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 L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]

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MessageSujet: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mer 4 Oct - 22:50



L'anglais d'un sourd



Mon arrivée à l’académie Yokuboo s’était faite très banalement : lorsque je fus passé au secrétariat pour prendre connaissance de l’endroit où je logerais, terminer certaines formalités et recevoir les derniers documents qu’il me manquait comme le règlement intérieur. Nous en profitâmes également pour me donner mes livres de cours avant que je n’aille m’installer. La communication avait été un peu difficile, mais ils furent assez compréhensifs et patients pour que la situation me paraisse très banale. Ce n’était pas plus mal vu que je n’étais pas vraiment d’humeur à subir de nouvelles frustrations par rapport à mes difficultés. J’en aurais bien assez tôt alors que je devais, encore une fois, tenter de m’intégrer dans un nouvel environnement. Ne pas s’attacher. C’était là le mot d’ordre de ma vie pour éviter les déceptions inutiles. Quoi que, pas au point de m’isoler non plus. Je préférais surtout prévenir les personnes souhaitant mieux me connaître pour éviter de les blesser par la suite sans que ce soit ma faute. Pour le moment, aucune relation à distance n’avait tenu le choc. Qui sait, peut-être serait-ce différent cette fois. Je pouvais toujours espérer, cela ne coûtait absolument rien.

Après m’être installé tranquillement, après tout il était loin d’être tard, je me mis à vérifier la paperasse, dont mon emploi du temps. Là encore, tout me parut assez banale. La routine pouvait devenir lourde à force. C’est ce que j’avais pensé sans savoir que d’avril à octobre ce serait toujours pareil. Certainement était-ce le temps que je m’intègre, que je me fasse à mon nouvel environnement, tout comme on devait s’habituer à ma maladie. Ce n’était pas simple, que ce soit pour eux ou pour moi. Mais, finalement, certains parvinrent à enregistrer mon handicap, me proposant des exercices adaptés tout en restant justes par rapport à mes collègues étudiants. D’autres avaient bien plus de difficultés, comme si leurs méthodes était une bible à leurs yeux. Je m’y adaptais, faisant mon possible pour suivre avec plus de rigueur. Cela pouvait s’avérer extrêmement épuisant, mais je me disais que, de toute façon, dans le métier que je visais, malgré moi, on ne s’adapterait pas à moi. C’était donc certainement un très bon exercice. A voir si je tiendrais le coup.

Nous étions début octobre. L’automne avait coloré les feuilles des arbres et permit au temps de se rafraîchir. Je portais donc un gilet au-dessus de mon tee-shirt et sous ma veste noire. Mon jean et mes baskets étaient et seraient certainement assez chauds même en hiver, je les avais donc choisis également. Ainsi habillé, sac à bandoulière sur l’épaule, j’allais à mon premier cours de la journée : anglais. Le professeur faisait partie de ceux qui préférait s’occuper de la majorité et laisser les retardataires se débrouiller. Comme il s’agissait de l’apprentissage d’une langue, même si j’étais parvenu à atteindre un niveau acceptable, je commençais à avoir des difficultés à suivre à cause de ma surdité. Certains mots se mélangeaient et cela rendait les exercices impossibles à faire. Mais ce fut d’autant plus vrai quand on me demanda de lire un texte à voix haute pour toute la classe. Loin de me décourager malgré mes soucis, je me levai, livre en main, et me mis à lire. Mon élocution étant laborieuse, je fus très rapidement arrêté pour qu’une jeune femme soit choisie à ma place. Son nom, à moins que ma compréhension fût mauvaise, était Félicia. Aussi grande que moi, elle possédait de très jolis et étranges cheveux roses lui tombant dans le dos. A mes yeux elle était vraiment très belle. En plus de cela, il me sembla comprendre un chouilla mieux ce qu’elle lisait. Mettant cela sur le compte du fait que j’avais le texte sous les yeux, je ne pus m’empêcher de noter que si elle parlait un peu plus fort alors je pourrais possiblement ne plus lire pour capter les mots. Peut-être serait-il bien que je lui demande de l’aide ? Le travail en autonomie que l’enseignant nous demanda de faire pendant l’heure restante me sembla être une bonne occasion. Je me levai donc et me dirigeai vers sa table pour lui demander en ne parvenant pas à bien articuler :

- Désolé de te déranger, mais accepterais-tu de m’aider s’il te plait ?


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mer 11 Oct - 22:59

L'anglais d'un sourd
[avec Rintaro]

Premier cours de ma nouvelle vie dans cette nouvelle école, je suis impatiente. Je n’ai pas beaucoup dormi perturbée par un mélange d’excitation et d’inquiétude. J’ai vraiment envie de suivre ces nouveaux cours, rencontrer d’autres personnes, développer la musique selon mes envies. Mais en même temps j’ai peur que trop de gens me reconnaissent, après tout j’ai une colocataire européenne qui a fini par me reconnaitre. Nous avons passé un dimanche tranquille. Le jetlag est dur à encaisser. Une demi-journée de décalage c’est vraiment difficile physiquement. Pourtant j’ai été habituée aux journées de 20h avec mon boulot, mais sincèrement le fait de reprendre un rythme moins soutenu l’an dernier en étude, c’était reposant. Du coup j’ai plus de mal à récupérer ce décalage important. Mon dimanche a donc été calme mais ma nuit agitée de toutes scènes bizarres.

Finalement réveillée tôt, je me suis levée et j’ai passé un temps fou à choisir mes fringues.
Ne pas être chic et star, mais incapable d’être en style « total décontractée », j’ai fini par opté pour ma robe d’un rose très pâle et mes escarpins préférés rose du ton de ma chevelure. Un look total rose pour m’affirmer mais tout en étant glamour un minimum. Pas que je veuille séduire ! Non, je veux juste être moi et me sentir bien.
Côté maquillage, je fais vraiment très léger. Cacher quelques imperfections mais peu de couleurs pour garder mon tain naturel. Comme il fait chaud et que je ne veux pas être gênée par mes cheveux pour écrire, je me suis faite une tresse sur le dessus de la tête et une demi-queue de cheval. Ma chevelure est tellement épaisse que j’ai de quoi faire. Du coup mes cheveux gardent cette allure tombante dans le dos m’arrivant à mi-fesses.

C’est donc toute vêtue de rose que je m’apprête à partir en cours. Je glisse un cahier, ma trousse, mon téléphone, mon casque et mes lunettes de soleil dans mon sac. J’ai cours de 8 à 10 en Anglais. Puis j’ai une heure de trou avant un cours de français. Franchement je vais aimer le lundi matin ! Mais bon les profs seront sûrement plus exigeants avec moi dans ces matières.
Et donc pendant cette heure libre, Kiara, ma colocataire du pensionnat, m’a proposée de me faire visiter l’école et me guider pour trouver mes salles de cours. Apparemment son cours de 10h est annulé, le prof étant absent depuis vendredi. Elle doit donc venir m’attendre à la sortie de ce premier cours. Je suis vraiment contente de l’avoir rencontrée. Le premier contact était bizarre, mais finalement bien agréable. J’ai tendance à croire qu’on se ressemble beaucoup et qu’on pourrait bien s’entendre. Je l’espère, j’ai bien besoin d’une amie franche, sincère et complètement pas intéressée par ma notoriété et mon argent. Une nouvelle Miwa quelque part. Elle me manque chaque jour.

Me voilà donc en marche pour le cours d’anglais. Le directeur m’a expliqué que certains cours sont communs avec d’autres cursus où il y a peu d’élèves. L’anglais en fait partie. Il y aura donc tous les niveaux, j’imagine… J’ai un bon niveau, un des meilleurs dans mon école précédente. Etant donné ma notoriété dans de nombreux pays européens, je pratique l’anglais depuis longtemps et je suis, à mon avis, presque bilingue. Néanmoins je sais que les japonais sont très doués pour l’anglais. Donc il me faudra évaluer ma position au sein de cette classe. J’ai surtout peur de l’accent japonais. J’ai tellement eu peu l’occasion de confronter mon japonais à des japonais locaux que c’est parfois difficile de suivre dans leur langue. Et leur accent est particulier parfois en anglais. Nous verrons bien. Ma capacité à m’adapter quasiment à tout devrait m’aider. J’ai surtout pour objectif dans un premier temps de trouver ce Matthew recommandé par la Direction pour récupérer mes cours de retard.

J’arrive donc avec vingt bonnes minutes d’avance et en fait personne n’est installé dans la salle. Elle est ouverte. Je ne sais pas trop si je peux m’y poser ou pas avant l’arrivée du professeur. Les règles de respect sont importantes au Japon. Je ne suis pas forcément à l’aise avec tout cela. Une jeune japonaise arrive au bout de 5 min, me salue et j’en fais autant. Elle semble timide et n’engage pas la conversation. Je ne force pas les choses. Je préfère prendre le temps d’observer les gens, voir comment il réagisse à ma présence, et agir en conséquence. En tout cas, elle n’a pas eu l’air de m’associer à ma célébrité. Un vrai bon point ! Comme cette demoiselle entre dans la salle de cours et s’installe, je fais de même. Elle se met au premier rang. Je ne suis pas fan, alors je vais m’installer au centre pour avoir une bonne vue et entente du cours dispensé. Je sors mon cahier et commence à y écrire mes premières sensations depuis mon lever. Une première journée de cours à transformer en mot pour me donner de quoi travailler un potentiel futur texte de chanson. Ne lisez pas !  Ce n’est pas cohérent et c’est un mélange « franglais ». Oui j’ai une technique au feeling assez spéciale. Je suis capable d’écrire des textes en français, tout comme en anglais, tout comme un mélange des deux. Mais c’est sans parler de l’espagnol que je distille aussi de temps en temps. Honnêtement depuis que j’ai quitté Madrid fin juillet, je l’utilise moins, c’est la langue de maman, c’est une grosse amertume qui me fait un nœud au ventre.

Le professeur arrive tôt, quasiment 10 minutes avant l’heure. J’ai rarement vu ça. Me repérant facilement, elle vient vers moi me surprenant en pleine écriture. Elle se présente. Il semble qu’elle soit au courant de mon arrivée. Un autre élève arrive aussi mais d’un autre cursus, droit je crois. Elle m’explique être japonaise mais née d’un père anglais et être bilingue depuis sa tendre enfance. Son accent n’est pas aussi fort que je le craignais et je la comprends très bien. Nous papotons en anglais pendant que les élèves entrent. Je me suis donc présentée avec aisance et satisfaction de voir qu’elle n’avait aucun apriori avec ma notoriété européen. Un vrai bain de jouvence.

Quand elle rejoint son bureau, un  jeune homme, assez mignon, se présente à elle. Je ne regarde pas me replongeant dans mes écrits pour noter ce qui vient de se passer. Je me rends compte que des garçons viennent s’installer près de moi. Celui qui se met à ma gauche, sur ma table, a clairement les yeux baladeurs et mon regard de tueuse le remet vite à sa place. Je n’ai même pas retenu son prénom. Ce n’était pas celui que je cherche c’est déjà ça ! Je vais l’ignorer tout le cours et le remettre à sa place une nouvelle fois s’il le faut. J’ai bien conscience que deux de ses amis sont dans mon dos, mais ils ne savent pas à qui ils ont affaires. Qu’on ne me mette pas en rogne dès le premier cours, je ne suis pas là pour draguer ou me faire draguer !
A ma droite, de l’autre côté de l’allée, le garçon  qui parlait à la prof s’installe doucement. Il me semble tout calme. Il est mignon même mais semble très concentré, peut-être anxieux. Je lui trouve un air mystérieux. Mais je ne m’attarde pas, ne voulant ni louper le début du cours, ni le mettre mal à l’aise.

L’appel fait, je comprends que le garçon que je dois trouver n’est pas là. Je verrai donc au prochain cours.

L’enseignante nous distribue un extrait de l’ouvrage de Lewis Carroll « Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles ». J’adore l’idée. Je ne l’ai jamais lu en anglais. En français et espagnol, bien sûr oui. Etre en fac et lire ce genre de texte, ça me fait trop vibrer. C’est tellement plein d’imagination ce texte. Et ça va sûrement me faire découvrir de nouveaux vocables.

La prof fait lire une première partie à un étudiant et nous discutons du texte. J’écoute plus que je ne participe. Ça me permet de travailler mon écoute de l’accent japonais. En fait de nombreux accents. Car je constate qu’il y a beaucoup de non japonais dans cette école.
L’enseignante s’adresse alors à mon voisin calme pour la lecture suivante. Et clairement il peine. J’ai surtout l’impression qu’il a des difficultés d’articulation et de prononciation. C’est très étrange. La prof lui sourit et le remercie mais le coupe avant la fin de la partie à lire. Elle me demande alors de reprendre la suite.

Je suis attristée pour le jeune homme mais contente de lire à haute voix. J’aime lire à haute voix, une habitude de chanteuse. Ça donne la rythmique au texte. Les pauses respiratoires sont plus imposantes et donnent encore plus d’intensité au texte. Et puis Alice c’est un texte imagé, animé, drôle. Je me délecte à le lire. Etrangement personne ne parle. Je suis transportée dans le texte. La prof m’interrompt en me remerciant mais j’avoue que j’aurai bien continué. Je crois que je vais me l’acheter en anglais dès que je peux.

La prof nous donne pour la seconde heure un travail à faire. Un travail seul. Je dois le rappeler à mon voisin qui m’excède et a clairement pas besoin de mon aide, vu comment il me parle anglais sans aucun problème. Je lui réponds en espagnol en l’insultant mais d’un air totalement neutre. J’affiche un petit sourire sadique qu’il finit par comprendre que mes paroles ne doivent pas être sympathiques. Mais le timide s’est levé et vient me parler. Une échappatoire que je saisi.

- Tu ne me déranges pas. Au contraire, j’avais justement besoin de changer d’air.

Je prends mes affaires sous le regard éberlué des 3 lourdingues et vais m’assoir à la place libre à côté du jeune homme. Je le regarde en souriant et plonge dans son regard. Malgré ses lunettes, je le trouve vraiment mystérieux et bien mignon. Bon je m’arrête là, je ne cherche pas de relation amicale qui dériverait trop. Un premier camarade de classe ça me va. Juste camarade. Il a besoin d’aide, en anglais je suppose, donc je vais l’aider comme je peux. Je ne suis pas du genre à laisser les gens dans les difficultés.


- En quoi puis-je t’aider alors ? Au fait, moi c’est Félicia.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Dim 15 Oct - 22:04



L'anglais d'un sourd



Avant mon arrivée, la jeune femme à qui je demandais de l’aide était comme en train de chercher à se débarrasser des autres garçons qui l’entouraient. Certes, je ne faisais rien pour l’importuner si ce n’était chercher un coup de main, mais je ne pouvais m’empêcher de me demander si je n’arrivais pas comme un cheveu dans la soupe. Peut-être qu’elle voulait seulement être tranquille pour travailler comme le professeur nous l’avait demandé. J’eue toutefois l’agréable surprise qu’elle accepte très facilement et avec le sourire, prétextant qu’elle avait besoin de changer d’air. Je compris alors que les mecs devaient être des lourdingues qui la draguaient, ni plus ni moins. Elle prit alors ses affaires et nous allâmes nous installer là où je m’étais placé au début du cours. Si on me fit des remarques typiques des rageux et jaloux à ce propos, je ne les entendis tout simplement pas. Finalement, la surdité avait du bon.

Alors que je posai mon derrière sur ma chaise, j’entendis ma camarade me demander en quoi elle pouvait m’aider avant de me confirmer que son prénom était bel et bien Félicia. Je lui répondis donc avec les mêmes difficultés qu’auparavant :

- Enchanté Félicia-san. Je m’appelle Rintaro. Comme tu as pu le constater, j’ai des soucis pour articuler. C’est parce que je suis malentendant. J’aimerais ton aide pour arriver à articuler, s’il te plaît.

J’avais pas mal hésité à lui dire mon nom de famille aussi, mais je n’en avais rien fait, calquant ma présentation sur la sienne. De toute façon, il aurait été très peu probable qu’elle le comprenne. Il était désormais temps de voir si elle avait réussi à traduire mes paroles ou si j’allais devoir répéter avec plus d’efforts. A moins que ça se voit tellement qu’elle n’aurait pas besoin de ça même si elle n’avait pas saisie le sens de ma phrase ? J’allais bien voir, de toute façon.

Autour de nous, les trois lourdingues s’étaient vraisemblablement mis au travail comme le reste de la classe. Quoi que je pu les voir s’échanger des mots. S’aidaient-ils pour le travail donné par le professeur ou parlaient-ils en essayant de ne pas se faire remarquer ? Personnellement je penchais plus pour la seconde option tant ils avaient montré un caractère fort peu propice à la tolérance.
Même si je regardais un petit peu autour, je restais totalement attentif à Félicia pour éviter de lui montrer une image de moi qui ne me correspondait pas. Après tout, je n’étais pas là pour abuser de sa gentillesse mais bien pour progresser et garder un niveau qui pourraient me faire atteindre mon but premier.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mar 17 Oct - 19:05

L'anglais d'un sourd
[avec Rintaro]

Je ne me fis pas prier pour changer de place et venir travailler avec Rintaro, puisque c'est ainsi qu'il se prénomme. Certes il est mignon et ça ne gâche rien. Mais ce n'est vraiment pas mes priorités du moment. Et surtout les 3 mecs autour de moi m'insupportent. Je vais finir par être cinglante. Pour un premier jour, j'aimerais éviter de montrer mon côté furie espagnole.

Installée à la table de Rintaro, je l'écoute m'expliquer en quoi je peux l'aider. Certes sa prononciation est un peu étrange. Mais j'en comprends vite la raison quand il m'apprend son handicap. Il est malentendant, il lit donc sur mes lèvres et n'est pas totalement sourd. Je lui souris gentiment en lui demandant des précisions.

- Tu lis sur les lèvres n'est-ce pas ? Je suis assez entraînée à cela, bien que ça n'est rien à voir avec un problème d'entendement.

Voyant les 3 compères nous fixer de manière clairement mesquine et envieuse, je les fusille du regard et me permet un geste sur mon camarade dans deux objectifs. D’abord, je m’amuse à rendre encore plus jaloux ces petits cons et leur signifier clairement que je ne suis pas intéressée par eux. Et surtout je veux découvrir si Rintaro est équipé d'un appareil auditif. Donc en douceur je déplace ses cheveux pour dégager son oreille.

- Tu es également appareillé, Rinetaro-san. Tu entends comment ? A quel niveau ?

Je ne sais pas si ça se demande mais peu m'importe. J'ai envie de savoir et pour moi le handicap n'est pas une fatalité en soi. Je prends les gens comme ils sont, j'ai juste besoin de savoir comment composer avec eux.

- Si tu veux, je te propose un échange de bons procédés. Je t'aide sur l'articulation et la prononciation en langue. Je suis assez bonne en anglais et espagnol. Et ma langue maternelle est le français. Par contre, je veux bien que tu m'aides en japonais et surtout sur les us et coutumes. C'est la première fois que je viens au Japon et ais l'occasion de mettre en pratique réelle ce que j'ai appris.


Mon sourire se veut rassurant et non charme. J'espère qu'il le comprend et ne se méprend pas sur mes intentions.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Jeu 19 Oct - 16:34



L'anglais d'un sourd



Apparemment, cela ne la dérangeait pas tant que ça que je sois malentendant et ma prononciation ne devait pas être trop mauvaise puisqu’elle ne me demanda pas de répéter ma requête. Non, si elle me posa une question ce fut pour que je lui dise si je lisais sur les lèvres ou non. Elle-même le faisait pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec les miennes. Je n’étais pas curieux au point de vouloir connaître ce qu’elle ne voulait pas me révéler. Du coup, alors qu’elle tendait une main vers mon visage pour regarder ce qu’il y avait sous mes mèches de cheveux, je lui répondis :

- Oui, je lis sur les lèvres de plus en plus. En fait, ce besoin grandit en même temps que ma surdité, ce qui me gêne pas mal car j’aime pas forcément fixer les autres.

Elle me fit comprendre, en découvrant mes appareils auditifs, qu’elle avait compris ce qu’elle avait vu et elle me demanda à comment, à quel niveau, j’entendais. A cela je dus réfléchir un peu. Après tout, ce n’était pas évident à exprimer bien que ce ne sois pas de naissance. Les bras croisés et les sourcils légèrement froncés, je gardai les yeux sur elle au cas où elle voudrait dire quelque chose de plus. Puis, revenant à une positon proche de l’initiale je lui répondis enfin :

- Sans mes appareils je n’entends absolument rien et je suis obligé d’user du langage des signes ou de l’écriture pour comprendre. Avec mes appareils c’est un peu plus compliqué : certaines fréquences m’échappent totalement et, comme quand c’est toi qui parle… je crois qu’inconsciemment la lecture de tes lèvres m’aide beaucoup. Avec d’autres je suis parfois obligé de leur demander de parler plus fort pour saisir le sens de leurs paroles car ils n’articulent pas du tout. Tout ça me donne pas mal de difficultés à vrai dire.

Néanmoins, j’allais au-delà de ces dernières pour avancer, rester au même rythme des autres. J’espérais simplement que je deviendrais pas totalement sourd ou que je ne doive pas changer de mode de vie à cause de mon handicap. Heureusement, je pouvais mettre cette question en suspens : Félicia ne me faisait pas ressentir le poids des difficultés auxquelles je faisais face au quotidien et, en plus de cela, elle me proposa qu’on fasse un échange de bons procédés. Attentivement, je l’écoutai m’exposer son idée qui, au final, était vraiment très équitable et appréciable. Je lui souris donc pour lui faire connaître mon avis, répondant ainsi à la charmante expression dont elle me faisait cadeau :

- Tout ça m’a l’air intéressant. J’aurais juste besoin que tu me poses des questions pour que je puisse te dire ce que tu ne sais pas et éviter de te bassiner avec des valeurs que tu connaîtrais déjà. Puis, je trouve que tu parles super bien pour quelqu’un qui vient pour la première fois au Japon.

Le compliment était sincère : son accent, si elle en avait un, ne me dérangeait pas du tout dans la compréhension de ce qu’elle me disait. Du coup, il semblait qu’il faille que je l’aide plus précisément dans les us et coutumes du pays, comme elle me l’avait dit. Cela risquait d’être un peu dur, surtout avec certaines valeurs qui demandaient d’être respectée sans quoi elle ne serait pas intégrée à l’école. Je n’étais pas vraiment d’accord avec ces dernières, mais mieux valait qu’elle soit au courant le plus rapidement possible, dès que l’occasion se présenterait.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mer 25 Oct - 21:03

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[avec Rintaro]

Alors qu’il m’avoue se sentir gêner de devoir fixer les gens pour lire sur les lèvres, savoir-faire qui lui était apparemment de plus en plus nécessaire, je lui souris d’un air rassurant. Je peux comprendre. Il me semble un peu mal à l’aise. Mais certainement que son handicap y est pour quelque chose. Cela ne doit pas faciliter le contact avec les autres. J’ai tellement l’habitude que n’importe qui m’aborde sans vraiment de filtres que ça ne m’a pas frappé quand il est venu me demander de l’aide. Il faut aussi avouer que j’étais bien contente de trouver une échappatoire aux deux lourdauds. Bien que j’aurai sûrement fini par quitter ma place sans me soucier de ce qu’en penserait l’assemblée.

Je souris quand il m’explique avoir plus de faciliter à lire sur mes lèvres. J’ai tellement été entraînée à articuler pour le chant et les interviews inévitables pour une star, que c’est naturel pour moi. Je suis ravie d’apprendre que cela ait une utilité aussi essentielle.

Je hoche la tête avec sympathie à la fois pour le remercier et approuver sa demande.

- Bien sûr nous pouvons fonctionner sur un jeu de questions-réponses. Je te remercie pour le compliment. J’ai assez souvent pratiqué la langue jusqu’à il y a 2 ans, bien qu’uniquement avec la même personne. Mais je n’ai jamais eu l’occasion de venir au Japon avant ce jour. Je te ferai un petit topo de ce que je sais. Tu pourras me dire si c’est bon ou non, et compléter ainsi.

J’ai parlé en faisant un peu plus attention à mon débit, pour être sûre qu’il n’ait pas de difficultés à me comprendre.

- Et ne t’inquiètes pas. Tu peux me fixer sans gêne. J’ai l’habitude et au moins de ta part je sais que c’est pour une vraie nécessité de communication. J’aimerai bien que tu m’apprennes un peu la langue des signes également, si tu veux bien.

J’espère qu’il n’y voit rien de mal, ni aucune intention d’ordre « amoureuse ». Il a l’air de n’attendre qu’une aide à la communication, mais je reste toujours sur le qui-vive. Je crois que je vais avoir du mal à agir comme une personne lambda. Alors son aide pour apprendre les us et coutumes et règles de savoir-vivre japonaises va vraiment m’être précieuse pour m’intégrer. Je cherche un moyen de nous mettre à l’aise pour travailler ensemble en dehors des cours.

- Ça te dirait de nous retrouver régulièrement à la cafet’ ou dans un endroit en ville, type salon de thé, pour travailler ça dans la tranquillité mais avec un environnement normal.

Je n’ai pas la moindre idée de ce qui peut être l’équivalent d’un salon de thé au Japon, mais ça doit bien exister. Je me dis que les endroits où les gens boivent et mangent est un bon observatoire de la vie quotidienne d’un japonais. Et puis pour l’aider dans l’articulation et la compréhension, je ne pense pas que le lieu lui soit vraiment important, du moment que ça ne soit pas hyper bruyant. Mais peut-être ai-je tort…
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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mar 31 Oct - 7:30



L'anglais d'un sourd



Souriante sans amusement malsain comme j’avais déjà pu le lire chez certains de mes camarades qui n’étaient pas compréhensifs de mon état, Felicia hocha la tête avant de me proposer un échange de questions-réponses. Cela allait avec ce que je souhaitais, donc je ne pus qu’accepter en souriant avec gratitude d’un hochement de tête, écoutant ses remerciements et les explications aux raisons pour lesquelles elle parlait aussi bien le japonais. C’était un parcours assez intéressant, mais n’ayant jamais réellement conversé avec d’autres étrangers, je ne pouvais pas me faire un avis très constructif sur la question. Ou, plus exactement, je n’osais pas le faire pour éviter de me fourvoyer. Néanmoins, un autre détail me frappa : elle avait ralenti son débit de parole. C’était tellement plus agréable pour moi que j’en profitai en me promettant de la remercier quand elle aurait terminé, ou à la fin des cours.

Comme pour me rassurer, elle me fit part de son regard sur le fait qu’on la fixe. Apparemment cela ne la dérangeait pas à cause de l’habitude. Néanmoins, elle ne me disait pas ce qu’elle en pensait réellement. Certes, d’après ses dires cela ne la dérangeait pas, mais à quel point ? Où se trouvaient ses limites ? Peut-être n’aurais-je pas dû m’en inquiéter, mais comme c’était moi qui étais venu la trouver, c’était normal, non ? Dans le doute, je ne revins pas sur le sujet. Pas tout de suite en tous les cas :

- Je serais ravie de t’apprendre, lui répondis-je en usant le langage des signes et l’oral en même temps. Et je te remercie pour ta compréhension, tout le monde n’en est pas capable et c’est rafraîchissant de voir un peu de tolérance.

Après tout, même mon père avait oublié ce que c’était s’il l’avait un jour su. Désormais, il s’adonnait à toute forme de racisme et voulait m’entraîner dans cette spirale en ignorant totalement que son héritier faisait partie des personnes qu’il détestait le plus à cause de son handicap. Que de paradoxes, mais je préférais courber l’échine jusqu’à ce que je puisse arranger la situation.

- Ça te dirait de nous retrouver régulièrement à la cafet’ ou dans un endroit en ville, type salon de thé, pour travailler ça dans la tranquillité mais avec un environnement normal.

Sur le coup, parce que j’avais été totalement plongé dans mes pensées, je lui demandai de répéter en usant toujours de l’oral accompagné du langage des signes. Et quand j’eue compris sa proposition, j’en vins à réfléchir en prenant la même pose que plus tôt. Que voulait-elle dire par « salon de thé » ? Est-ce qu’elle voulait faire le Chashitsu, la cérémonie du thé ? Non, certainement que non puisque cela n’était pas adéquat avec sa proposition. Je mis bien quelques minutes avant de comprendre ce pourrait être ça. Mais comment en être sûr ? Me détendant pour le regarder en souriant, j’usais à nouveau des mêmes pratiques pour lui répondre :

- Cela te dit qu’après les cours nous allions voir si nous avons la même définition de « salon de thé » ? Je crois en connaître un à Nara.

Je ne le disais pas explicitement, mais j’étais totalement d’accord avec sa proposition. Je n’attendais pas grand-chose d’autre qu’un échange de bons procédés entre étudiants qui s’entendent bien. Ou, dans ce cas-ci, des échanges de services.


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Un salon de thé japonais:
 
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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Dim 12 Nov - 20:57

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[avec Rintaro]

Le jeune homme semble se détendre et être plus à l’aise. Il ne me dit rien mais je pense qu’il apprécie que je ralentisse mon débit de paroles. Ses remerciements pour ma compréhension me touchent d’ailleurs beaucoup. J’acquiesce juste de la tête avec un sourire en prime. Je ne vais pas rentrer dans le sentimentalisme. C’est mon premier jour, mon premier cours, mon premier contact positif en dehors de Kiara. Je n’ai pas envie de lui faire peur avec mon côté énergique, voire hyperactif. Il va surtout falloir que je modère ma parole. Articuler et poser mes propos, ce n’est pas un souci. J’ai tellement l’habitude. Mais je peux vite le saouler avec mon débit de paroles.

Je lui propose un arrangement. Je lui propose de nous voir régulièrement pour travailler nos lacunes, mais j’avoue qu’entre la cafétéria de l’université et le salon de thé, j’ai une grosse préférence pour la seconde. J’ai besoin de visiter la ville, et me repérer. J’ai aussi besoin d’un guide dans ce monde inconnu pour moi. Le Japon c’est quand même une autre vie.

Mais j’ai un doute. Il semble cogiter. Qu’ai-je dit ? J’ai fait une bourde ?

J’essaye d’être patiente, mais ce n’est pas mon fort. Je boue intérieurement. Je suis capable de lui sauter dessus pour m’excuser. Mais je vais le faire fuir.

Il finit par ouvrir la bouche. Je crois que je lâche un soupir de soulagement, malgré moi. Le sens de « salon de thé » ?

« Oh Merde ! Ce que je suis conne ! Oups ! »

C’est sorti tellement spontanément que ma langue maternelle a pris le dessus.

- Pardon Rintaro. Je suis française. J’y reviens facilement quand je me rends compte de ma bêtise. Oui, bien sûr que nous regarderons à cela. Je n’ai pas pensé que ce type d’établissement n’existe peut-être pas sous le même nom dans ton pays. Quand je te dis que j’ai besoin d’un guide natal, autant dans les traditions et pratiques, que pour me repérer en ville.

Je lui souris et prend mes feuilles.

- On fait l’exercice ? C’est un bon entrainement pour toi. Je te lis mon texte et tu me résumes le contexte.

J’entame alors la lecture en me plaçant bien face à lui. Je dois garder les yeux sur le papier, ne connaissant pas le texte. Mais il me faut penser que Rintaro a besoin de voir mes lèvres pour tout comprendre. Je m’emploie à articuler et parler assez fort pour qu’il entende. Dans le brouhaha de tous les binômes qui font l’exercice, ce n’est pas évident. J’essaye de mettre les intonations bien comme il se doit pour que ça soit le plus vivant et expressif pour lui. Lire et parler anglais, ce n’est plus une difficulté pour moi. Par contre le texte parlant d’un film d’animation japonais que je ne connais absolument pas, je butte sur les noms des personnages et quelques mots spécifiques. Je grimace un peu. J’espère que je prononce comme il faut. Mon japonais reste assez expérimental. J’ai tout à apprendre pour enrichir mes références et mon vocabulaire.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mar 14 Nov - 18:21



L'anglais d'un sourd



Sur le coup, je n’avais pas fait attention aux changements d’expression de la jeune femme. Du coup, ce ne fut que lorsque je lui répondis que je remarquai son air soulagé qu’elle accompagna d’un soupir. Je ne compris pas tout de suite les raisons de cela, devant attendre qu’elle m’apporte des réponses en répondant à celle que je lui avais posée. En France, puisqu'elle était française, il semblait qu’ils aient des lieux qui pourraient ressembler à ce que je pensais être un “salon de thé” du Japon. N’en étant pas certain, je préférais tout de même vérifier en sa compagnie pour éviter de lui imposer quoi que ce soit. C’est pourquoi que je répondis à ses excuses en souriant, compréhensif, toujours en utilisant le langage des signes en même temps que la parole :

- Il n’y a pas de mal. En fait, je te proposais ça pour que nous puissions être d’accord sur le lieu et éviter que je te l’impose. Je ne pense pas que ce serait correct. Puis, en même temps, on pourra visiter une partie de la ville en y allant. Ce serait totalement bénéfique pour toi, si je comprends bien.

En aucun cas je ne voulais lui forcer la main ou lui imposer la dur “loi sociale” du Japon, comme je le nommais pour moi-même. Peu le comprendrait, me semblait-il, tout comme on pouvait se montrer intolérant envers quelques difficultés, peu importe la nature de celles-ci.

Par la suite, prenant ses feuilles de cours, elle me proposa qu’on fasse l’exercice d’anglais qui nous avait été proposé un peu plus tôt, ce que j’’acceptai avec joie. Après tout, elle avait raison : c’était un bon début dans l’aide que je lui avais demandée. Ainsi, je la regardai articuler chaque mot de sa lecture, que je pouvais entendre grâce à ses efforts pour masquer le brouhaha environnant, pour essayer de le reproduire moi-même sans émettre un seul son. Comme elle regardait sa feuille c’était plus simple de m’y prendre ainsi. Non seulement elle n’aurait pas l’impression que je me moque d’elle, mais en plus elle ne serait pas déconcentrée par ces essaies de ma part. En même temps, je notai qu’elle avait du mal avec la prononciation des noms japonais. Certainement cela ne lui plaisait-il pas puisqu’elle fronçait les sourcils dans ce genre de cas. Personnellement, je ne lui en tenais pas rigueur puisque je voyais ses efforts et qu’elle voulait bien faire. Du coup, quand elle eut terminé je lui souris pour lui proposer :

- Veux-tu que j’essaie de prononcer pour toi les noms japonais pour que tu puisses t’y essayer, ou préfères-tu l’écouter pendant que je m’essaie à la lecture du texte en entier ? A moins que tu n'aies des choses que tu voudrais savoir qui concerne le Japon traité là ?

Je ne souhaitais pas qu’elle ait l’impression que mon but soit seulement de la reprendre. Le contraire était tout autre : un échange de bon procédé, comme nous l’avions convenu plus tôt. Je ne savais pas si je m’y prenais bien ou pas, mais je me disais que si je ne tentais rien je ne pourrais arriver à rien par extension. Ainsi, j’attendis qu’elle me donne son avis avant de faire le maximum pour parvenir à me faire comprendre tout en faisant en sorte que cela reste naturel. Après tout, si je pouvais bien parler sans être obligé de bien articuler ce serait l’idéal pour moi. Je savais néanmoins que ce ne serait pas facile puisque j’avais besoin de sentir que je ne mélangeais pas les sons ou que je n’allais pas trop vite, mélangeant ainsi les mots ou en en mangeant la moitié. Il était évident que cela ne serait ni agréable, ni compréhensible pour mes interlocuteurs.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mar 28 Nov - 18:57

L'anglais d'un sourd
[avec Rintaro]


Ce jeune homme me fait l’effet de quelqu’un de vraiment très gentil et correct. Une personne sans a-priori sur moi. Peut-être n’a-t-il aucune connaissance de ma notoriété, mais ce n’est pas moi qui lui apprendrais sans avoir fait bien connaissance avant. J’apprécie vraiment qu’il cherche à me comprendre et s’assurer que nous parlons bien de la même chose, malgré nos cultures différentes. Certes l’université est internationale mais les traditions japonaises s’appliquent, et certains locaux sont très exigeants sur le respect de ces règles. Je ne juge pas. Chacun sa culture, et j’aime cette culture. Mais j’ai vraiment besoin qu’on m’aide à m’y immerger car ce que m’a appris mon amie ne me suffit clairement pas. Et certains sujets expliqués remontent à loin.

- Je te remercie. J’apprécie vraiment l’attention.

J’enchaine sur l’exercice, lui proposant de lire le texte. Je m’applique. Je fais attention à garder mes lèvres visibles pour lui et à articuler. Le texte anglais en soi est assez simple pour moi. Mais le sujet ne l’est pas. Je ne suis pas du tout au fait des films d’animation japonais, et j’ai un réel problème avec la prononciation de certains prénoms et noms japonais. Je grimace un peu malgré moi, butant sur certains mots. J’espérais que ça ne gâche pas la fluidité de lecture et la compréhension.

Alors que je lève les yeux, mon texte fini, je constate que mon binôme d’exercice semble satisfait puisqu’il sourit. Et il me surprend en me proposant de m’aider dans la prononciation du japonais. J’acquiesce vigoureusement.

- Oh ça serait vraiment gentil de ta part ! J’ai vraiment des difficultés quand je lis sans avoir déjà entendu la prononciation. Je suis musicienne, je fonctionne beaucoup à l’oreille.

C’est encore une fois ma spontanéité qui parle, sans filtre. C’est de plus en plus souvent que ça m’arrive. Ma nature profonde reprend peu à peu le dessus sur le carcan de comportements dans lequel ma mère m’a formatée. Sauf que je dois parfois faire plus attention pour ne pas blesser ou mettre mal à l’aise mon interlocuteur.
Et là brutalement je prends conscience de mes propos. Je mets ma main devant ma bouche de gêne quand j’imprime les mots que je viens de prononcer à Rintaro.

- Oh pardon ! Ça n’a peut-être pas de sens pour toi. Excuses-moi. Je veux bien que tu m’aides sur ces mots, s’il te plait.

Je ne suis pas du genre à m’embarrasser d’idées préconçues ou tabou, ni à avoir un regard discriminatoire. Mais là il faut bien avoir que je n’ai pas été fine. Rintaro n’a peut-être jamais « bien entendu » et lui parler de ma manière de percevoir une langue, et le monde en général, principalement par l’ouïe n’est vraiment pas très judicieux. Non seulement ça n’a peut-être pas de sens, mais en plus ça peut le mettre à l’aise et se sentir à part à cause de ce handicap. Je me sens nulle sur le coup et baisse le regard gênée.

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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Jeu 7 Déc - 8:58



L'anglais d'un sourd



Ma binôme semble plus que ravie que je lui propose de l’aider pour la prononciation des noms japonais. Ce qui me le montra le plus ne fut pas les mots qu’elle me dit, mais bien ses gestes.  Tant et si bien que j’eue un peu de mal à ne pas rire doucement. Cela n’aurait pas été méchant, mais je ne savais pas du tout comment elle le prendrait si je venais à prendre le risque. Ce fut néanmoins de courte durée puisqu’elle sembla se rendre compte de quelque chose : une main devant la bouche, elle ouvrit de grands yeux en me regardant. Cela lui donnait un air mi-effaré, mi-apeurée. D’une certaine manière, j’eue un peu peur d’avoir fait quelque chose qu’il ne fallait pas, comme mon sourire qui aurait été mal placé ou autre. Pourtant, alors que je perdais mon sourire petit à petit, je l’entendis s’excuser auprès de moi. Ne comprenant toujours pas, j’écoutai avec plus d’attention encore ce qu’elle me disait. Finalement, même s’il me fallut un petit temps pour faire le rapport entre cela et ses paroles précédentes, je finis par mettre un sens à tout cela. Je lui souris donc à nouveau pour lui répondre toujours avec le langage des signes et en japonais :

- Ne t’en fais pas : je n’ai pas toujours été malentendant, du coup je sais ce qu’est entendre sans difficultés. Et même si je ne vois pas trop ce qu’est utiliser l’ouïe constamment, je peux l’imaginer.

J’attendis alors une réaction, même silencieuse, de sa part pour passer à la suite. Je repris alors le texte donné par le professeur et lui expliquai la manière dont j’allais procéder. Avant toute chose, je comptais relire le texte en entier pour pouvoir repérer visuellement les noms japonais. Ainsi elle pourrait également les entendre une première fois alors que je ferais l’exercice au niveau de l’anglais. Puis, pour terminer, je reprendrais avec elle les noms japonais plus en détail jusqu’à ce qu’elle y arrive.

Lorsque j’eue son approbation et/ou qu’elle eut apporté des modifications à mes idées, je commençai en prenant en compte ce qu’elle m’avait dit. Il me fallut énormément de concentration pour reprendre ce que j’avais pu entendre et les lire sur ses lèvres. Je ne fus cependant pas à l’abris d’erreurs et je me laissai corriger sans émettre le moindre signe de frustration ou d’impatience. Après tout, je connaissais mes difficultés et limites. J’étais également conscient des mélanges que je faisais entre certaines syllabes, que ce soit en japonais ou en anglais. D’ailleurs, avant de commencer à reprendre plus en profondeur les noms japonais, que j’avais préalablement surligné avec un stabilo orange, je lui fis part de cela :

- Je pense que je vais me contenter des noms pour lesquels je serais certain de ne pas me tromper, si ça ne te dérange pas. Même dans ma langue natale il m’arrive de me tromper malheureusement, même si j’essaie de corriger ça.

Lorsque j’eue son accord, ou son désaccord, j’agis en conséquence, commençant alors l’exercice ou en lui demandant ce qu’elle souhaitait faire.


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Sam 9 Déc - 20:19

L'anglais d'un sourd
[avec Rintaro]


Rintaro reprend le texte et m’aide à prononcer les noms japonais. C’est une langue complexe mais j’ai un mal particulier avec les prénoms et noms des personnes. C’est tellement différent de ce que je connais que j’ai vraiment des difficultés à me les rappeler et les prononcer. Le jeune homme est consciencieux et m’avertit qu’il préfère ne pas m’induire en erreurs sur les noms dont il n’est pas sûr de la prononciation. Comme quoi c’est vraiment une langue peu évidente. Mais je travaillerais ce qu’il faudra pour m’intégrer au mieux.

J’écoute attentivement les paroles de Rintaro. Je m’imprègne de son accent de prononciation des noms japonais. Mais je suis aussi à l’écoute de sa manière de prononcer l’anglais, autant les mots que les intonations de phrases. Je le corrige quelques fois. On travaille tranquillement mais on avance sûrement. Après nos corrections, je propose qu’on relise une nouvelle fois

- Merci beaucoup pour ton aide. Je vais essayer de le relire tout haut avec tes corrections. Tu me corriges encore s’il le faut, s’il te plait.

Je suis un peu du genre perfectionniste, mais pour une langue cela me semble important. Sinon comment se faire comprendre et respecter. Je commence ma seconde lecture, plus sûre de moi dans la prononciation de certains noms. Je butte encore sur les plus complexes, mais Rintaro m’encourage et me corrige. Je répète et continue.

- Merci. A ton tour de le relire.

Mon visage est détendu, agréable et souriant. Il n’y a aucune tentative de charmes entre nous, c’est vraiment purement un intérêt de progresser dans nos difficultés de prononciation. Et croyez-moi, c’est une révolution pour moi. Je suis heureuse de ce moment. Mon premier cours, mon premier camarade de classe « normal ». J’en ai oublié les loustics dragueurs du début de cours.

Rintaro entame sa seconde lecture. Et à mon tour, je le corrige. Je répète les mots qui posent soucis et je lui rappelle par petits gestes les moments où il doit monter ou descendre son intonation. Au final, on a progressé tous les deux. C’est l’essentiel !

- Tu t’en sors très bien, Rintaro.

L’exercice est fini et nous devons être de nouveau attentifs au cours et aux enseignements de la prof. Elle est sympa. Je l’aime bien. Elle fait attention à ce que tout le monde suive. C’est rare.
Elle pose des questions sur le texte. Et je laisse les autres répondre, ne voulant pas me démarquer une nouvelle fois. Mais je suis contente d’avoir les réponses et bien compris l’ensemble du texte.

- Rintaro, tu connais ce film ? Est-ce qu’il serait possible que tu m’aides à le trouver. J’aimerai beaucoup le voir, du coup. Peut-être existe-t-il une version en japonais et en anglais ou français ?



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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mar 19 Déc - 6:30



L'anglais d'un sourd



Lors de ma propre lecture, je fus repris à plusieurs reprises sur ma prononciation. J’étais au courant que j’avais des soucis, donc que je ne pouvais pas réussir du premier coup, mais cela faisait mal de ressentir mes difficultés. Après tout, cela était surtout dû au fait que je ne m’entendais plus comme avant. Que devais-je ressentir par rapport à cela ? De la colère ? De la tristesse ? Ou encore bien autre chose ? C’était dur à savoir et la seule personne qui aurait pu me guider m’avait fortement conseillé de ne pas m’attarder sur ce genre de détails pour continuer à avancer. Ce n’était pas simple, mais c’est ce que je tentais de faire malgré mon coeur qui se serrais dès que je faisais trop de fautes de prononciation ou qu’on ne me comprenais pas.

Ne laissant pas paraître mes doutes, je fis encore plus d’efforts pour reprendre en usant au mieux les conseils qui m’avaient été donnés par ma camarade. Puis, cela fait, elle me remercia avant de me proposer qu’on recommence l’exercice chacun notre tour. Pour être tout à fait honnête, j’aurais voulu m’arrêter là sur le coup. Néanmoins, je ne me laissai pas aller sur mes désirs égoïste et acceptai, un peu moins sûr de moi. C’était un peu comme si nous avions échangé les rôles sans réellement le vouloir.
Au fur et à mesure, sans me départir de mon air convivial et avenant, je me rendis compte que c’était de la jalousie qui me rongeait lentement à force d’écouter les autres parler avec tant d’aisance. Cela ne m’empêcha pourtant pas de l’arrêter par moment pour la reprendre en espérant que je ne l’induisait pas en erreur. Qui étais-je pour lui dire que sa prononciation était bonne ou mauvaise ? Plus j’y pensais plus je me sentais mesquin et menteur. A moins que je ne me sois seulement sentit pousser des ailes en entendant qu’elle avait besoin de mon aide ?

Pourtant, comme si c’était normal qu’un malentendant l’aide à la prononciation, elle me remercia à la fin de l’exercice et me fit part que c’était à mon tour de m’exercer. Encore une fois, je fis pas mal d’erreur de prononciation, mais également d’intonation. En même temps, concilier les deux pour moi c’était… mission impossible ? En tous les cas, si ce n’était pas le cas ce jour-là, ce le serait de plus en plus malheureusement. Je fis cependant l’effort de me corriger au mieux, la peur au ventre d’y arriver. Ainsi, les compliments de la jeune femme quand j’eue terminé me surprirent pas mal. Je lui répondis donc en détournant le regard :

- Merci. J’espère que ça va durer, murmurai-je ensuite pour moi-même.

Heureusement, le professeur repris assez rapidement la parole pour nous donner quelques explications et nous poser des questions sur le texte, le tout en anglais. J’ai un peu de mal à suivre, mais pour ne pas laisser les efforts qu’elle fait pour les personnes en difficulté, je n’abandonnai pas. En fait, ce qui me donnait le plus de mal était que je ne pouvais pas lire sur ses lèvres correctement, ce qui n’était pas pour m’être favorable.
Au bout d’un moment, j’entendis vaguement qu’on parlait à côté de moi. Sachant pertinemment qu’il n’y avait qu’une seule personne à côté de moi, je tournai la tête vers Felicia-san. Celle-ci m’avait vraisemblablement bel et bien parlé. N’ayant pas compris un traitre mot de ce qu’elle m’avait dit, je lui déclarai doucement :

- Désolé, peux-tu répéter s’il te plaît ? Je n’ai rien compris à ce que tu as dis, ajoutai-je en montrant mes oreilles pour lui faire comprendre que ça venait de moi et non de sa prononciation.

Quand elle eut répété sa question, je réfléchis un instant. Nous étudions L’empire des sens sortit en 1976. En fait, je n’avais vu que très peu de films et que dans le cadre des cours et c’est pour cela que je préférais être sûr de ma réponse, ces oeuvres n’ayant pas laissé une trace très nette en moi. Puis, un peu plus sûr de moi, je lui répondis :

- Non, je ne l’ai encore jamais vu. En même temps, je ne suis pas très cinéphile.

Certes, il existait des moyens pour que les malentendants puissent regarder un film, mais je n’appréciais pas cela. C’était… déplaisant de voir une oeuvre basée sur le son et l’image sans pouvoir en en profiter. Personnellement je préférais nettement me passer de films qu’user de ce genre de méthodes.

- Pourras-tu me passer tes notes après les cours s’il te plaît ? demandai-je en ne m’attendant pas spécialement qu’elle accepte. Je n’arrive pas à suivre totalement ce qui est dit...


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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Mar 26 Déc - 14:39

L'anglais d'un sourd
[avec Rintaro]


Satisfaite de m’être améliorer en prononciation japonaise, surtout les noms, j’aidais au mieux Rintaro. Je sentais bien qu’il était au bord d’une panique ou d’un mal-être alors je l’encourage systématique par un sourire ou un regard doux. Ce fut un peu laborieux pour lui. Je pense qu’il se stresse tellement de vouloir parler correctement qu’il ne s’aide pas. Il faudra trouver un moyen de le détendre ce garçon. J’y réfléchirai plus tard.

Je fus vite absorbé par l’échange instructif avec l’enseignante. C’est toujours intéressant d’échanger des points de vue et de parler de la culture local. Ce film je ne le connais pas du tout. Ma culture japonaise dans le domaine est très limitée. De ce fait, je demande à mon camarade s’il pourrait m’aider pour le trouver et pouvoir le regarder. Sauf que j’étais tellement imprégné de l’ambiance du cours, j’en ai oublié la politesse de le regarder pour lui parler. Et c’est bien pire quand votre interlocuteur a besoin de lire vos lèvres pour tout comprendre de vos propos. Mais Rintaro ne m’en tient pas rigueur et se met même la faute sur le dos. Je crois qu’il a pris l’habitude de se mettre en position de coupable dans les communications défaillante. Je me tourne pour lui faire face

- Pardon Rintaro. Je suis un peu tête en l’air quand un sujet me plait, je suis plongée dedans.

Je lui répète ma demande et attend qu’il réfléchisse. Il n’a pas vu ce film non plus. En même temps, ça ne doit pas être très captivant de devoir lire les sous-titres. J’avoue que cette méthode m’a aidé pour l’anglais, mais je le faisais surtout sur des dessins animés. Les films je préfère nettement les écouter, et vu que je me débrouille vraiment bien en anglais ça ne me pose plus de problème. Pour le Japonais, ça risque d’être une autre affaire. Je vais essayer de me procurer ce film en anglais ou français. Je verrai en version originale après.
Je souris à mon camarade pour le remercier.

- Pas de problème, je comprends. Je vais bien le dégoter toute seule, ne t’inquiète pas.

Je reprends le fil du cours mais Rintaro m’interpelle pour me demander mes cours.

- Oh pas de soucis. Mais je n’écris pas forcément tout. J’espère que tu sauras me relire aussi. J’ai quelques techniques pour noter rapidement qui me sont propres. Si tu veux, tu lis mes notes ce soir et on se prend quelques minutes demain pour t’expliquer ce qui n’est pas lisible.

Le cours touchant à sa fin, je prends une feuille libre et note à Rintaro mon numéro de téléphone et ma messagerie.

- Voilà si tu as besoin, contacte-moi. L’écrit ne me gêne pas.

Je le gratifie d’un clin d’œil pour lui faire comprendre que je suis sincère sans préjugé de son handicap. Et vraiment ça me va bien mieux d’écrire que de parler. Ok je suis une pipelette quand je m’y mets, mais c’est tellement souvent dans le paraitre que ça me pèse la plus part du temps. Ecrire, c’est un moyen de me coucher sur le papier sans barrière, sans masque. Comme quand je compose. D’accord, je ne vais pas me livrer à une nouvelle connaissance, dont les échanges vont tourner autour des cours d’anglais, mais bon ça sera sympa d’avoir des échanges écrits de temps en temps.

Les élèves quittent rapidement l’amphi. A croire qu’ils ont le feu aux poudres. Je range consciencieusement mes affaires. De toute façon, je n’ai pas de cours pour le reste de la matinée. Kiara doit me faire visiter l’univ. et me donner des points de repère pour mes lieux de cours. Mes affaires rangées, je me lève et m’incline pour saluer Rintaro.

- Merci pour ton aide Rintaro. N’hésites pas à me demander de l’aide pour mes notes, même ce soir. Et si tu veux, on peut déjeuner demain midi ensemble pour en reparler.

Je fais attention cette fois de bien articuler face à lui.

- Je vais demander à ma colocataire si elle connait un endroit sympa, animé mais pas trop, pour qu’on travaille nos prononciations et vocables. Et demain, on se définira quelques horaires pour travailler ensemble. Est-ce que ça te convient ? Je viens d’arriver alors je n’ai pas encore idée de ma charge de travail avec les cours.

Et n’ayant toujours pas vu ce Matthew qui doit m’aider, je dois trouver quelqu’un de mon cursus pour le dénicher. Enfilant mon blouson, je prends mon sac et sort de l’amphi en saluant mon camarade avec un grand sourire.

- Passes une bonne journée. A bientôt.

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MessageSujet: Re: L'anglais d'un sourd [PV Félicia Dubos]   Jeu 4 Jan - 6:59



L'anglais d'un sourd



La jeune femme se montra compréhensive, que ce soit pour le fait que je lui demande de répéter, mais aussi quand je lui fis pas que je ne regardais pratiquement jamais de films. Cela me fut agréable de faire face à une telle compréhension, chose qui n’était pas donnée à tout le monde. Et quand il s’agit de me prêter ses notes, elle le fut tout autant. me faisant part qu’elle n’écrivait pas tout. D’un certain côté, j’espérais tout de même qu’elle avait mis l’essentiel pour que je puisse comprendre quelque chose au cours : malgré les notes au tableau, ce n’était pas assez pour que je puisse avoir l’idée générale de ce qui était dit. Pourquoi ne m’étais-je pas mis devant comme je l’aurais dû ? Ah oui… parce que toutes les places étaient déjà prise malheureusement.

Le fait qu’elle puisse avoir sa façon de noter ne me dérangeait pas tant que cela, à moins qu’elle ne l’ait fait dans une autre langue que je n comprenais pas. Enfin, d’un autre côté, je ne pouvais que la remercier de me prévenir de cela puisqu’au moins je savais à quoi m’attendre. C’est pourquoi je lui répondis lorsqu’elle m’eut donné son numéro de téléphone :

- Merci beaucoup pour ton aide. J’apprécie vraiment.

Le fait qu’elle ait insisté sur le fait que l’écrit ne la dérangeait pas était pour moi un soulagement. Je n’allais pas avoir à me poser la question de ce qu’elle penserait si je lui envoyait un SMS plutot que l’appeler. Certainement s’était-elle doutée de cela pour qu’elle le précise. En tous les cas, cela ne changeait rien à la gratitude que j’avais envers elle, espérant que je ne devienne pas sourd trop vite pour que ses efforts ne soient pas vains.

Lorsque vient enfin la fin du cours, tout le monde se précipita comme s’ils avaient un rendez-vous pendant que ma camarade et moi, en plus de quelques autres au fond, prenions notre temps. Je n’avais pas cours par la suite et j’avais quelques petites questions à poser au professeur. J’attendais donc d’être le dernier en regardant un peu autour de moi. Ainsi, je vis une personne féminine, sans doute, qui attendait à l’entrée. Je me dis qu’elle devait attendre quelqu’un qui n’était pas encore sortie.

Felicia-san, quand elle eut terminé, s’inclina face à moi en me saluant, déclarant que le lendemain midi nous pourrions déjeuner ensemble et qu’elle demanderait autour d’elle si on pouvait lui conseiller des endroits sympathiques qui nous permettraient de travailler ensemble. Je lui souris donc et lui répondis avec sincérité :

- Cela m’a fait plaisir de t’aider et tu m’as beaucoup aidé en retour. Merci donc à toi. Et, pour demain midi, je ne vois pas d’inconvénients. Je t'enverrais un SMS ce soir pour te le confirmer, et comme ça tu auras également mon numéro.

Sur cela, ma partenaire de travail prit ses affaires et sorti de l’amphithéâtre en me saluant. Je lui fis signe en souriant en guise de réponse avant de la voire rejoindre la fille qui attendait à l’entrée. Je me demandai alors si c’était elle sa fameuse colocataire avant de me reprendre pensivement :
*Elle peut aussi très bien être une simple amie qui étudie autre chose. Pourquoi est-ce que j’essaie toujours de tout analyser ?*

Me rendant compte que j’étais le dernier présent, j’allai voir le professeur pour lui poser mes questions sur le cours. Cela fait et que j’eue compris les réponses qui me furent données, je rentrai au pensionnat pour travailler un peu. J’avais quelques recherches à terminer pour le lendemain et des contrôles à réviser, sans parler des cours du jour à potasser. Étudier ne me dérangeait pas, mais je commençais à ressentir une certaine frustration vis-à-vis du droit. Si je continuais c’était seulement pour ma mère, en espérant qu’elle ne se sente pas trop seule à la maison…

Fin


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