux...


Puis je portai mes mains à mon visage et commençai à pleurer à chaudes larmes.
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Kaede Itsuki
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Sam 20 Jan - 10:01




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Chun-Hei Cheong

«Parce que tu crois que je me suis laissée faire ? », ces mots, prononcés par la jeune fille, la frappèrent de plein fouet et ne cessèrent de tourner en boucle dans sa tête. Jusque-là, elle, qui s'était pourtant montré assez silencieuse et qui n'avait pas énormément parlé, venait de sortir de ses gonds. Kaede n'avait nullement eu l'intention de la blesser, mais peut-être avait-elle été un peu maladroite dans ses propos ? N'ayant plus forcément interagi énormément avec les autres à un moment, en dehors des personnes faisant partie du club de kendo – et ses parents quand elle n'avait pas le choix – , elle n'avait pas eu à faire ressortir certaines choses comme les sentiments personnels. Elle n'était d'ailleurs pas la plus douée pour ce qui était d'exprimer les siens. Et même si elle pouvait comprendre ceux des autres, de par son vécu ou une simple observation, il lui arrivait parfois, sans le vouloir, de dire des choses blessantes. Bien sûr, quand elle s'en rendait compte, elle faisait de son mieux pour rectifier le tir, surtout s'il s'agissait d'une personne auquel elle tenait. Là, bien qu'il s'agissait d'une parfaite inconnue, elle avait l'impression qu'un certain lien pourrait se tisser entre elles. Pas forcément des plus joyeux pour débuter une rencontre, mais qui sait, il n'en serait peut-être que bien plus fort par la suite. Kaede ne baissa pas le regard pour autant, mais on pouvait remarquer sa mine désolée. D'un ton plutôt doux et sincère, elle lui répondit.

"Je suis désolée, je n'avais pas l'intention d'insinuer que tu ne t'étais pas défendue. J'ai été un peu...maladroite dans mes propos. J'espère que tu me pardonneras."

Elle s'inclina légèrement, en signe de respect. Certes, certaines personnes n'avaient pas la force de se défendre dans ce genre de situation, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Chaque situation était différente et en aucun cas, elle ne voulait juger de la sienne avant de connaître le fin mot de l'histoire. Kaede en apprit un peu plus par la suite et comprit par ces quelques paroles qu'elle n'avait pas eu une vie facile. Un entraînement censé faire d'elle une femme d'une grande famille ? En plus de ça, elle semblait avoir de lourdes responsabilités. La vie n'était pas toujours tendre...N'ajoutant rien de plus, Kaede se contenta de prêter une oreille attentive. Elle comprenait ce que c'était, de se sentir différente et d'être regardée comme une bête de foire.

"Les gens...sont bêtes et méchants. Le pire dans tout ça, c'est qu'il n'y a pas eu une seule personne sensée pour te tendre la main. Je vois, tu as des origines aussi...Les miennes sont...françaises. J'ai été adoptée par une famille japonaise et je me suis toujours considérée comme telle, mais les autres élèves, notamment à partir du collège, ont commencé à me regarder comme un phénomène de foire. Je ne pouvais pas être japonaise et avoir les yeux bleus. Au lycée, on m'a même affublé du sobriquet l'étrangère aux yeux bleus. Une manière de dire que je n'avais rien à faire là..."

Kaede marqua une pause pour écouter ce que son interlocutrice avait à dire et senti un pincement serrer son coeur. Ce dernier s'accentua quand elle la vit pleurer. Elle s'était battue de toutes ses forces, elle n'avait rien à se reprocher.

"Tu as été très forte et très courageuse. Eux, ils ont été lâches. Sèche tes larmes, ils ne les méritent pas."

Elle ne savait pas quoi dire d'autre pour réconforter la demoiselle, mais d'un côté, ça lui avait fait du bien de parler, à elle aussi. Jamais elle n'avait parlé de ses soucis à qui que ce soit et elle extériorisait bien souvent le tout en pratiquant le kendo, mais parfois, mettre des mots sur certaines choses, pouvait bien aider. Avec un sourire et légèrement gênée, elle ne prononça qu'un seul mot.

"Merci."

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Chun-Hei Cheong
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Sam 20 Jan - 12:11

Mes larmes redoublèrent lorsqu'elle s'excusa. Ces propos m'avaient tétanisée un instant et j'avais ressenti un horrible sentiment de peine immense courir dans mon corps. La douceur sur un cœur meurtrie semblait faire aussi mal sinon plus que la violence car elle mettait un peu plus en exergue la douleur vécue et son ampleur.

En me parlant de son histoire, elle me parla de la mienne. Et comme sous l'effet d'un miroir, je pouvais voir en elle ce que je ne pouvais voir seule en moi. Et ainsi, je ne pouvais plus ignorer les terribles actes que l'on m'avait infligés. Ils étaient là, devant mes yeux. Voyant cette personne, je me voyais moi, mes blessures et ma douleur. Je ne pouvais plus y échapper.

"Tu as été très forte et très courageuse. Eux, ils ont été lâches. Sèche tes larmes, ils ne les méritent pas."


Moi ? Forte? Courageuse ? N'y avait-il rien de plus faux ? J'étais une honte pour ma famille, un échec cuisant, un élément qu'on cherche à oublier, à cacher et qui ne vaut même pas la peine d'être éliminé. J'avais tout raté, je n'étais pas la fille que mon père avait voulue. J'étais une erreur.

Et pourtant, cette inconnue, entendant mon histoire, m'offrait un avis tout à fait contraire. Et ses mots, malgré moi, me réchauffaient, me donnaient encore plus envie de pleurer mais me donnaient aussi un peu de force pour relever la tête. Devais-je y croire ? Pourquoi mentirait-elle ? Après tout, elle n'avait rien à gagner à mentir.

Et alors ce fut le coup de grâce.

"Merci."

C'était trop, trop de gentillesse, mon cœur sembla exploser dans ma poitrine alors que je reculais comme si je venais de prendre un coup. La douleur était terrible et envahissait tout mon corps. J'avais du mal à respirer alors que j'avais l'impression que mon corps allait s'effondrer, partir en miette.

Mon dos percuta le mur en faïence derrière moi et je me laissai glisser le long de ce dernier pour me retrouver au sol, effondrée, les jambes repliés sur un côté, mes mains continuant à couvrir mon visage. Je me mis alors à pousser des sanglots déchirants.

Comme pour retenir mon intégrité, je croisais mes bras et saisissais mes épaules. J'avais peur de ce qui m'arrivait. Il me semblait perdre le contrôle de moi-même. Alors, avec une terrible difficulté, je parvins à dire:

- A... l'aide !
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Kaede Itsuki
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Mer 24 Jan - 10:26




« Calvaire quotidien »
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Kaede resta à son tour, figée. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle pouvait faire pour sécher les larmes de son interlocutrice qui ne cessaient de redoubler. Elle n'avait pas l'habitude de voir les gens se laisser aller comme ça en face d'elle et était donc un peu perdue sur la façon de procéder. Elle n'avait pas lu quelque chose à ce sujet dans un livre ? Non, elle avait beau essayer de fouiller au fin fond de sa mémoire, ça ne lui disait absolument rien. Elle observa donc la scène, sans rien dire, tout en réfléchissant à ce qu'elle pouvait éventuellement faire. Mais rien, c'était le vide total. À dire vrai, plus elle pensait, moins elle parvenait à trouver une réponse adéquate.

Tandis qu'elle sentait que la situation échappait complètement à son contrôle, la jeune fille se recula de plus en plus, sa respiration se faisant de plus en plus difficile. Est-ce que ça irait ? Cela l'inquiétait grandement. Avait-elle fait ou dit quelque chose qui ne fallait pas ? Ne pouvant plus reculer, le dos de la demoiselle percuta le mur en faïence, sur lequel elle se laissa glisser, les jambes repliées sur un côté tout en couvrant son visage. Ce qui perturba davantage Kaede, c'étaient ses sanglots déchirant, ressemblant à un appel à l'aide. Ce qu'elle pensait se confirma avec ces deux petits mots. Si courts, mais tellement révélateurs.

"A... l'aide !"

Ne sachant pas ce qu'elle pouvait faire pour l'aider, mais ne pouvant pas non plus ignorer sa détresse, elle décida de suivre son instinct. S'approchant doucement, Kaede s'arrêta à quelques mètres devant elle et lui tendit simplement sa main. Si elle la saisissait, elle ferait déjà un pas en avant. Cela prouverait qu'elle acceptait pleinement son aide. Que ces deux petits mots n'étaient pas que des paroles en l'air, mais un cri venant droit du cœur. Quel serait son choix ? Durant ce laps de temps Kaede, d'une voix calme, prit la parole.

"Au fait, je ne me suis toujours pas présentée, je m'appelle Kaede."

C'était mieux de mettre un nom sur le visage de la personne qui vous tendez la main, non ? Quoi qu'il en soit, jamais elle n'aurait pensé faire une telle rencontre, ni même que cela prendrait de telles proportions en allant à la base, seulement prendre une douche pour se détendre après s'être entraînée au kendo. Finalement, les rencontres se faisaient aussi là où ont les attendaient le moins. En tout cas, une chose était sûre, elle n'était pas prête de l'oublier !

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Chun-Hei Cheong
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MessageSujet: Re: Calvaire quotidien [Libre]   Lun 5 Fév - 22:27

Terrassée par la souffrance et par la douleur, je pleurais sans discontinuer. Des cris sortaient de ma gorge comme autant d'appel au secours. J'étais incapable de me retenir et j'avais l'impression d'avoir totalement perdue le contrôle de moi-même.

La panique grandissait alors qu'il me semblait étouffer de plus en plus. Mon ventre se contractait douloureusement et j'avais presque l'impression d'être comme ces pauvres nourrissons qui s'étouffent dans leurs propres sanglots. Désespérément, je tentais de respirer, d'avaler un peu d'air frais. J'avais l'impression de littéralement me noyer dans mes propres larmes.

La sensation qui m'étreignait était une intensité et d'une profondeur qui dépassait jusqu'aux limites de ma conscience. A cet instant, ma pensée était exsangue et il n'existait plus qu'un cri d'agonie s'élevant des tréfonds de mon cœur et qui venait terrasser mon esprit.

J'avais l'impression que j'implosais littéralement de l'intérieur, qu'une violente énergie me déchirait de l'intérieur, courrais sous ma peau et ne parvenais qu'a sortir à travers le goulot trop étroit de ma gorge.

A travers ma détresse, j'entendis à peine la voix de ma camarade mais je sentis qu'elle s'était rapprochée. Et c'est à travers le flot de mes larmes que je vis sa main tendue. Mue par un étrange instinct de survie, je m'en saisie sans plus réfléchir. Puis, je tire pour attirer Kaede plus proche de moi, je désire sentir sa présence, sentir sa chaleur, sentir sa vie.

Elle était alors pour moi comme une bouée, seule capable de me maintenir à flot au milieu de la tempête de sentiments qui menaçait de m'emporter.

A cet instant, il n'y avait plus de retenue, plus de fierté, plus rien d'autre que la nécessité absolue de se sentir vivante, de se sentir présente et de survivre à la douleur.

- A...l'aide!

Répétai-je en l'attirant vigoureusement contre moi, cherchant à trouver en elle, dans un réflexe dénué de sens, un quelconque réconfort, un calme, une paix, une force qui me permettrait alors de ne pas me briser.

Sans pouvoir le rationalisé, il me semblait alors être aux portes de la mort, prête à rendre l'âme, à mourir de tristesse. Jamais il ne m'avait été donné de connaître un sentiment si intense. Mais, d'une certaine façon, ainsi ressentir des choses aussi violente n'était-il par la preuve que j'étais au moins encore vivante.
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Calvaire quotidien [Libre]
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